Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Marc Szyjowicz

Libraire spécialiste en bande dessinée, Paris (75)
Date de l'interview : 01/09/2006

En librairie, il y a des moments très agréables, comme les séances de dédicaces où l'on peut avoir de vrais contacts avec les artistes.

Propriétaire de deux librairies de BD dans l'est parisien, BDNet et la librairie Nation, il dirige également la librairie en ligne bdnet.com et préside l'Association des libraires de bande dessinée...

Pourquoi vous êtes vous spécialisé dans la bande dessinée ?

Mon père était libraire généraliste. Après mon bac et des études commerciales, j'ai vendu des maisons, des voitures et des produits chimiques. J'avais besoin de découvrir d'autres univers que la librairie. J'ai ensuite réfléchi à ce que je voulais faire à long terme. J'ai été élevé pendant la grande époque des meilleurs magazines de bande dessinée, comme "Pilote", "Métal Hurlant" ou "Fluide Glacial". La bande dessinée est ma passion, j'ai donc décidé de me spécialiser.

Est-il difficile de débuter en tant que libraire ?

Un libraire débutant est très désavantagé d'un point de vue financier : les diffuseurs, ceux qui nous vendent les livres pour que nous les commercialisions, n'offrent de bonnes conditions financières qu'aux libraires depuis longtemps établis. Les marges sont donc extrêmement faibles au départ. Se faire une clientèle est également très long : il faut vraiment être patient, régulier et persévérant. Les premières années, on gagne très mal sa vie : mieux vaut avoir la foi... et un conjoint qui a des revenus réguliers !

Quelles qualités vous semblent importantes pour être un bon libraire ?

Il faut avant tout être très commerçant, toujours avoir le sourire et être extrêmement aimable. Une librairie est un lieu de détente et nous nous devons d'offrir une grande qualité d'accueil. Il faut également être très ponctuel pour les horaires d'ouverture de la librairie. Pour la gestion des stocks et des retours, mieux vaut être rigoureux. Les tâches sont nombreuses et variées : un libraire doit être polyvalent. Il me semble impossible de se lancer dans la librairie sans avoir une idée de cette variété d'activités. Ainsi, les stages sont incontournables pour acquérir une première expérience. Une formation, en IUT ou un brevet professionnel, est donc indispensable.

Quels sont les aspects positifs et les contraintes de ce métier ?

C'est un métier plaisant où l'on peut évidemment lire plein de bandes dessinées ! La clientèle est plus détendue qu'en librairie générale : certains de mes clients sont vraiment sympas. Il y a des moments très agréables, comme les séances de dédicaces avec les auteurs, où l'on peut avoir de vrais contacts avec les artistes. Côté contraintes, il faut avoir une grande disponibilité : je travaille six jours par semaine toute l'année. Et je ne passe pas mes journées à lire ! Je dois déplacer et déballer les cartons de livres, mettre les prix, servir les clients, m'occuper de la gestion... La lecture doit se faire chez soi, après les horaires de travail.

Comment un libraire indépendant comme vous peut-il se démarquer des grandes surfaces ?

Nous avons en premier lieu un personnel parfaitement formé. Ce sont de vrais libraires à même de donner un conseil de grande qualité. Dans mes librairies, le choix est très important et les livres sont vraiment neufs : nous veillons à ce que personne ne lise debout dans la librairie pendant des heures. Mes boutiques font également partie du réseau des petits commerces de centre ville. Les livres étant au même prix partout, de nombreuses personnes préfèrent la convivialité d'une librairie aux lieux anonymes comme les grandes surfaces.

Quel livre lisez-vous en ce moment ?

Je viens de terminer un livre d'enquête, "L'histoire du Mossad de 1951 à nos jours". Côté bande dessinée, ma dernière révélation a été les œuvres de Taniguchi, un auteur japonais.