Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Birgit Hallerberg

Bibliothécaire à Sciences Po, Paris (75)
Date de l'interview : 01/09/2006

Certains pensent que Google permet l’accès à l’information universelle, mais rien ne remplacera jamais le métier de bibliothécaire.

Après une expérience de chef de projet dans la production de logiciels pour les bibliothèques, elle intègre la bibliothèque de Sciences Po. Elle nous parle de l'évolution et de l'avenir du métier de bibliothécaire...

Pourquoi avez-vous choisi de faire ce métier ?

Evidemment, j'aime lire et c'est une des premières raisons pour devenir bibliothécaire, bien qu'il ne faille jamais le dire dans un entretien d'embauche ! Plus généralement, partir à la recherche d'informations diverses me paraissait intéressant. Ce qui me plaisait également, c'était l'idée de travailler dans un contexte non commercial, sans la pression de faire du chiffre.

Est-il possible d'exercer ce métier sans avoir passé le concours de la fonction publique ?

Les postes de bibliothécaire sont majoritairement liés à la fonction publique en France, sauf pour quelques structures privées de type grandes écoles de commerce, fondations privées, bibliothèques spécialisées en entreprise, etc. Le métier de documentaliste donne plus de possibilités d'exercer dans le privé, comme par exemple dans des grandes entreprises pharmaceutiques, des cabinets d'avocats, la presse...

Pouvez-vous résumer votre parcours professionnel ?

Mon parcours est sans doute atypique. Je suis allemande et je suis arrivée en France avec mon diplôme professionnel allemand. J'ai d'abord fait des vacations à la bibliothèque d'un établissement de recherche. J'aurais pu passer le concours pour exercer dans la fonction publique française, mais je n'en ai pas eu envie. Je me suis plutôt orientée vers l'informatique, en intégrant une société qui produisait des logiciels pour les bibliothèques. J'ai d'abord été formatrice, puis chef de projet. Je suivais alors les projets d'informatisation des bibliothèques en France et en Europe. Aujourd'hui, j'exerce mon métier de manière plus "classique", même si je contribue à la gestion du système informatique de la bibliothèque.

Quelles sont les évolutions du métier ?

Le métier est très fortement marqué par les nouvelles technologies : la recherche d'information se fait presque exclusivement par voie électronique que ce soit sur Internet, dans des bases de données spécialisées, dans des documents anciens numérisés, etc. En ce moment, on vit une période transitoire : les activités très traditionnelles d'une bibliothécaire, comme le catalogage par exemple, continuent à prendre beaucoup de temps alors que les connaissances en TCI (technologies de l'information et de la communication) sont de plus en plus importantes, surtout pour le renseignement du public, qui est le but final de notre travail.

Expliquez-nous les différences entre les métiers de documentaliste et de bibliothécaire.

Le bibliothécaire sélectionne les livres pour l'achat, les réceptionne, les catalogue et les indexe avec des mots-clés. Le documentaliste analyse plus finement le contenu de certains types de documents, notamment des articles de périodiques : il les sélectionne, les indexe et écrit un résumé. Pour ma part, je suis responsable du fonds de livres en langue allemande. J'ai également beaucoup de contact avec le public, car nous formons les étudiants à la recherche documentaire. Nous les aidons par la suite dans leurs recherches sur des sujets très variés, qui vont du simple manuel à des informations pour un exposé sur la Turquie et l'Europe !

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ce métier ?

Le sens du service public, le goût de la relation avec le public, la curiosité intellectuelle, l'esprit d'analyse et le goût pour les nouvelles technologies.

Quel avenir pour les bibliothécaires ?

Les livres continueront toujours d'exister, mais la bibliothèque d'aujourd'hui est beaucoup plus que ça : on aide les personnes à trouver la bonne information rapidement. Beaucoup de gens pensent qu'en tapant deux mots dans Google ils vont trouver toutes les informations dont ils ont besoin, mais ce n'est pas aussi simple !

Quel livre lisez-vous en ce moment ?

Une biographie sur Katia Mann, l'épouse de Thomas Mann, mon écrivain préféré.