Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Frédéric Lainé

Chargé d'études à l'OREF, GIP CARIF Ile-de-France, Paris (75)
Date de l'interview : 01/11/2007

S'il est vrai que le statisticien a l'image d'un solitaire rivé à ses chiffres, ce métier nécessite néanmoins un important travail d'équipe.

Docteur en économie et statisticien diplômé de l'ENSAI, Frédéric Lainé s'implique au niveau régional dans des études statistiques liées à la prospective en matière d'emplois.

Quel a été votre parcours de formation ?

Après un bac général scientifique, j'hésitais quant à la voie à emprunter car bien qu'attiré par les maths, je n'étais pas un "vrai" scientifique et pas plus un "vrai" littéraire. La faculté d'économie m'a alors semblé m'offrir un bon compromis car de forts intérêts me portaient vers l'analyse de la société, la sociologie et la politique. J'ai ainsi préparé un DEA (bac + 5) en économie régionale et internationale. J'ai ensuite finalisé une thèse (bac + 8) en parallèle à mon activité professionnelle.

A quel moment vous êtes-vous tourné vers les statistiques ?

Au cours de mes études, j'ai été amené à beaucoup travailler sur des données produites par l'INSEE, en utilisant diverses techniques d'analyse des données. Cette pratique m'a conduit à passer le concours externe d'attaché (spécialité économie à bac + 2). Les études, en tant que fonctionnaire stagiaire rémunéré, durent ensuite 2 ans à l'ENSAI. Avec ma spécialité économie, j'ai reçu une formation plus poussée en maths. Les économistes et les matheux suivent aussi des cours en commun où les maths, l'analyse économique, les statistiques théoriques et l'informatique tiennent une grande place. Le statisticien gère, en effet, des systèmes d'information et doit savoir dialoguer avec des informaticiens.

Quel poste avez-vous occupé à la sortie de l'ENSAI ?

Un attaché peut se tourner, en fonction de ses intérêts et de ses compétences, vers différents métiers de la statistique : les enquêtes, la construction et la gestion de systèmes d'information, les études ou la diffusion.
Après un premier travail, en tant qu'attaché en charge de la gestion d'une base de données comptable sur les entreprises, j'ai occupé, toujours à la direction générale de l'INSEE, un poste concernant les études portant sur l'analyse régionale de l'appareil productif. Un 3e poste (mise à disposition) m'a conduit à la DARES (ministère du travail) où je travaillais sur l'analyse statistique des métiers et des qualifications. Je suis actuellement en détachement à l'OREF Ile-de-France (Observatoire régional de l'emploi et de la formation) où je continue à travailler sur ces mêmes thématiques.

Quelles sont vos activités au quotidien ?

Je réalise des études, ayant trait, par exemple, à la prospective des métiers en Ile-de-France. Il s'agit de prévoir l'emploi et les départs à la retraite d'ici à 2015. Cela permet aux décisionnaires d'évaluer les besoins en remplacement. J'analyse également des métiers précis (mécanique, électricité, par exemple) en combinant des données à la fois sur l'emploi, le chômage, la mobilité professionnelle, la formation et la localisation géographique. Pour réaliser ces études, j'ai besoin en amont de données. Un travail important consiste donc à construire notre système d'informations (une base de données sur laquelle s'appuyer et qu'il faut actualiser). J'effectue aussi un travail d'animation auprès des partenaires régionaux (groupe de travail sur l'évolution des métiers en Ile-de-France avec la Région, la direction régionale du travail, les rectorats, etc.).

Peut-on parler de travail d'équipe ?

S'il est vrai que le statisticien a l'image d'un solitaire rivé à ses chiffres, ce métier nécessite néanmoins un important travail d'équipe. Il faut s'entendre sur la conception d'un système d'information commun, multiplier des contacts étroits : en amont avec les producteurs de données, et en aval avec les utilisateurs. Il s'agit aussi de présenter les travaux aux décideurs, de rendre lisible des statistiques pour les experts comme pour le grand public. Enfin, l'important travail rédactionnel requis s'enrichit du travail en équipe.

Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

Le statisticien doit maîtriser des moyens informatiques (logiciels statistiques SAS, langage de programmation...), faire preuve de beaucoup de rigueur et d'un bon niveau d'abstraction pour maîtriser des outils tels que les nomenclatures, les procédures d'estimation, etc. Il faut aussi être passionné par son domaine d'étude.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans ce travail ?

Le tâtonnement et la recherche ! En croisant les données, en testant des hypothèses, en analysant les causalités et les corrélations, on construit peu à peu un système d'interprétation d'une réalité socio-économique. Par exemple, réaliser une typologie des métiers à partir d'indicateurs de mobilités professionnelle et de chômage permet d'identifier plusieurs types de marché du travail (les métiers, stables, les métiers à turn-over). J'aime aussi la programmation informatique.

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes ?

Je leur conseillerais d'acquérir des bases solides en maths (sans avoir besoin d'être un matheux pur) et en informatique, et aussi d'avoir une vraie passion pour les aspects techniques (systèmes d'information, analyse de données). Il importe également qu'ils s'intéressent aux données socio-économiques. Enfin s'ils souhaitent se tourner vers le domaine des études, mieux vaut aimer rédiger.