Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Elodie Sanchez

Maquilleuse free lance, Ile-de-France
Date de l'interview : 01/09/2007

Les stages sont la clé de l'insertion professionnelle dans le cinéma car ils permettent de se constituer un carnet d'adresses.

Passionnée de cinéma, Elodie Sanchez s'est tournée vers une école de maquillage artistique. Intéressée par toutes les facettes de son métier (cinéma, mode, théâtre...), cette jeune diplômée enchaîne les missions.

Comment est né votre intérêt pour le maquillage ?

Petite, je maquillais déjà mes nombreuses cousines ! J'ai toujours été passionnée par l'univers du cinéma. Après un bac L, je me suis inscrite à la Sorbonne où j'ai obtenu un DEUG cinéma audiovisuel. Consciente du peu de débouchés de cette filière très théorique, j'ai découvert lors d'un salon des formations au maquillage artistique permettant de travailler dans l'univers du cinéma.

Quel choix avez-vous fait ?

Je me suis inscrite à l'ITM (Institut technique du maquillage) à Paris. Cette école privée sélectionne sur entretien et dossier artistique des bacheliers et des CAP cosmétique-esthétique. La formation dure deux ans.

Parlez-nous du cursus ?

Les cours (4 h par jour) sont tous dispensés par des professionnels.
En 1re année, nous étudions toutes les formes de maquillage : mode, théâtre, effets spéciaux... En 2e année, nous nous spécialisons avec au choix : maquillage conseil (en parfumerie), effets spéciaux (prothèses, sang, bleus...), mode (défilés...) et airbrush (peinture projetée permettant de réaliser des maquillages très créatifs à l'aide de pochoirs : faux tatouages...), option que j'ai choisie. L'obtention du diplôme suppose de réaliser un projet entier sur un modèle vivant.

Quels stages avez-vous effectués ?

J'ai effectué des stages dans la plupart des domaines : à la télévision (pour des chaînes câblées), des animations auprès d'enfants (body-painting, carnavals), au théâtre, dans l'audiovisuel (courts-métrages ) et dans la mode (photo...).
Les stages sont ici la clé de l'insertion professionnelle : ils permettent de se constituer un indispensable carnet d'adresses. Je regrette de ne pas en avoir effectué davantage. De plus, c'est un métier qui s'apprend vraiment sur le tas. Mais étant donné le prix élevé de la scolarité (6 000 euros par an), j'ai dû travailler à côté pour financer mes études. L'attribution des stages au sein de l'école souffrait aussi d'une certaine désorganisation.
J'ai trouvé un certain nombre de stages par moi-même, notamment auprès des écoles d'audiovisuel et de photographie, où les étudiants recherchent des maquilleuses pour leurs réalisations (court-métrage, book...). Mais certains stages notamment à la télévision, ne peuvent se faire qu'avec l'appui de l'école. Dans cette course, la concurrence entre les nombreux élèves est rude.

Parlez-nous de votre insertion professionnelle ?

Diplômée depuis un an, j'ai dû me débrouiller seule dans mes recherches. D'un naturel timide, j'ai compris la nécessité dans ce milieu de savoir se mettre en avant en relançant tous mes contacts. Travaillant sur des court-métrages, j'ai pu obtenir, dès le mois de mars, mon numéro congé spectacle, sésame pour bénéficier du régime des intermittents, ce qui me donne une crédibilité professionnelle. Les choses se mettent donc en place progressivement. Quand je travaille, je suis optimiste. Je recherche toujours de nouvelles missions, en suivant notamment l'actualité du cinéma (internet, presse spécialisée). Mais plus que les lettres, c'est le relationnel direct qui prime et cela ne s'apprend pas à l'école !
Au début, c'est tellement un privilège de travailler qu'il est difficile de se faire payer, et si on ne s'impose pas, on reste une éternelle stagiaire. C'est un milieu où il faut vraiment se battre.

Quelles sont vos activités quotidiennes sur un plateau ?

J'arrive tôt pour préparer ma table de travail. Le budget alloué me permet d'acheter les produits nécessaires. Je prends les directives auprès de l'équipe de tournage et m'appuie sur les indications du scénario. Les acteurs arrivent : je les masse, prépare leur peau et les maquille en un temps précis. Il faut être très rapide. Je les accompagne sur le plateau pour les raccords lumière. Ensuite j'attends, j'observe avec discrétion. Je repoudre quand ça brille et procède à des raccords toute la journée, ensuite il faut démaquiller.

Quelles sont les qualités requises pour réussir ?

En dehors des qualités artistiques, ce métier exige de la ténacité, un bon relationnel. Sur les plateaux, il est nécessaire d'être présente tout en étant discrète... Il faut aimer chouchouter les gens.
Ce métier requiert aussi de continuer à se former pour s'adapter aux besoins des productions dont les budgets se réduisent. Aujourd'hui, on recherche plutôt des maquilleuses coiffeuses. Je souhaite donc me perfectionner en coiffure et suivre également une formation en prothèses.

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes ?

Je leur conseillerais de s'investir à 100 % dans la formation, d'effectuer le plus de stages possibles, de s'affirmer, et de développer une polyvalence.

Comment voyez-vous votre avenir professionnel ?

Je souhaite tout d'abord travailler davantage et j'envisage de créer ensuite ma propre agence de relooking, maquillage, cours auprès de femmes, mariages...

Propos recueillis par Annie Poullalié