Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Frédéric Galante

Responsable qualité et formation chez Perfect service, Essonne (91)
Date de l'interview : 01/10/2007

Miser sur la formation est une démarche d'anticipation indispensable, notamment pour former des cadres et les fidéliser.

Frédéric Galante a pris très tôt conscience des enjeux de la formation et de la qualité dans un secteur à la fois vieillissant et très concurrentiel.

Quel est votre parcours de formation ?

Diplômé d'un bac STL spécialité biologie et génie biologique, je me destinais à des études de laborantin, qu'un stage dans un laboratoire a totalement remis en cause : le travail de plus en plus automatisé était trop répétitif et il y avait peu d'évolution à espérer. De même, j'ai abandonné rapidement les cours trop théoriques de kiné.

Comment en êtes-vous venu à vous intéresser au secteur de la propreté ?

Au forum de l'alternance, j'ai découvert le CFA INHNI et la diversité des métiers de la propreté. Le bon taux d'insertion des apprentis dans ce secteur (85 % restent dans leur entreprise d'accueil) et les perspectives d'évolution rapide ont tout de suite répondu à mon besoin de changement. J'ai donc préparé le BTS hygiène propreté et environnement puis le titre certifié de responsable de service hygiène et propreté (bac + 3). J'ai été apprenti pendant 2 ans chez Hôpital service (3 500 salariés) puis chez Sin et Stes (20 000 salariés), plus généraliste. J'ai essentiellement expérimenté le nettoyage dans le secteur hospitalier et hôtelier à des postes de responsable de site, d'inspecteur.

Quelle a été votre insertion professionnelle ?

A la fin de mon contrat d'apprentissage, Sin et Stes m'a fait une proposition à un poste d'animateur qualité, sécurité, environnement que j'ai accepté. Cela correspond à une étape un peu incontournable pour ensuite mettre en oeuvre des objectifs qualitatifs. J'ai travaillé à l'aéroport de Roissy au suivi de la qualité (mise en place et suivi de la norme ISO, meilleure organisation notamment des commandes...). J'ai été technicien méthode pendant 2 ans puis responsable d'exploitation ce qui consiste à assurer la bonne marche des chantiers, le suivi des payes, etc.

Quel est votre poste actuel ?

Depuis mai 2007, je travaille en tant que responsable qualité chez Perfect service, une entreprise de "seulement" 2 000 salariés, ce qui lui permet d'être plus proche de la clientèle. Ce poste très transversal me permet de toucher à tout et de réellement apporter ma contribution à une entreprise en pleine évolution. C'est à la fois épanouissant professionnellement et valorisant. Je réfléchis à une meilleure gestion globale de l'entreprise (gestion humaine mais aussi budgétaire) en cherchant toujours le meilleur compromis entre la théorie et le terrain. Je travaille directement auprès du directeur général en partenariat avec le chef agence. Il s'agit d'élaborer de nouvelles procédures toujours plus performantes et de mettre en place un management par la qualité (norme ISO 900).

Quel est votre quotidien ?

Au démarrage d'un chantier, je mets en place les prestations. Je dresse un état des lieux et étudie comment rentabiliser le chantier. Je limite au maximum la circulation du personnel. Je fais tous les descriptifs de poste. J'implique le chef de site dans le suivi des étapes à respecter.
En partant du cahier des charges, j'effectue un contrôle qualité en présence du chef de site et du client : analyse exacte de la prestation accompagnée d'une notation et de propositions de solutions pour améliorer les points sensibles. Il s'agit le plus souvent d'affiner les méthodes de travail en vue d'améliorer la qualité.

Quelle place accordez-vous à la formation ?

En tant que responsable qualité et formation, je lui accorde une place majeure. En arrivant, j'ai rapidement mis en place un partenariat étroit avec l'INHNI : signature de 6 contrats de professionnalisation pour un CQP de niveau V et de 3 contrats d'apprentissage.
Le contrat de professionnalisation dure 7 mois, à raison d'un jour de formation par semaine, tandis que le contrat d'apprentissage qui est diplômant dure 2 ans. Les personnes en contrat pro apprennent les techniques de base du métier d'agent de machiniste (respect des consignes de sécurité). J'encourage le personnel à se former et à évoluer. Je mise sur des personnes motivées, susceptibles d'être fidélisées. Le personnel est vieillissant et nous aurons rapidement besoin de personnes plus jeunes et qualifiées pour assurer la relève.
Miser sur la formation me semble donc une démarche d'anticipation indispensable, notamment pour former des cadres et les fidéliser au sein de l'entreprise.

Quels sont les freins rencontrés ?

Dans le secteur de la propreté, le personnel est certes salarié de l'entreprise de propreté mais il appartient avant tout au chantier. En cas de perte commerciale d'un chantier, l'entreprise n'a donc pas à licencier le personnel qui est repris par le nouveau prestataire. En contrepartie, beaucoup d'entreprises ne voient pas toujours l'intérêt d'investir dans la formation. Il s'agit d'un marché très concurrentiel.

Quelles sont les qualités requises pour votre poste ?

Il faut être à l'écoute du client, avoir le sens de l'organisation et du service, ne pas se laisser déborder, être polyvalent, connaître le droit du travail. Etre passé soi-même par le terrain est important pour être crédible auprès des agents de propreté. Cela donne aussi la possibilité de voir si on accroche à ce domaine qui est difficile, mais réellement porteur. En 7 ans, il m'a offert la possibilité de changer 3 à 4 fois de postes tout en évoluant. La rémunération est ici liée à la fidélisation de la clientèle et au développement commercial.

Propos recueillis par Annie Poullalié