Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Jérôme Keller

En formation de préparateur de moto de compétition, Choisy-le-Roi (94)
Date de l'interview : 01/03/2007

Je travaille en étroite collaboration avec les pilotes et m'évertue à trouver une solution mécanique à leurs problèmes.

Depuis sa première moto, Jérôme Keller vit sa passion pour la mécanique moto dans l'univers de la compétition.

Comment est née votre passion pour la moto de course ?

Il a fallu que j'attende d'obtenir mon permis moto en 2004 et de posséder ma propre moto pour avoir envie de tout comprendre du fonctionnement d'un moteur. Ca a été une véritable révélation. C'est la technique qui me passionne, les différents formats d'un moteur... Au début, je ne connaissais rien et j'ai d'abord appris par moi-même. Accro, j'y passe beaucoup de temps et pas mal d'argent !

Quel a d'abord été votre parcours ?

Après mon brevet de collèges, j'ai préparé au lycée professionnel un CAP - BEP électrotechnique puis dans la continuité un bac pro EIE (équipements et installations électriques). J'ai même obtenu mon bac avec mention.
Ensuite toujours dans la même filière, j'ai opté pour un BTS maintenance industrielle en alternance chez l'Oréal. Mais voulant me réorienter vers la mécanique moto, je n'ai validé que la première année.

Comment avez-vous réussi votre réorientation ?

Avant de donner ma démission, j'avais une formation en alternance en vue à l'INCM (institut national du cycle et du motocycle) Paris. S'ils n'avaient pas retenu ma candidature, je serais resté. Je ne voulais pas faire un BTS automobile, c'est pourquoi je me suis tourné vers le bac pro moto que j'ai pu faire en un an. J'ai eu la chance d'avoir un contrat avec Perreux Moto Services. Je me suis beaucoup investi et j'ai obtenu mon diplôme avec mention.

Comment avez-vous approché l'univers fermé de la compétition ?

Je n'osais pas m'avouer que je rêvais de ce domaine qui me semblait inaccessible. Et je me résignais à devenir chef mécanicien dans un garage ou à ouvrir le mien.
Mais lors de la présentation de mon rapport de stage du bac pro moto, un professeur du lycée de ma formation actuelle était présent et m'a proposé de postuler. Mon amie m'a aidé à rédiger la lettre de motivation et j'ai joint à mon dossier de candidature des photos de mes réalisations moto.

Vous avez donc été accepté en section compétition au lycée Jacques Brel de Choisy-le-Roi ?

Oui et c'est une grande chance, car il n'y a que deux formations de ce type en France (la seconde est au Mans). Il s'agit d'une formation complémentaire de techniciens experts en préparation et mise au point des motocycles de compétition.
Dans cette véritable écurie de course, nous ne sommes que huit, avec deux ou trois "mécanos" pour un pilote. Je donne le meilleur de moi-même ; j'ai vraiment envie d'y arriver et d'être remarqué puis recruté par une marque.
Si j'ai le statut étudiant, le travail s'organise avant tout au rythme des courses. Je me déplace très souvent sur les circuits. Du 3 au 6 février dernier, par exemple, nous nous sommes rendus à Valencia en Espagne pour deux jours d'essais. L'année 2007 est très importante pour la section, car grâce aux bons résultats 2006, nous sommes Officiel Kawasaki ! Avoir des sponsors est primordial car les sports mécaniques coûtent très chers. Jusqu'ici nous n'avions pas beaucoup de budget, mais Kawasaki nous prête six motos cette année.

Pouvez-vous décrire une journée type de formation ?

Je travaille en atelier de 9 h à 18 h et même si nécessaire jusqu'à 20 h. En dehors des périodes d'entraînement et de courses qui correspondent à un calendrier bien précis, les motos demeurent à l'atelier et nous travaillons toute la journée dessus sous la direction d'un "team manager", notre unique professeur. Il faut procéder à tous les réglages des machines de course. La formation est donc totalement pratique.

Quelles sont vos relations avec les pilotes ?

Je suis en étroite collaboration avec eux et m'évertue à trouver une solution mécanique à leurs problèmes. Je les côtoie le plus possible pendant la course, mais aussi pendant les entraînements. Je dois établir avec eux une indispensable relation de confiance. Il faut que le pilote n'ait aucun doute au moment de la course.

Quels sont vos projets après cette année intensive ?

Je souhaite, bien sûr, rester dans l'univers de la moto. Il est possible qu'il y ait des propositions. Le milieu de la compétition est très fermé. Il faut se faire remarquer en faisant du bon boulot et en se donnant à fond. J'aimerais beaucoup travailler pour Kawasaki ou devenir moi-même formateur de moto de compétition, le rôle du team manager est si passionnant. Il doit gérer les sponsors, les partenaires, nous former, nous encadrer, organiser le planning de travail de chacun, prévoir la logistique complète lorsque nous nous déplaçons avec les motos, etc.