Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Nabila Mouhoud

Assistante sociale en polyvalence de secteur, Créteil (94)
Date de l'interview : 01/11/2006

Je me sens parfois impuissante face au manque des moyens. Devoir dire à quelqu'un : "je ne peux rien faire pour vous" me met hors de moi !

Exerçant au sein du Conseil général du Val-de-Marne à Créteil, depuis 6 ans, elle fait également des vacations dans des écoles d'assistantes sociales en tant que formatrice. Elle nous raconte son parcours...

Comment êtes-vous devenue assistante sociale, puis formatrice ?

Après un Deug de droit et une expérience de 6 ans dans l'animation, j'ai commencé à travailler dans la distribution, mais cela ne me convenait pas. Suite à un bilan de compétences, j'ai découvert le métier d'assistante sociale et je suis entrée à l'Ecole supérieure de travail social (ETSUP). En parallèle, j'ai obtenu une maîtrise de sciences de l'éducation, car j'envisageais déjà de devenir formatrice un jour. Plus tard, j'ai complété ma formation par un DESS de développement social local.

Comment avez-vous obtenu votre premier poste ?

Le Conseil général m'a accordé une bourse d'études pendant ma 3e année d'études d'assistante sociale. J'ai eu donc mon premier emploi en Val-de-Marne, à Villejuif. Ensuite, je suis devenue assistante sociale volante, c'est-à-dire qui remplace les collègues malades ou en formation, par exemple. Il faut s'adapter rapidement à un service et les changements sont fréquents, c'est très intéressant. De toute façon, je voulais commencer par travailler en polyvalence de secteur, ce qui veut dire accueillir tous les publics d'un secteur géographique, contrairement aux professionnels qui interviennent dans un domaine spécifique comme la psychiatrie, le RMI, l'enfance, entre autres. Aujourd'hui, j'occupe un poste fixe, toujours au Conseil général.

Quel est votre travail au quotidien ?

Les 28 assistantes sociales en polyvalence de secteur suivent 200 personnes chacune et sont réparties en 2 équipes : accueil et accompagnement. Je fais partie de l'équipe d'accueil, ce qui consiste à recevoir toutes les nouvelles demandes et assurer un suivi ponctuel d'actions qui peuvent se résoudre plus rapidement. L'équipe d'accompagnement suit les personnes dans la durée. Je suis amenée à traiter des cas très différents à chaque fois et à passer plus vite de l'un à l'autre. Mon expérience en tant qu'assistante sociale volante m'a aidée. Je reçois des personnes à la recherche d'un emploi, des femmes seules avec enfants à charge, des familles dans le besoin... La durée des entretiens est de quarante minutes environ, un peu plus pour les nouvelles demandes ou les situations lourdes. Nous essayons de remobiliser les gens, les faire sortir de l'inertie où ils sont depuis des années pour certains, et comprendre pourquoi ils n'arrivent pas à faire le pas pour s'en sortir. Pour d'autres, nous devons évaluer les situations et selon les cas, nous remplissons des documents de demande d'aides financières dans le cadre d'un dispositif légal, comme le RMI par exemple, ou ponctuelles. Mais nous vérifions toujours que tous les droits de la personne sont ouverts auprès de la CAF, par exemple, pour les familles, ou autres organismes. Si ce n'est pas le cas, nous les aidons dans leurs démarches.

Travaillez-vous avec des partenaires ?

Oui, bien sûr ! Au cours de l'entretien, tous les domaines sont abordés. Quand les personnes sont empêtrées dans un ensemble de difficultés, elles sont souvent perdues. Puis, il y a beaucoup d'organismes, il faut les aider à faire le tri, trouver les bons interlocuteurs. De toute façon, nous ne nous substituons pas aux professionnels. Ainsi, nous travaillons en partenariat avec l'ANPE et les Missions locales, par exemple, ou avec des associations caritatives, comme celle qui distribue des bons pour des couches et du lait pour les bébés. Chaque personne du service peut découvrir un partenaire et tisser des liens avec lui.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans votre métier ?

Il y a des moments où je me sens complètement impuissante, notamment face au manque des moyens. Devoir dire à quelqu'un : "je ne peux rien faire pour vous" me met hors de moi ! Mais recevoir les gens ne m'ennuie jamais. Si c'était le cas, ou que je ne me sentais plus utile dans ce métier, j'arrêterais. Car, on travaille avec l'humain, et non pas avec des dossiers administratifs.

Quels sont les moments où vous avez la certitude d'avoir choisi la bonne voie ?

Tous les jours !