Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Jean-Claude Vidal

PDG d'Arène Evénements et enseignant en marketing sportif, Paris (75)
Date de l'interview : 01/06/2007

Le sport est un secteur incontestablement porteur si l'on prend conscience de son caractère avant tout commercial.

Passionné de sport, Jean-Claude Vidal, spécialiste de la communication et du marketing en entreprise, a décidé de créer sa propre agence de marketing sportif afin d'évoluer dans un univers qui lui plaît.

Quel est votre parcours professionnel ?

Après des études supérieures en communication, j'ai travaillé une quinzaine d'années pour le groupe Elf dans le domaine de la communication et du marketing à l'international. En 1991, j'ai décidé de créer mon entreprise pour me rapprocher de ce que j'aime vraiment : le sport. Après une étude de marché, j'ai fondé ma propre agence d'événementiel sportif à une période où il en existait une dizaine. Aujourd'hui on en compte une soixantaine !

Pouvez-vous nous parler du marketing sportif ?

Il concerne 4 grands types d'activités : la négociation des droits TV pour les grandes sociétés, la régie de structures, de sites ou d'événements sportifs avec la recherche de sponsors, l'hospitality, c'est-à-dire l'organisation de prestations de communication autour de grands événements sportifs et le conseil en sponsoring.

Quelles sont les activités de votre agence ?

Elles se concentrent sur les 3 dernières activités citées. Plus précisément, nous recevons mandat pour commercialiser auprès du public un club, une manifestation sportive ou un site événementiel (un stade, par exemple). Nous utilisons l'événement sportif comme vecteur de communication et recherchons des partenaires intéressés pour profiter de sa visibilité et de ses retombées médiatiques. Ce sont surtout les structures sportives qui nous sollicitent. Nous recherchons pour elles des sponsors, ponctuels ou à l'année. Notre rôle est d'évaluer le coût de la présence du sponsor en fonction de l'impact qu'aura l'événement. On évalue le nombre de contacts que l'événement va générer. La notion d'attractivité est ici très importante. Certains sports comme le foot sont très populaires, d'autres comme l'escrime plus confidentiels. Laure Manaudou est un cas d'école. Très populaire, elle pratique pourtant un sport qui ne l'est pas... C'est toujours le public qui choisit ses stars !
Nous ne nous occupons pas, en revanche, de la gestion de carrière des champions ni de la commercialisation de leurs droits.
Nous proposons, par ailleurs, à une clientèle d'entreprises des actions de relations publiques et gérons des packages d'invitations à des manifestations prestigieuses.

Comment voyez-vous l'évolution de ce secteur ?

C'est un secteur incontestablement porteur si l'on prend conscience de son caractère avant tout commercial. Il s'agit de commercialiser des sites sportifs, des clubs ou des événements auprès d'entreprises qui deviennent sponsors. Il faut donc considérer que ce sont des produits commerciaux comme les autres. Ce métier demande de la force de conviction, des compétences en marketing et la fibre commerciale. Il faut posséder des qualités commerciales car il faut savoir que les entreprises sont extrêmement sollicitées et les barrages nombreux. Néanmoins, cela reste un secteur émergent où les besoins sont importants, au niveau départemental et régional notamment, car beaucoup de fédérations sont en voie de structuration dans ce domaine.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes ?

L'univers du sport fait rêver beaucoup de jeunes d'où un certain encombrement. Environ 1.000 diplômés sortent chaque année des différentes formations en marketing sportif qui se sont développées. Mais d'autres débouchés à ces filières existent dans la distribution spécialisée. Des fabricants ou distributeurs de vêtements de sport peuvent rechercher des profils en marketing sportif pour développer leurs marques.

En quoi consiste votre activité d'enseignant et de conférencier en marketing sportif ?

J'interviens au total 3 demi-journées par semaine à l'ESG qui propose un MBA des métiers du sport mais également à l'ISCOM, à l'ISEAM et à l'ISERP. Si la théorisation existe dans le domaine du marketing sportif, elle est très récente : la première chaire de marketing sportif, créé par l'ESSEC, a moins de 5 ans... Il faut rester prudent avec les théories. Mais c'est un univers qui mérite recherche et réflexion pour optimiser son efficacité. L'observation attentive de son fonctionnement permet de dégager certaines règles.