Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Odile Pirot

Auxiliaire de vie sociale, Sainte-Geneviève-des-Bois (91)
Date de l'interview : 01/11/2010

Une auxiliaire de vie sociale doit laisser tous ses problèmes derrière elle pour se consacrer totalement aux soins de son client.

Odile Pirot travaille pour Coviva, société spécialisée dans l'aide aux personnes dépendantes. En charge de plusieurs personnes âgées aux domiciles desquelles elle se rend quotidiennement, elle nous présente les différentes facettes d'une profession encore peu médiatique et qui connaît aujourd'hui un fort développement.

Comment êtes-vous devenue auxiliaire de vie sociale ?

Je travaillais déjà depuis 10 ans auprès de personnes âgées, sans diplôme spécifique. J'étais alors directement employée par les familles de mes clients, grâce au "chèque emploi service". En 2007, j'ai décidé de passer le diplôme d'Etat d'auxiliaire de vie sociale, qui professionnalise l'aide à domicile. Beaucoup de structures spécialisées dans l'aide à domicile, comme Coviva, exigent ce diplôme. Il permet d'accomplir certaines tâches qu'une simple aide ménagère n'a pas le droit de faire, par exemple préparer les médicaments pour la semaine ou utiliser un lève-personne pour installer la personne dépendante dans son fauteuil.

Comment se déroulent vos journées ?

Je m'occupe de 6 personnes âgées, dont un couple. Je travaille tous les jours de 7 heures à 19 heures 30 environ. Je me rends successivement chez chacun de mes clients, où je reste d'1 h à 1 h 30. Selon le moment de la journée et le niveau d'autonomie de la personne, je suis amenée à accomplir différentes tâches : je fais la toilette et le change, je prépare le petit-déjeuner, je lève la personne, je la fais marcher, je l'accompagne faire ses courses, je l'emmène chez le coiffeur, etc. Pour certains clients, j'interviens 2 fois par jour, le matin et l'après-midi. Les personnes dont je m'occupe habitent toutes dans un même périmètre géographique, l'organisation n'est donc pas trop compliquée.

Travaillez-vous en réseau avec d'autres professionnels ?

Je suis en contact avec le médecin de la personne et surtout, avec les infirmières qui viennent faire des soins à domicile. Je suis également en relation avec les familles des personnes âgées, le plus souvent leurs enfants. Pour chaque client, il y a un cahier, dans lequel je note tout ce que j'ai fait, si la personne m'a semblé en forme ou bien fatiguée, triste, etc. Avec certaines familles, j'ai, en plus, des échanges par téléphone.

Quelles qualités faut-il pour faire ce métier ?

Le plus important, c'est d'aimer les personnes âgées. Elles nous attendent, elles comptent sur nous. Nous sommes là pour les aider, mais aussi pour les réconforter. Lorsqu'une auxiliaire de vie sociale entre chez un client, elle doit laisser tous ses problèmes derrière elle et s'occuper entièrement de la personne. Par ailleurs, ce métier demande une grande vigilance. Les personnes âgées sont fragiles, il faut être très attentif lorsqu'on est auprès d'elles. Il faut faire particulièrement attention quand on accomplit certaines gestes, comme le lever à l'aide du lève-personne.

Quel est le plus difficile ?

C'est un métier dur physique et moralement. Dur physiquement, car l'auxiliaire de vie doit souvent transférer la personne du lit au fauteuil, du fauteuil aux toilettes, etc. Et dur moralement, car on est confronté en permanence à la vieillesse et à la dépendance. Mais il faut se dire que plus tard, nous aussi, nous serons comme cela.

Qu'est-ce qui vous plait le plus dans ce métier ?

Les relations que je noue avec mes clients. Dès que j'arrive, je demande à la personne comment elle va, comment elle se sent. Certaines personnes se plaignent de s'ennuyer car elles sont seules toute la journée, alors j'essaye de leur changer les idées. Je les fais rire, je les incite à parler de leur passé. C'est très important car cela permet aussi de faire travailler leur mémoire. Malgré tout, il faut prendre garde à ne pas trop s'attacher. L'auxiliaire de vie sociale ne doit pas prendre la place de la famille.