Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

François Guesdon

Directeur de production dans la société Le Na Ja, Rungis (94)
Date de l'interview : 01/10/2006

Nous privilégions les titulaires d'un bac pro car il y a beaucoup de postes informatisés nécessitant polyvalence et autonomie.

Le Na Ja est une entreprise spécialisée dans le conditionnement des viandes et abats située à Rungis. Elle emploie 45 personnes, dont 35 à la production. François Guesdon nous explique son activité et les compétences recherchées...

Quels métiers trouve-t-on dans votre entreprise ?

Nous avons besoin d'opérateurs de réception, de préparateurs de commande et d'opérateurs de conditionnement. Je veille à ce que le personnel soit polyvalent et que les gens effectuent des activités différentes d'une journée à l'autre. Par exemple, le salarié qui prépare la commande aujourd'hui peut être à la réception des produits demain. De même, un opérateur de conditionnement n'est pas tous les jours en tête de ligne, il sait aussi travailler en sortie de ligne : les interfaces informatiques sont différentes, ce n'est pas tout à fait le même travail.

Quel est votre salarié idéal ?

Nous cherchons avant tout des personnes motivées ! Des jeunes qui ont envie de travailler et d'évoluer dans leur profession. La ponctualité et le respect des règles, d'hygiène, notamment, sont des qualités très importantes.

Quelles sont les formations nécessaires pour travailler chez vous ?

Nous privilégions les titulaires d'un bac pro car il y a beaucoup de postes informatisés qui nécessitent de la polyvalence et de l'autonomie. Ils doivent être capables de s'adapter à n'importe quel poste. Ceci dit, un candidat motivé qui se présente avec un BEP, et qui a une bonne capacité de travail, peut évoluer chez nous.

Quelles sont les compétences recherchées ?

Cela dépend des fonctions. Par exemple, en réception, nous avons besoin de personnes qui connaissent le produit. C'est une zone où l'on est en contact avec le produit : on le sent, on le touche, on le visualise. Et depuis la mise en place de la traçabilité de la viande après la crise de la vache folle, il faut également une forte connaissance de la réglementation. Nous devons maîtriser de nombreuses informations concernant les animaux : pays de naissance, lieu d'abattage, numéro du lot, etc. En conditionnement, il faut un savoir-faire de la conduite de ligne. Il faut également connaître le produit, car pour nous, chaque employé a un rôle dans l'appréciation de la qualité des produits.

Quels sont les inconvénients de ce secteur ?

Ce ne sont pas des métiers faciles. Nous travaillons en flux tendu car nous avons très peu de stock. Les barquettes à destination des supermarchés par exemple ont une durée de vie de 6 jours maximum. Donc, nous n'avons pas de barquettes d'avance. Nous passons les commandes à 6h du matin et le camion arrive à 8h30... Le travail est intensif et il faut avoir une bonne résistance au stress.

Et quels sont les avantages ?

Quand un jeune a des compétences, nous le récompensons par un salaire supérieur au SMIC. Un candidat qui ne vient pas vers nous uniquement parce qu'il a besoin d'un travail, mais parce qu'il a envie de travailler, peut espérer être mieux payé et évoluer rapidement. De plus, nous sommes aux 35 heures, même s'il nous est impossible de terminer tous les jours à la même heure, car la quantité de travail dépend des commandes des clients. Je dirais aussi que ces métiers ont un sens : on contribue à nourrir les gens. Il y a une notion de plaisir et de sensibilité, un peu comme en cuisine.

Quel est votre parcours professionnel ?

Titulaire d'un BTS agricole, j'ai travaillé dans l'agriculture avant de me tourner vers l'agroalimentaire. J'ai obtenu ensuite un certificat de spécialisation dans la gestion et le commerce de la viande et je suis devenu chef de produit à Rungis, dans la découpe d'ovins. Il y a 14 ans je suis entré dans mon entreprise actuelle en tant que chef d'atelier. Je suis ensuite devenu directeur de production après avoir suivi la formation professionnelle "dirigeant de PME" à l'Institut français de gestion (IFG).