Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Loïc Lafontaine

Responsable des relations artistes chez Yamaha Music Europe, Paris (75)
Date de l'interview : 01/06/2010

Proche des musiciens, je suis à leur écoute et j’interviens dans la recherche et le développement des instruments pour mieux les satisfaire.

Responsable en France du bureau parisien "Yamaha Artist Services Europe", Loïc Lafontaine se charge de mettre à la disposition des artistes les meilleures conditions de travail possibles.

Quel a été votre parcours de formation ?

J'ai suivi un cursus musical professionnel, du cycle complet de piano et de musique de chambre du conservatoire de Bordeaux jusqu'au Conservatoire national supérieur de Paris, tout en menant des études générales jusqu'au bac. J'ai ensuite poursuivi mes études à l'université jusqu'à obtenir un DESS d'administration et de gestion de la musique (bac + 5).

Avez-vous été tenté par une carrière d'instrumentiste ?

Evidemment ! J'ai eu la chance de faire de nombreux concerts pendant mes études et en sortant du conservatoire. Mais je me suis rendu compte que je souhaitais élargir mes horizons, mieux connaître le monde musical autour de la scène. Tout cet aspect "coulisses" me paraissait tellement important : l'organisation de concerts, le développement de nouveaux concepts, la communication, le support aux artistes, les instruments de musique... tout un monde dans lequel les musiciens baignent quotidiennement, mais connaissent finalement assez peu. Et pour cause : tout au long des études musicales, on n'aborde pas vraiment des thèmes tels que le droit de la propriété intellectuelle, la TVA, les études de marchés, les calculs de marges ou les charges sociales !

Quels critères prenez-vous en compte pour conseiller l'artiste dans le choix du piano ?

La salle (volume, nombre de places, type d'acoustique et de scène, etc.), le pianiste (son jeu, sa couleur musicale, ses souhaits particuliers), le type de concert (piano solo, musique de chambre, concerto avec orchestre, acoustique ou amplifié). Enfin, on ne peut pas ignorer les aspects financiers : le lieu du concert, l'éloignement et la présence ou non d'un monte charge vont déterminer le coût du transport. Le temps de travail du technicien va également être pris en compte, ainsi que la valeur de l'instrument lui-même.

Jusqu'où intervenez-vous ?

J'interviens sur l'ensemble des aspects qui concernent l'instrument, depuis son enlèvement par les transporteurs jusqu'à son retour. La mise en place et la préparation du piano font partie de ce suivi, pas uniquement l'accord, mais aussi les réglages et l'harmonisation. Nous poussons le soin du détail jusqu'à chercher la meilleure position possible de l'instrument sur scène et vérifier la hauteur de la banquette pour le pianiste ! Ma présence physique n'est pas indispensable : je peux gérer ces aspects depuis le bureau, en lien avec le technicien sur place. Mais il reste important de rencontrer les musiciens et autres intervenants, je me rends donc assez souvent aux concerts.

Votre métier nécessite-t-il une pratique musicale régulière ?

Il nécessite avant tout un grand amour de la musique. Et quand on aime la musique, soit on en écoute beaucoup, soit on en joue. Dans mon cas, je fais les deux. Bien que ce ne soit pas indispensable, puisque les techniciens sont là pour ça, j'aime tester les instruments qui arrivent pour juger des très fines différences de réglages. C'est un bonheur de pouvoir profiter d'instruments récents parfaitement bien préparés, je me fais donc un plaisir de travailler régulièrement mon piano afin de conserver le niveau nécessaire pour profiter au mieux de ces conditions de travail bien agréables.

Quelle est la nature de vos relations avec les artistes ?

Il s'agit de relations très proches car j'ai eu la chance de rencontrer beaucoup de musiciens lors de mes études musicales. Proches également car le métier de pianiste est relativement solitaire et les artistes ont un grand besoin de soutien, d'encadrement et de conseils. Mais ces relations sont avant tout professionnelles : l'instrument sur lequel le pianiste joue influe sur la qualité de ses concerts, donc sur sa carrière.

Quel est le plus difficile ?

Ce métier demande une grande disponibilité. Etre à l'écoute n'est pas de tout repos. Les concerts finissent tard, et il faut parfois enchaîner avec un diner. Il faut donc aimer et pouvoir rentrer chez soi régulièrement après minuit. Mais il ne s'agit pas d'un obstacle insurmontable, la présence physique aux concerts n'a rien d'obligatoire, 99 % du travail se fait en amont pendant la préparation de l'événement. Autre difficulté : comme tout métier de la communication, il faut savoir faire face aux avis divergents et aux contradictions. Certains artistes ont ainsi des humeurs changeantes. Si un concert ne se passe pas comme prévu, l'instrument est régulièrement un coupable désigné. Il faut donc accepter la critique et analyser au mieux les choses pour en tirer le maximum d'enseignements.