Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Faustine-Léa Violleau

Maquilleuse artistique, Vincennes (94)
Date de l'interview : 01/12/2006

Je travaille avec des artistes connus et, en tant que maquilleuse, j’ai la responsabilité de leur image.

Passionnée de peinture et des arts éphémères, elle n'a pas tout de suite pensé à devenir maquilleuse. Lorsqu'elle découvre la part de création que comporte le maquillage artistique, elle décide de mettre son talent au service de ce métier...

En tant qu'intermittente du spectacle, vous n'avez pas de poste fixe. Quels sont vos employeurs ?

Je travaille dans divers domaines : le théâtre, la télévision, la publicité, le cinéma, l'événementiel, la mode... Je participe par exemple à des créations théâtrales au Théâtre de la Tempête à la Cartoucherie depuis plusieurs années. La dernière pièce : "La Mouette", de Tchekhov. Je travaille également pour le Conservatoire national d'arts dramatiques. J'ai fait des masques pour les spectacles de fin d'année des élèves, avec des metteurs en scène renommés comme Philippe Adrien et Catherine Hiegel, par exemple. C'est l'occasion de travailler avec de bons metteurs en scène, qui donnent des cours dans cette école.

Avez-vous suivi une formation ?

Quand j'ai décidé de suivre cette voie, j'étais étudiante en langues. J'ai commencé à chercher une école sérieuse et à mettre de l'argent de côté pour financer mes cours. J'ai choisi l'Institut technique du maquillage parce que la formation durait 18 mois, au lieu de 6 mois dans la plupart des autres écoles, ce qui me semblait trop court pour apprendre vraiment un métier. Puis, j'avais entendu le maquilleur de Belmondo dire que cette école était reconnue par les professionnels, ce qui était très important pour moi.

Quels ont été vos débuts dans la profession ?

J'ai effectué beaucoup de stages, notamment au Théâtre de la Tempête, où j'ai par ailleurs découvert l'univers des masques. Philippe Adrien, le directeur du théâtre, m'a donné ma chance et m'a rappelé par la suite pour que je travaille pour lui. Je n'ai jamais eu à démarcher pour trouver des contrats. Je me fais connaître par le bouche-à-oreille et les gens m'appellent. Je travaille depuis 4 ans en signant toutes mes créations. J'ai fait très rarement du suivi de maquillage.

Comment procédez-vous au moment de réaliser une création de maquillage ?

Je complète le travail des autres techniciens, l'éclairagiste, le scénographe, la costumière, et du metteur en scène. Je dois garder une cohérence par rapport à leur intervention. Par exemple, je choisis les teints en fonction de la lumière : si celle-ci est sombre, j'éclaircis les visages et inversement. Je tiens compte également de l'univers artistique du spectacle. Quand je crée un maquillage, je raconte une histoire. J'essaye aussi de faire des choses qui n'ont jamais été faites avant. Les gens commencent d'ailleurs à reconnaître mon style. J'établis une conduite de maquillage pour le suivi, c'est-à-dire pour que les comédiens puissent se maquiller seuls ou qu'une autre professionnelle le fasse. Ainsi, je conçois une fiche de maquillage par comédien avec les références de tous les produits.

Que trouve-t-on dans votre trousse de maquillage ?

Plusieurs pinceaux, divers fonds de teint, des poudres, des pigments de toutes les couleurs, des crayons, des rouges à lèvre, des faux cils, des produits pour les effets spéciaux, du latex... c'est une véritable caverne d'Ali Baba !

Qu'est-ce qu'un bon maquilleur selon vous ?

C'est tout d'abord quelqu'un de professionnel qui arrive à l'heure et est rigoureux dans son travail. Nous travaillons avec des artistes connus et nous avons la responsabilité de leur image. Le talent est important, bien sûr, mais ce n'est pas suffisant : il faut savoir s'adapter et avoir beaucoup de psychologie pour éviter les conflits avec les personnalités que l'on maquille, des stars parfois, et pour savoir les rassurer aussi ! Un bon maquilleur doit avoir l'intelligence du métier et savoir prendre sa place. Nous mettons les autres en lumière, mais nous restons dans l'ombre... Il ne faut pas vouloir se mettre en avant. Il doit également tenir le coup physiquement, car on travaille souvent debout et les horaires peuvent être très lourds. Ce métier s'apprend d'année en année, il faut être en quête constante de progrès.

Quel est le dernier spectacle auquel vous avez assisté ?

"Tenue de soirée", au Théâtre Rive Gauche, à Montparnasse.