Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Olivier Huet

Directeur adjoint référent à l'IRTS IdF, Montrouge (92)
Date de l'interview : 01/11/2006

Le sourire d'une personne dont on s'occupe suffit parfois à vous donner du courage pendant une semaine !

Sociologue de formation, il a toujours travaillé dans le domaine de la formation sociale. A l'Institut régional du travail social à Neuilly-sur-Marne, il s'occupe des formations d'aide médico-psychologique et d'auxiliaire de vie sociale...

En quoi consistent les métiers d'aide médico-psychologique et d'auxiliaire de vie sociale ?

Ce sont des professionnels de l'accompagnement quotidien de personnes dépendantes. L'aide médico-psychologique exerce au sein d'une institution, de maisons de retraites, d'établissements qui accueillent des handicapés, ou encore dans des foyers de l'enfant et internats, alors que l'auxiliaire de vie sociale intervient à domicile. Pour exercer ces métiers, les candidats doivent avoir une réelle envie. Le travail avec l'humain est très gratifiant, mais cela peut être dur aussi. Ils seront quelques fois confrontés au décès, à la maladie mentale et à l'agressivité. Ils doivent en avoir conscience et savoir qu'ils ne vont pas résoudre tous les problèmes du monde. Ce n'est pas une vocation, c'est un métier !

Comment se déroule la formation d'aide médico-psychologique ?

Pour obtenir le diplôme d'Etat d'aide médico-psychologique il faut valider les 6 modules et effectuer 2 stages. Les enseignements sont axés sur la psychologie, comme le développement normal d'une personne, pour mieux appréhender le handicap. Il y a également des modules d'accompagnement éducatif, d'animation de vie sociale, de soutien psychologique, ainsi que des notions juridiques et de communication. Les futurs aides médico-psychologiques apprennent aussi à mettre en place un projet personnalisé, ou contrat individuel. C'est un document signé entre l'institution et l'usager qui définit des objectifs fixés pour chacun, comme manger seul ou effectuer une démarche, selon les compétences et les difficultés de la personne.

Et la formation d'auxiliaire de vie sociale ?

Le diplôme d'Etat d'auxiliaire de vie sociale est délivré aux élèves ayant réussi les 11 modules de la formation et les stages. Le stage découverte intervient au début et permet un premier contact avec la personne aidée. L'enseignement porte sur les connaissances liées à l'accompagnement. Il y a des modules sur la pathologie, le handicap, la construction de l'identité de l'être humain, ainsi que sur l'ergonomie et l'hygiène. L'auxiliaire de vie doit savoir préparer des repas, entretenir le linge et le cadre de vie et stimuler la personne aidée intellectuellement. Nous abordons aussi la déontologie.

Quels sont les taux de réussite à ces deux diplômes et comment se déroule l'insertion des diplômés ?

Les taux de réussite avoisinent les 100 % ! Cela s'explique d'une part par les critères de sélection à l'entrée : on teste l'équilibre psychique des personnes et leur motivation. On regarde également l'expérience professionnelle des candidats. D'autre part, nous effectuons un réel accompagnement tout au long de la formation pour les aider à surmonter les difficultés ou une démotivation passagère. Une fois diplômés, ces professionnels n'ont aucune difficulté à s'insérer sur le marché du travail, car les besoins sont énormes.

Quels sont les profils des candidats ?

Parmi les candidats, il y a des personnes déjà en poste et qui veulent obtenir un statut et un salaire plus élevé. Il y a aussi des jeunes titulaires d'un BEP carrières sociales pour lesquels ces diplômes ne représentent qu'une étape dans leur projet de carrière qui est de devenir technicien d'intervention, puis éducateur spécialisé par exemple.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui veut s'engager dans cette voie ?

Il faut continuer à se former. Le diplôme n'est pas une fin, mais un début ! Je conseille également de changer d'employeur régulièrement, car il n'est pas bon de rester 30 ans à la même place. Il faut se remettre en question, car les choses ne sont jamais acquises.

Quels sont les moments où vous avez la certitude d'avoir choisi la bonne voie ?

Quand un enfant en difficulté commence à lire, par exemple, et que l'on voit, à ce moment là, le fruit de notre travail. Ou alors, quand on accompagne les derniers jours d'une personne âgée et que l'on sait que c'étaient des jours heureux. Ce sont plein de petites choses... Le sourire d'une personne dont on s'occupe suffit parfois à vous donner du courage pendant une semaine !