Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Céline Larive

Gérante d'un salon de coiffure, Pierrelay (95)
Date de l'interview : 01/09/2007

La formation continue est indispensable dans la coiffure : il faut sans cesse étudier les tendances, faire évoluer sa technique.

Passionnée et dotée d'un esprit d'entreprise, Céline Larive a créé son activité avec succès, il y a 3 ans avec pour devise : disponibilité et qualité de service dans un salon à taille humaine.

Quel a été votre parcours de formation ?

J'ai opté pour l'alternance et préparer ainsi mon CAP coiffure en 2 ans. J'allais 2 jours par semaine au CFA et travaillais le reste du temps dans un salon. Ce contact direct avec la clientèle m'était indispensable. Au départ, il s'agit surtout d'observer, puis on nous confie les shampoings. On met progressivement en application ce qu'on apprend en cours (brushing, coup de peigne...) : on a vite accès aux coupes et à la technique. Après mon CAP, j'ai préparé, toujours en alternance, un brevet professionnel (BP) qui apporte un perfectionnement et permet d'ouvrir un salon.

Vous êtes-vous spécialisée ?

Théoriquement une coiffeuse est polyvalente, mais dans les grands salons (Dessange, David, Maniatis...), les services (couleur, coupe...) peuvent être dissociées. Pour réussir dans ce métier, il faut être performante dans tout. J'ai eu l'opportunité de me spécialiser dans la technique (balayage, coloration, permanente) et dans le soin chez Jacques Dessange. J'ai pu exprimer mon sens artistique, mon goût pour la couleur. J'aime travailler avec créativité la complémentarité de la coupe et de la couleur pour embellir les clientes.
Pour se spécialiser, il existe 2 mentions complémentaires (MC), l'une tournée vers la technique, l'autre vers le stylisme.

Avez-vous trouvé facilement votre 1er emploi ?

Mes compétences et plus encore l'expérience acquise grâce à l'alternance m'ont permis de trouver assez facilement. La formation en alternance permet, en effet, d'être efficace rapidement et d'acquérir un contact aisé avec la clientèle, qui s'avère indispensable. J'ai donc été recruté dans un salon Jacques Dessange.

Vous venez d'ouvrir votre salon de coiffure. Comment y êtes-vous parvenu ?

Après 10 ans d'activité salariée, j'ai eu envie de me lancer dans cette aventure, avec le soutien de la chambre des métiers du Val d'Oise pour le montage financier. Un BP ou un BM sont nécessaires, à défaut, il faut un salarié en CDI titulaire d'un de diplômes, présent à temps plein dans le salon.
J'ai pu bénéficier de conseils personnalisés et d'une aide à la création d'entreprise. Le montage de mon dossier m'a pris 4 mois. Et ça a été vite au niveau des banques. J'ai opté, par petite annonce, pour une reprise de salon dans une ville de petite taille et réalisé une rapide étude de marché au niveau local. Au démarrage, j'ai eu la chance de bénéficier d'une clientèle, petite, mais déjà existante. Mon salon de petite taille est loin des standards des grandes chaînes. J'ai affaire à une clientèle qui recherche avant tout une relation personnalisée et conviviale. Aujourd'hui, j'ai largement triplé mon chiffre d'affaires et recruté 2 employées à temps plein.

Quel est votre quotidien de chef d'entreprise ?

Cette activité est très prenante : je suis présente une cinquantaine d'heures par semaine au salon. Il faut y ajouter une dizaine d'heures consacrées à la gestion : comptabilité, règlement des factures, réapprovisionnements, relations avec les fournisseurs, etc.
De même, les rentrées d'argent sont directement liées à cet investissement en temps. Dans la coiffure, on démarre en général au SMIC avec un intéressement au chiffre d'affaires généré en fonction du nombre d'heures effectuées.
J'accorde une attention particulière à la formation continue, notamment à celle de mon personnel. Se former est indispensable dans ce métier en lien avec la mode : il faut sans cesse se mettre au goût du jour, étudier les tendances et de faire évoluer sa technique. C'est un métier passionnant dans ses aspects créatifs et relationnels et qui demande de se donner à fond pour réussir.

Quels sont vos projets ?

Je souhaite développer davantage mon chiffre d'affaire, recruter une 3e employée en technique, ouvrir un autre salon plus grand... et pourquoi pas, plus tard, me consacrer uniquement à la gestion de plusieurs salons ou à la formation, domaine qui me tient à coeur.

Propos recueillis par Annie Poullalié