Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Camille Perlès

Responsable marketing au sein du bureau de style Spacemaker, Paris (75)
Date de l'interview : 01/06/2007

Le domaine du design sportif suggère une prise en compte des codes du sport, de l’image de la marque, une connaissance des matières.

S'appuyant sur une formation bien ciblée, Camille Perlès exerce des fonctions transversales dans un bureau de style qui a su développer une expertise pointue dans le domaine du design sport.

Quel a été votre parcours de formation ?

Je suis diplômée de l'ISEM, école de management de la mode rattachée à ESMOD.
Elle forme en 3 ans aux métiers du marketing, de la commercialisation, de la production et de la communication des entreprises de mode. Je ne voulais pas faire une école de stylisme pur.
Cette école vise à pallier le manque de jeunes formés au marketing et à la stratégie dans l'univers de la mode.
J'ai ensuite poursuivi mes études à l'université de la mode (Lyon II) avec laquelle l'ISEM est conventionnée. J'ai pu bénéficier d'un accès direct en DUERM, diplôme universitaire d'études et de recherches sur la mode (bac + 4). Au cours de ma formation, j'ai effectué pas moins d'une dizaine de stages qui m'ont été très profitables.

Quelles sont vos fonctions au sein de votre bureau de style ?

Elles sont multiples dans la mesure où nous ne sommes que 10 au sein de ce bureau. Elles concernent la création, le marketing et le commercial.
Responsable marketing, j'ai également en charge la stratégie commerciale et de développement de l'agence. Je monte aussi des dossiers financiers.
Après mes études, j'ai opté pour un bureau de style, pour cette transversalité. La spécificité sport s'apprend sur le terrain.

Quelles sont vos activités ?

Je suis chargée de trouver les idées les plus variées pour augmenter la notoriété de l'agence : salons, expositions, forum de tendances, réalisation de plaquettes, achat de pages de pub, etc.
Notre premier grand client a été une entreprise chinoise spécialisée dans le sportswear (running, ski, golf, surf...), ce qui a été le déclencheur d'autres contacts spécialisés tels que Décathlon, Spyder, Millet, grâce à une notoriété acquise dans le domaine sportif. Nous ouvrons un bureau début août à Shanghai.
Il m'arrive d'aller démarcher les marques et de décrocher des contrats. Je participe aussi à la création en réalisant des cahiers de tendances dont je rédige les textes. Pour cela, j'ai besoin d'être en contact avec tout ce qui se crée, d'humer l'air du temps, de surfer sur Internet, de visiter des expos, de voir des films. Ma formation m'a permis d'aiguiser mon regard et je dispose aussi du ressenti de personnes basées un peu partout dans le monde.
Notre agence crée des collections complètes et fabrique les prototypes.

Qui sont vos clients ?

Des marques connues à la recherche d'un œil neuf s'adressent à nous pour compléter leurs lignes de produits. De nouvelles marques, avant de se lancer, font appel à nos services pour faire débuter leur ligne avant d'embaucher une équipe complète. Récemment une nouvelle marque de golf nous a sollicités pour mieux se déterminer en fonction des tendances actuelles dans le sport. Nous avons travaillé pour elle la direction design : streetwear, fashion, casual, ou technique, le style global, le logo, la gamme de couleurs, le dessin des modèles.
Nous aidons aussi nos clients à trouver des fournisseurs (usines) et nous occupons de la post-prod (vérifications des coupes et prototypes). Ce que nous proposons doit à la fois correspondre à la tendance du moment mais encore plus à la marque. Au départ on reçoit un brief du client puis on le rencontre plusieurs fois. Mais nous ne sommes jamais de simples exécutants, nous imprimons toujours notre patte aux modèles.
Nous dessinons également des "vêtements-image" : il s'agit de vêtements destinés à faire passer un message. Il peut s'agir, par exemple, de la tenue des hôtesses sur un circuit automobile ou des tenues officielles du comité olympique pour les Jeux. Nous devons tenir compte à la fois des codes du sport, et de l'image de la marque ou d'une fédération. Nous avons à tenir compte de contraintes techniques, telles que la visibilité du logo. Les fédérations accordent aujourd'hui beaucoup d'importance à leur image.

Quelles sont vos contraintes ?

Nous devons tenir compte du budget du client ! Créer pour le sport implique un savoir faire technique et des matières spécifiques notamment "respirantes". Le vêtement de sport ne doit jamais entraver le mouvement, mais au contraire l'aider. Il est à la fois de plus en plus technique et stylisé. La recherche stylistique doit ici tenir compte des contraintes techniques mais nous pouvons jouer sur les découpes et les couleurs. Nous créons aussi des accessoires : chaussures, sacs, casquettes.

Quelles les perspectives d'évolution de ce secteur ?

C'est un marché porteur. Le sport se démocratise et nous avons de plus en plus de temps libre.
De plus en plus de personnes achètent et portent des vêtements de sport. La demande en vêtement de qualité s'accroit.
L'univers de la mode est en constante évolution, en pleine mutation aussi. De plus en plus de femmes pratiquent une activité sportive. Les vêtements de sport "se stylisent" de plus en plus et la frontière avec la rue se réduit.

Propos recueillis par Annie Poullalié