Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Renaud Longuevre

Entraîneur national d'athlétisme à l'INSEP, Paris (75)
Date de l'interview : 01/06/2007

En tant qu’entraîneur, je dois communiquer aux athlètes mon énergie, les électriser.

Entraîneur d'athlètes de haut niveau, Renaud Longuevre leur insuffle son énergie et sa passion de la performance pour les conduire à la victoire.

Quel est votre parcours sportif ?

J'ai d'abord pratiqué ma discipline sportive, le saut à la perche, à un niveau national. Je suis allé jusqu'au championnat de France avec un bon classement, ce qui exige une forte implication. J'ai eu la chance d'être entraîné par des grands perchistes notamment Jean Galfione. Malheureusement, j'ai du arrêter assez vite ma carrière d'athlète, suite à une blessure.
J'avais besoin de gagner ma vie et je me suis retrouvé à entraîner des jeunes, ce qui a été une révélation. A 23 ans, je me suis rendu compte que j'avais plus d'aptitudes à transmettre qu'à atteindre moi-même le top au niveau mondial.

Quels ont été vos choix professionnels ?

J'ai passé le concours de professeur de sport du ministère de la Jeunesse et des sports, après une licence en économie et gestion du sport (aujourd'hui la licence STAPS, le BEES 2e degré sont obligatoires).
L'obtention de ce concours permet notamment d'être affecté à des postes d'entraîneur national ou de conseiller technique.
Mon premier poste, qui a duré 1 an, a d'abord été celui de conseiller d'animation sportive à la DDJS (direction départementale de la Jeunesse et des sports) de l'Essonne. L'entraînement ne faisait alors pas partie de mes missions qui étaient plus en relation avec les associations sportives et leur développement.
J'enseignais aussi dans le cadre du tronc commun des BEES : la sociologie du sport, la physiologie...Il s'agit des thèmes transversaux, propres à toutes les disciplines sportives.
De 1997 à 2003, j'ai occupé un poste de conseiller technique DRJS (direction régionale de la Jeunesse et des sports) à la ligue d'athlétisme d'Ile-de-France. Mon rôle était de développer l'athlétisme en Ile-de-France, de former des entraîneurs et des cadres des fédérations, d'organiser des stages pour les meilleurs cadets, etc.
Puis, je suis devenu conseiller technique national à l'INSEP.

Pouvez-vous nous parler de votre travail actuel à l'INSEP ?

A l'INSEP, j'ai une mission nationale d'entraînement d'un groupe de 15 athlètes internationaux sélectionnés pour représenter l'équipe de France. On est ici au sommet du sport. Je n'ai jamais cessé d'entraîner de jeunes athlètes : d'abord à titre bénévole lorsque j'étais à la DDJS, puis en tant que professionnel au centre régional de Viry-Châtillon. Mon rôle est aussi de former des entraîneurs en athlétisme.
Avec les athlètes que j'entraîne, je travaille au niveau de la piste, puis en fonction des objectifs de compétition (nationale, européenne, mondiale ou olympique). J'individualise les entraînements en tenant compte des points forts et plus faibles de chacun et de leur spécialité (110 m haies, 4 x 100m...).
Je propose des exercices techniques et de perfectionnement adapté aux besoins spécifiques de chacun des athlètes.
J'ai beaucoup appris du terrain et aussi en participant à des colloques, en lisant des ouvrages spécialisés et en visionnant de nombreuses vidéos d'athlètes. J'échange aussi beaucoup avec des entraîneurs français et étrangers. Ce contact permanent avec des experts est indispensable.
Mon rôle consiste aussi à suivre les athlètes lors des compétitions en France et à l'étranger et à organiser des stages d'entraînement : 75 jours cette année.

Quelles sont vos relations avec les athlètes ?

Pour réussir en athlétisme, il faut un physique, de la technique et un mental.
Je travaille le mental de mes athlètes en échangeant, discutant beaucoup avec eux. La communication et l'écoute sont ici indispensables pour comprendre les obstacles et les aider à les vaincre.
J'ai un rapport de confiance avec les athlètes : tout est une question d'équilibre entre être trop présent et ne pas intervenir assez.

Quelles sont les qualités requises chez un entraîneur ?

Il doit avoir de la patience, beaucoup de dynamisme et d'énergie, car entraîner c'est faire progresser toujours plus, exiger le meilleur. Je dois communiquer aux athlètes mon énergie, les électriser.

Quelles sont vos perspectives d'évolution ?

Le professeur de sport peut devenir conseiller technique et pédagogique supérieur, après avoir été conseiller technique d'Etat, ce qui est mon cas depuis le 26 mars (ce nouveau grade du ministère de la Jeunesse et des sports est équivalent à l'agrégation de professeur d'EPS).

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes souhaitant devenir entraîneur national ?

Le métier d'entraîneur national n'existe pas juridiquement. Il faut passer des concours, être recruté puis affecté par le ministère de la Jeunesse et des sports. Avant de s'engager dans cette voie, je leur conseillerais de bien savoir à quoi s'attendre. On devient entraîneur par passion, et après c'est un métier aux fortes contraintes qui laissent peu de place à autre chose et à une vie familiale. Il faut s'y consacrer à 100 %. Entre les stages d'entraînement et les périodes de compétition, je suis peu chez moi. Je travaille aussi quand les autres sont en congés : le week-end et pendant les vacances scolaires qui sont de grosses périodes de compétition.

Propos recueillis par Annie Poullalié