Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Laurent Foucher

Formateur au CFA propreté INHNI, Villejuif (94)
Date de l'interview : 01/10/2007

Environ 80 % de nos apprentis restent dans la même entreprise, soit pour y travailler, soit pour continuer à se former.

Diplômé de l'INHNI à bac + 3, Laurent Foucher s'est très vite passionné pour la pédagogie et a décidé d'enseigner les techniques professionnelles du nettoyage.

Quel est votre parcours de formation ?

Après un bac techno STL, je me suis tourné vers le BTS hygiène propreté et environnement grâce à une journée porte ouverte (JPO) de l'INHNI. Il permet d'accéder au poste d'inspecteur. Celui-ci gère plusieurs sites (200 à 300 personnes) : relations clientèle, inspection, gestion des conflits, recrutement... Je me suis aussi bien informé sur les métiers de la propreté. Je n'avais pas envie d'être enfermé dans un laboratoire, et la perspective d'un métier de terrain et de rencontres me plaisait.

Que vous a apporté l'alternance ?

L'alternance m'a tout de suite attiré, m'apportant salaire et expérience. Pendant ma formation, j'ai signé avec 2 entreprises : d'abord dans le tertiaire (nettoyage classique de bureaux) puis dans un hôpital où le respect des normes d'hygiène est beaucoup plus strict (désinfection des chambres et des blocs opératoires). Le terrain apprend beaucoup : en cours on vise davantage l'ergonomie, la sécurité tandis que, sur le terrain, il vous est demandé d'aller vite.

Comment est né votre désir d'enseigner ?

Après le BTS, j'ai suivi l'année de TCN II (responsable de service hygiène et propreté) qui comporte un module "savoir enseigner" qui m'a beaucoup apporté. Avec ce bac + 3, je pouvais me tourner vers l'enseignement, ce que j'ai fait, d'abord auprès de demandeurs d'emploi, puis à l'INHNI en techniques professionnelles niveau V, pour des élèves de CAP maintenance et hygiène des locaux et de BEP métiers de l'hygiène, de la propreté et de l'environnement. J'ai complété mon cursus par des modules de formation de formateur pour acquérir des outils pédagogiques adaptés.
En BEP, les élèves ont un niveau 3e, ce qui n'est pas le cas en CAP, où ils ont souvent des difficultés d'expression en français. Heureusement à l'examen du CAP, le coefficient de l'épreuve professionnelle est le plus élevé.

Qu'enseignez-vous précisément ?

J'enseigne les techniques professionnelles de nettoyage et de prévention qui sont finalement les mêmes du CAP au BTS : c'est le degré d'autonomie et d'analyse demandé qui varie. Nous leur apprenons les manipulations des machines et des produits spécifiques en atelier. L'enseignement est articulé avec ce qu'ils apprennent en chimie (les produits) et en biologie et en microbiologie (la désinfection).

Comment s'organise l'alternance ?

Nous les aidons à trouver une entreprise (listing, aide au CV, techniques d'entretien...). Certaines années, nous avons plus d'offres que de candidats, parfois c'est l'inverse. Nous pouvons accueillir jusqu'à 30 apprentis en CAP et autant en BEP et avons environ 50 % de filles. Le rythme de l'alternance varie : 2 ou 3 semaines en entreprise, puis 1 ou 2 semaines au CFA. La moyenne d'âge de nos apprentis est de 21 ans... mais avec des groupes pouvant aller de 16 à 25 ans, donc hétérogènes. Tous les apprentis n'ont pas la même maturité pour s'adapter aux exigences de l'entreprise. Les chargés de relations entreprises du CFA sont en relation étroite avec le jeune et son encadrement tout au long de l'année. En tant que formateur, j'ai aussi des liens étroits avec les tuteurs, que je visite 2 fois par an, afin de voir quelles techniques professionnelles sont utilisées et m'assurer qu'il n'y a pas de problèmes de comportement. Sinon, il faut les résoudre le plus tôt possible, afin d'éviter les ruptures de contrat.

Quelles sont les qualités requises pour des postes d'agents qualifiés (niveau V) ?

Il faut avoir une bonne organisation, une bonne cadence, un bon relationnel, le sens de l'observation et du détail. L'expérience est nécessaire aussi, afin d'acquérir des réflexes. Pour des postes plus qualifiés, on demande plus d'autonomie (préparation des produits...).

Que deviennent les apprentis une fois diplômés ?
Environ 80 % restent dans la même entreprise, soit pour y travailler, soit pour continuer à se former. Les diplômés de CAP peuvent ainsi préparer le BEP et ceux de BEP le bac pro hygiène et environnement. Les autres se tournent vers d'autres formations, notamment dans le secteur de la santé et du social (CAP petite enfance, diplôme d'aide-soignant). Nous avons un taux de 80 % de réussite aux diplômes.

Quels arguments mettriez-vous en avant pour attirer les jeunes ?

Le secteur de l'hygiène et de la propreté souffre d'une image peu attractive, alors qu'étant très hiérarchisé, il offre beaucoup de possibilités d'évolution : les postes vont de l'agent de service et de l'agent qualifié ou très qualifié au responsable de site et à l'inspecteur, en passant par le chef d'équipe. Ces métiers de service offrent beaucoup de contacts humains et des responsabilités.
Les salaires minimaux y sont aussi plus élevés qu'ailleurs, y compris pour un apprenti. Les horaires y sont de moins en moins décalés. Je leur conseillerais de venir nous rencontrer lors de nos journées portes ouvertes et de nos réunions d'information (mercredi matin).

Comment voyez-vous l'évolution de ce secteur ?

C'est un secteur porteur. Ici l'humain peut difficilement être remplacé par une machine. Le grand public est, par ailleurs, de plus en plus attentif à l'environnement et à la sécurité. En intervenant sur notre environnement quotidien, les professionnels de la propreté sont les premiers acteurs de l'écologie de proximité. Je pense que leur rôle sera de plus en plus important et reconnu.

Propos recueillis par Annie Poullalié