Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Dominique Verschelde

Responsable de la formation décorateur marchandiseur à Négocia, Paris (75)
Date de l'interview : 01/04/2007

Pour devenir décorateur marchandiseur, il faut être à l’affût des nouvelles tendances et avoir un bon coup de crayon !

Ancienne élève de l'école, Dominique Verschelde, est devenu formatrice puis responsable de cette formation CCIP. Elle fait le point sur cette formation.

Comment est née cette formation de décorateur marchandiseur ?

Au départ, il s'agissait d'une formation d'étalagistes seulement concernés par les vitrines. Depuis 15 ans, elle a évolué vers le merchandising visuel et qualitatif et les métiers de décorateur-étalagiste et de scénographe produit. Elle est aujourd'hui certifiée (RNCP) à bac + 2. Les frais de scolarité sont de 3.950 euros par an. Certains élèves peuvent bénéficier d'une aide de la CCIP.

Quel est le profil des élèves retenus ?

Une cinquantaine de places sont offertes à des bacs ou des BT ayant des pré-requis artistiques (option arts plastiques, série STI arts plastiques, BT arts appliqués, prépa arts appliqués...).
Seuls 30 % des élèves viennent directement du bac. La majorité a déjà suivi un cursus artistique entre 1 et 4 ans, souvent théorique à l'université, et souhaite se professionnaliser. Une centaine de candidats se présentent aux épreuves de sélection. La 1re phase consiste en 3 épreuves dessinées (perspective, couleur et créativité). La 2de est composée de 2 entretiens devant un jury. Ces entretiens permettent aux candidats de présenter leur book et de témoigner de leurs compétences artistiques et aussi de dévoiler leur motivation et leur connaissance du métier.

Quel est le contenu de la formation ?

La formation vise à mettre les compétences artistiques au service du commerce.
Elle s'organise autour de 4 pôles : la présentation visuelle (agencement, vitrine, réalisation de maquettes, fabrication de décors, connaissance des matériaux...), le développement personnel et culturel (tendances, histoire de l'art, anglais, la gestion de projet...), les techniques commerciales et professionnelles (droit de l'image, gestion des fournisseurs, merchandising, devis...), l'image et le multimédia (graphisme, couleurs, dessin à vue, DAO, CAO, PAO...).
La formation se déroule essentiellement en atelier. La pédagogie est donc celle de la mise en situation professionnelle constante avec des concours entreprise : toute la classe planche sur un projet d'entreprise (par exemple : l'implantation, les ambiances et la décoration du rayon des produits de Noël de Leroy Merlin). A cela s'ajoutent 18 semaines de stage (service déco de grand magasin, enseigne du luxe, service merchandising d'une enseigne...). En 2e année, l'élève devient free-lance un jour par semaine pour un commerçant. Un stage en Angleterre et un échange avec le Canada sont également proposés. L'école accueille aussi 10 % d'étudiants étrangers.

Quel est le taux d'insertion professionnelle des diplômés ?

Le taux d'insertion des élèves est de 75 %, 6 mois après leur diplôme. La bonne insertion s'appuie sur un marché porteur avec le développement des enseignes, un réseau d'anciens et une forte notoriété de la formation.
Parmi les 25 % restant, il s'agit pour la plupart des plus jeunes souhaitant continuer à se former. Les progressions de carrière sont rapides en raison d'une forte demande de la part des enseignes et d'une structuration nouvelle du métier. Avec de l'expérience professionnelle, il est possible de devenir chef déco, puis responsable d'un secteur puis de l'identité visuelle d'une marque. Les carrières se font aussi de plus en plus à l'étranger. Il existe aussi surtout en province une percée nouvelle des free-lance (10 %).

Comment voyez-vous l'évolution de cette formation ?

Nos diplômés occupant rapidement des responsabilités importantes en entreprise, nous avons compris la nécessité de hausser le niveau de la formation, notamment en management, gestion, évènementiel et international... Nous souhaitons aussi nous renforcer en constituant un réseau de formation certifiées avec les CCI Bordeaux, Nîmes, Roubaix, et Versailles.

Quelles sont les qualités requises pour devenir décorateur marchandiseur ?

En dehors du sens créatif et commercial nécessaires, nous insistons beaucoup sur la curiosité indispensable. Il s'agit d'être à l'affût des nouvelles tendances, d'intégrer en amont les nouveautés, les changements de tendances, les nouveaux matériaux ou technologies. Il faut savoir écouter, découvrir, avoir une vision à proposer au client. Il faut comprendre ses attentes en faisant abstraction de son goût, pouvoir par exemple passer de la création de l'espace junior VO des Galeries Lafayette à l'agencement des boutiques Damart...

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes souhaitant accéder à ce métier ?

Je leur conseillerais de suivre l'option arts plastiques au lycée, de développer un bon coup de crayon, et un sens de l'observation. Il est important de savoir faire des croquis et d'avoir des notions de volumes et de proportions. Il faut aussi aimer le bricolage et ne pas oublier que le métier est aussi très physique (montage, démontage...) et qu'il fait parfois 40 ° sous les spots des vitrines !

Propos recueillis par Annie Poullalié