Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Michel Bolen

Directeur de l'hôtel Ibis Paris Bercy Village, Paris (75)
Date de l'interview : 01/12/2007

Vous devez recevoir les clients qui viennent dormir dans votre hôtel avec la même attention que s'ils venaient dormir chez vous !

Michel Bolen évolue déjà depuis près de 20 ans au sein du groupe Accor, où son enthousiasme et son investissement lui ont permis de gravir plusieurs échelons jusqu'à la direction d'un hôtel d'affaires.

Quel est votre parcours ?

Mon parcours est atypique. J'ai commencé par étudier les langues. De nationalité belge, je parle le français, le néerlandais, l'allemand et l'anglais. Dans mon enfance, la profession de mes parents m'a conduit à beaucoup séjourner à l'étranger. Mon attirance pour l'univers du voyage vient de là. Un été, en attendant de postuler en tant que steward chez Sabena (compagnie aérienne nationale belge), j'ai travaillé comme barman à l'hôtel Ibis Grande place de Bruxelles qui appartient au groupe Accor. Le travail dans un hôtel m'a tellement plu que j'ai décidé d'y faire carrière.

Quelle a été votre progression de carrière ?

Elle a été très rapide puisqu'en 8 ans je suis passé de barman à directeur d'hôtel. Je me suis énormément investi et intéressé à tous les métiers d'un hôtel. De barman, je suis devenu réceptionniste de nuit puis de jour. J'ai ensuite appris le métier de chef de réception puis d'assistant de direction, et enfin j'ai pu accéder aux fonctions de direction (adjoint puis directeur). Pour cela, j'avais l'atout des langues, une grande motivation, beaucoup de curiosité et d'ambition, et une très grande disponibilité. J'ai suivi les cours de gestion et de management à l'académie Accor (à Evry) qui dispense des formations adaptées aux besoins des collaborateurs à tous les échelons. Dans l'hôtellerie, l'évolution professionnelle ne passe pas forcément par la taille de l'hôtel, il peut aussi y avoir un challenge social, commercial ou financier à relever.

La mobilité est-elle nécessaire ?

Etre mobile est ici indispensable à une progression de carrière rapide. J'ai ainsi travaillé dans plusieurs villes de Belgique, avant d'arriver en France, il y une dizaine d'années. J'y ai d'abord occupé, pendant 15 mois, les fonctions de directeur adjoint d'un hôtel Ibis de petite taille à Bourges, ce qui m'a permis une grande polyvalence. J'ai ensuite pu prendre la direction d'un hôtel Ibis de 102 chambres à Lille pendant 2 ans. Puis j'ai travaillé pendant 5 ans à Tours à la direction d'un hôtel Ibis de 140 chambres, où je manageais une trentaine de collaborateurs. Je suis ensuite arrivé à Paris pour prendre la direction d'un hôtel plus grand : l'hôtel Ibis Paris Bercy village qui a 200 chambres.

Quelle est la spécificité de la fonction de directeur au sein d'un groupe ?

J'ai la chance de travailler dans un hôtel très bien situé et qui a 95 % de taux d'occupation. Sa clientèle privilégiée est celle des hommes d'affaires (60 %). J'ai toujours travaillé pour la marque Ibis. C'est un produit jeune, dynamique et innovant qui me correspond bien. Mon métier est avant tout un métier de contact avec le client, de manager opérationnel et de gestionnaire d'un centre de profit. J'ai de l'autonomie dans un cadre bien défini. Le Groupe Accor définit le marketing, les normes ISO, la politique sociale. Pour le reste je suis comme n'importe quel autre chef d'entreprise avec l'autonomie du recrutement de mes équipes.

Quelles sont vos activités au quotidien ?

Dans mon métier, il n'y a pas d'horaires. Il faut être là au bon moment. Je travaille entre 10 et 12 h par jour. A mes côtés, j'ai 2 adjoints, 5 chefs de service à qui je peux déléguer. Mes journées ne se ressemblent pas. Je commence toujours par vérifier les résultats au quotidien : les chiffres du jour et de la veille. Je fais aussi des projections dans le futur... Cette partie "chiffres" de mon métier est très importante. La partie management l'est tout autant. Il s'agit d'accompagner fortement les équipes (formation, progression...). Je suis à la tête d'un microcosme : 60 collaborateurs de plus de 12 nationalités différentes ! Mon rôle consiste aussi à fidéliser la clientèle par une présence terrain de qualité, du démarchage et une identification précise de la concurrence.

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes ?

Je leur dirais qu'il est difficile d'occuper la fonction de directeur sans expérience car c'est un métier très complet. Mieux vaut auparavant avoir été mobile en occupant plusieurs postes dont celui d'adjoint, véritable poste clé devenu beaucoup plus complexe aujourd'hui. Diriger un hôtel implique de connaître ses métiers et le produit. L'école reste importante, car elle offre des bases solides, mais il ne faut pas avoir peur d'entrer dans le secteur par des métiers tels que serveur ou réceptionniste qui permettent de grimper les échelons. La maîtrise de plusieurs langues est ici indispensable. Enfin, il faut savoir que le métier d'hôtelier est avant tout un métier de contact. Les clients viennent dormir dans votre hôtel et vous devez les recevoir avec la même attention que s'ils venaient dormir chez vous !