Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Jean-Christophe Panas

Educateur spécialisé, directeur général de l'IRTS Paris Idf, Paris (75)
Date de l'interview : 01/11/2006

Mon travail de base consiste à gérer le quotidien des personnes, en organisant les activités en interne et des sorties.

Il a démarré sans le bac et a appris son métier sur le tas, puis a obtenu plusieurs diplômes en cours d'emploi. Aujourd'hui directeur adjoint de l'Institut régional du travail social, il nous donne sa vision du métier d'éducateur spécialisé...

Quel est votre parcours professionnel ?

J'ai débuté dans le travail social lorsque j'avais 20 ans, auprès de jeunes délinquants de 14 à 21 ans, puis d'enfants déficients mentaux. J'ai fait toutes mes études en cours d'emploi : j'ai obtenu mon diplôme de moniteur-éducateur après 4 ans d'exercice et celui d'éducateur spécialisé à 27 ans. Je suis très vite monté dans la hiérarchie. J'ai passé par la suite le CAFDES et le DEFTS. J'ai dirigé un établissement pour jeunes filles, puis un centre de formation. Lorsque ce dernier a fusionné avec l'IRTS, je suis devenu directeur adjoint. puis directeur. Avoir des diplômes, c'est très important, mais ce n'est pas pour autant que nous sommes formés ! Pour ma part, les rencontres avec les usagers ont été très formatrices : ce sont eux qui m'ont appris le métier.

Quelle a été votre motivation pour travailler dans le social ?

La motivation se déclenche vers 17-18 ans, mais en réalité, elle apparaît plus tôt. Il y a quelque chose qui nous préoccupe par rapport à l'enfance et on veut la régler. C'est lié à l'idée que l'on se fait de la justice sociale. Il y a toujours un ressort personnel.

Quel est le travail d'un éducateur spécialisé ?

Le cœur de ce métier est la socialisation des personnes. Un éducateur spécialisé peut travailler auprès d'enfants, d'adultes ou d'handicapés. Il peut exercer dans un internat ou dans un service d'action éducative en milieu ouvert ou encore dans les services de prévention spécialisée. Il a alors une mission de prévention de la délinquance et de la désocialisation. Certains travaillent dans des centres d'éducation renforcée où les jeunes sont placés sur décision de la justice. Le travail de base consiste à gérer le quotidien, en organisant les activités en interne, dans le cas des internats, comme des séances vidéo ou théâtre, des ateliers cuisine ou peinture par exemple, ainsi que des sorties, visite de musées, piscine, séjours à la montagne, à la mer, etc. En prévention spécialisée, ils organisent des chantiers où ils construisent un bateau, ou bien, ils réalisent des fresques murales commandées par la municipalité, par exemple.

Quelles sont les difficultés rencontrées par les jeunes professionnels ?

Tout d'abord, il y a les problèmes relationnels avec les jeunes. Les relations violentes font partie du quotidien. Les éducateurs doivent apprendre à les gérer avec distance. C'est pour cela qu'il faut un minimum de maturité et que, pour entrer en formation, nous privilégions les candidats ayant déjà une expérience du monde du travail, même si c'est dans un supermarché. Le moment du repas, par exemple, peut être très difficile quand on ne sait pas le gérer... Il faut faire preuve de beaucoup d'autorité. Cette autorité, on l'acquiert au fil des expériences et en regardant ses collègues. Nous sommes aussi confrontés aux difficultés sociales, psychologiques et comportementales. Puis, petit à petit, on a moins peur des jeunes et on prend sa place d'adulte. Mais au début, un jeune éducateur spécialisé doit compter sur l'équipe de l'établissement où il exerce ! Ceux qui s'en sortent le mieux sont ceux qui travaillent en relation étroite avec les autres professionnels, ce qui inclut l'équipe médicale et psychologique. Il faut également être curieux, observateur et ingénieux. On peut arriver à faire des merveilles avec les enfants si on est astucieux et que l'on a le sens pratique.

Quels sont les moments où vous avez la certitude d'avoir choisi la bonne voie ?

Quand les enfants et les jeunes vont mieux et qu'ils sont heureux avec moi. C'est un vrai bonheur que d'arriver à pacifier les difficultés, je ne connais pas mieux ! Ce métier est très riche et si on le réussit, on ne s'ennuie jamais !