Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Sylvie Mallet

Assistante sociale dans une association, Paris (75)
Date de l'interview : 01/11/2006

Je suis heureuse quand la personne que j’ai aidée réussit à se prendre en main et me met "au placard" !

Responsable du service social du CEFORP (Centre de formation et de réinsertion professionnelle) à Paris, elle intervient auprès de bénéficiaires du RMI de plus de 50 ans. Cela fait 4 ans qu'elle a mis en place ce service qui suit 300 allocataires...

Comment êtes-vous devenue responsable du service social du CEFORP ?

Le CEFORP proposait à l'origine des formations linguistiques uniquement. En 2002, cette association a signé une convention avec le Département qui lui permet de prendre en charge des bénéficiaires du RMI. Ces derniers sont reçus en entretien individuel par un assistant social qui les suivra tout au long de la procédure. Au début, il y avait tout à faire : mettre en place le service et élaborer les outils de travail, c'est-à-dire, recruter deux autres assistantes sociales et une conseillère en insertion, organiser la documentation, élaborer la fiche à remplir par les usagers, réfléchir au contenu des dossiers personnels, etc. C'était un vrai défi pour moi ! Mon expérience en tant que responsable de l'équipe du centre d'hébergement où j'exerçais auparavant m'a beaucoup servie.

Quelles sont aujourd'hui vos activités au sein de ce service ?

Mon rôle est d'organiser le quotidien du service : j'établis les emplois du temps, je commande les fournitures et m'occupe des factures. Je veille à ce que mes collègues travaillent dans de bonnes conditions. Je participe également au développement du service social du CEFORP en élaborant de nouveaux projets tels que l'ouverture à d'autres publics. De plus, depuis cette année, nous sommes mis en concurrence avec d'autres organismes car nous devons répondre à des appels d'offres pour continuer à proposer nos services à la direction départementale. Pour cela, nous avons désormais des objectifs de "rentabilité" et devons chiffrer, par exemple, le nombre de bénéficiaires du RMI qui sortent du dispositif par un emploi. Ce qui est difficile, c'est que lorsque l'on travaille avec l'humain, tout l'accompagnement réalisé ne peut pas être quantifié ! Je dois néanmoins prendre en compte cette contrainte et faire en sorte que cela devienne une dynamique. Je m'occupe également de 90 allocataires.

Comment se déroulent les entretiens avec le public ?

Nous avons beaucoup travaillé sur l'accueil des personnes. Il doit se faire dans un cadre agréable pour que les gens soient à l'aise pour parler des choses difficiles. Nous avons installé des tables rondes, des plantes vertes et nous proposons toujours un café. Notre rôle est d'aider les gens à se repositionner sur le marché du travail. Souvent cela passe par un travail de revalorisation de l'image que la personne a d'elle-même par rapport au travail. Nous les aidons à repérer leurs qualités et leurs difficultés. Ces personnes ont toutes une expérience de vie, qu'il faut valoriser. Elles ont souvent perdu confiance en elles. Nous essayons de les remobiliser et de leur faire prendre conscience de leur potentiel. Cela se fait au fil des rendez-vous, mais aussi lors des actions que nous organisons. Nous avons mis en place par exemple, un vestiaire, où quelques volontaires ont aidé à distribuer des vêtements aux personnes démunies. Aujourd'hui, c'est devenu un chantier d'insertion de vente de vêtements issus des dons et 6 personnes ont pu être embauchées en contrat aidé ! Il y a aussi les ateliers de réorientation professionnelle où participent des personnes ayant travaillé dans des secteurs différents. Sans parler du buffet de Noël et les autres activités qui permettent aux usagers de sortir de leur isolement et de se rencontrer.

Quelle a été votre motivation pour travailler dans le social ?

Lorsque j'étais plus jeune, je travaillais pendant les vacances scolaires dans un cabinet juridique. Je me suis aperçue de la souffrance des personnes que nous recevions et j'ai pris connaissance du travail des assistantes sociales. Cela m'a intéressée, car je me suis toujours questionnée sur l'être humain. Je me suis inscrite au concours d'une seule école, l'IRTS, et je l'ai eu... Je vais maintenant compléter ma formation initiale par un master gestion des établissements sociaux en alternance.

Quels sont les moments où vous avez la certitude d'avoir choisi la bonne voie ?

Je dis souvent que les assistants sociaux sont comme des béquilles. Et je suis heureuse quand la personne qu'on a aidée a réussi à se prendre en main et nous met "au placard" !