Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Jean-René Picard

Ancien responsable du bac pro bio-industries de transformation, Bias (47)
Date de l'interview : 01/10/2006

Les métiers dans l’industrie agroalimentaires ne sont pas figés et les jeunes qui ont des compétences peuvent évoluer facilement.

D'abord formateur, puis adjoint de direction à la Maison familiale rurale (MFR) de Bias (47), il promeut les métiers de l'agroalimentaire. La notion de plaisir et le savoir sont pour lui les clés de l'épanouissement des jeunes dans ce secteur...

Quel est le taux de réussite à l'examen du bac pro bio-industries de transformation et que font les diplômés après la formation ?

Selon les années, nous avons entre 70 et 100 % de réussite au bac pro. Quant à l'insertion, il faut savoir que les MFR sont des établissements d'enseignement en alternance. C'est-à-dire qu'à partir de la 4eme, nos élèves partagent leur temps entre l'école et le stage en entreprise. En bac pro, les élèves doivent effectuer 20 semaines de stage par an. Une fois le diplôme en poche, la moitié d'entre eux est embauchée définitivement en tant que conducteur de machines pour la plupart. Ils ont acquis leur place au sein de leur entreprise d'accueil et conquis des petites responsabilités. L'autre moitié, poursuit ses études en BTS dans les filières de l'agroalimentaire, l'industrie laitière, les plats cuisinés, l'environnement et même le commercial.

Dans quelles entreprises ces jeunes effectuent leurs stages ?

Ce sont pour la plupart des petites entreprises d'agroalimentaire, comme par exemple, des artisans ou des fermes de transformation du foie gras ou du lait (fromages, yaourts, etc.), ou qui fabriquent de plats cuisinés, des fruits secs, des céréales, du jus, ou encore des conserverie de légumes, entre autres. Ceci est lié à la structure du tissu aquitain, composé majoritairement d'entreprises de 10 à 20 salariés, qui travaillent essentiellement avec des produits issus de l'agriculture régionale. Ceci dit, il y a de plus en plus d'entreprises de technologie de pointe. Par exemple, la récupération des protéines dans les tomates pour faire des additifs, qui seront utilisés à leur tour par d'autres entreprises. Le secteur d'activité est en train de changer. C'est cela aussi l'agroalimentaire.

Est-ce que les élèves de ce bac pro sont sensibilisés aux problématiques de la qualité et de l'hygiène, très importantes dans ce secteur ?

Ces thèmes sont abordés en cours. De plus, pendant son stage, le jeune doit mettre en place un projet dans le cadre de la démarche qualité et sécurité alimentaire. Sa mission peut être d'analyser les points critiques de la contamination bactériologique : pendant quelles étapes de production ce risque est le plus grand ? Comment faire pour y remédier ? Ensuite, il doit être capable de dialoguer à ce sujet avec le responsable qualité. Son travail peut également porter sur la sécurisation autour d'une machine spécifique : comment éviter un sol glissant, etc.

Que dites-vous à un jeune qui hésite à entrer dans ce secteur ?

Les métiers dans cette industrie ne sont pas figés et les jeunes qui ont des compétences peuvent évoluer facilement. Un professionnel peut commencer dans la production, travailler ensuite dans la maintenance, puis en magasinage et finir par diriger le stock. Tout le monde peut trouver un domaine qui l'intéresse ! Nous axons notre discours sur la notion du plaisir : la satisfaction de travailler pour que le client prenne plaisir à découvrir des produits. Nous essayons également d'identifier clairement les métiers et nous incitons nos élèves à viser un poste. Cela aide à faire connaître le secteur. Mais c'est un travail de terrain que nous devons effectuer tous les ans...

Quelle a été votre motivation pour enseigner dans l'agroalimentaire ?

Je fais partie de la première session du bac pro bio-industries et j'ai travaillé dans la production des camemberts. Puis, j'ai répondu à une annonce pour devenir formateur au sein de la MFR de Bias. La formation est quelque chose de fondamental, surtout avec l'évolution des normes, les pressions commerciales, etc. Les gens peuvent accepter des conditions de travail difficiles ou d'autres contraintes si on leur explique pourquoi.
Il faut également faire comprendre à nos élèves que le monde agricole est lié à l'économie mondiale. Si le prix du pétrole augmente, cela aura un impact sur les coûts des produits qu'ils fabriquent. L'entreprise achète ses fruits dans les pays où c'est le moins cher et cela peut changer toutes les semaines. Il faut s'intéresser à l'économie, aux normes de l'environnement, etc. Le travail deviendra plus intéressant et ils pourront discuter avec l'encadrement plus facilement. Cette ouverture au monde sera un atout pour évoluer.