Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Nathalie Caron

Administratrice d'un programme d'urgence au Soudan
Date de l'interview : 01/06/2006

Petite, je me voyais déjà travailler à l'alphabétisation des habitants ou collaborer à la mise en place d'écoles dans des pays en développement.

A 36 ans et après un parcours atypique, Nathalie Caron revient d'une mission d'aide humanitaire d'urgence au Soudan. Elle évoque avec nous son rôle au cours des 3 ans qu'a duré sa mission de volontariat...

A quel âge avez-vous commencé à vous intéresser à l'humanitaire ? Quel a été votre parcours de formation ?

J'ai toujours été touchée par les démarches humanitaires ainsi que par l'enseignement. Petite, je m'imaginais participer à des missions de développement. Je me voyais travailler à l'alphabétisation des habitants ou collaborer à la mise en place d'écoles dans des pays en développement, etc.

Cependant, après la 3e, et pour des raisons familiales et financières, je me suis orientée vers un CAP d'employée de pharmacie. J'ai travaillé pendant 5 ans avant d'effectuer les 1res démarches pour m'engager dans le volontariat. Mais on me trouvait trop jeune et pas assez mature.
Après 2 ans comme fille au pair dans des pays anglophones, je suis revenue complètement bilingue. Cette expérience m'a alors permis de réussir le concours d'entrée à l'université, de passer une licence en LLCE anglais (licence littératures et civilisations étrangères) puis de décrocher des postes de traductrice et d'enseignante de français aux Etats-Unis.

Comment êtes vous finalement parvenue à intégrer une mission humanitaire ?

A mon retour, et afin de tester mes motivations pour l'humanitaire, je suis partie 1 mois en Inde en tant que bénévole auprès des soeurs de la charité. Forte de mes expériences internationales et de mon bilinguisme, je suis entrée à la commission européenne en tant qu'administratrice de gestion. Je m'occupais alors des bailleurs de fonds publics des ONG.
Mon parcours étant devenu très attractif, j'ai postulé auprès d'une organisation dont j'avais beaucoup entendu parler et dont je partageais les valeurs morales, profondément humanistes. Mon profil les a séduits et j'ai ainsi été recrutée comme volontaire pour une mission d'urgence au Soudan.

En quoi consistait cette mission ?

J'étais responsable administrative d'un programme d'urgence. Mon rôle était donc de rendre des comptes aux bailleurs de fonds quant à l'utilisation qui était faite de l'argent alloué. En effet, il y a une grande exigence de transparence dans les comptes d'une ONG : on doit sans cesse prouver ses résultats.
Ainsi, après avoir conçu des outils d'évaluation sur place, je devais former mes collaborateurs à la collecte des indicateurs de résultats. Par la suite, je procédais à des évaluations et rédigeais des rapports d'activité.
Il faut savoir que les journées sont très longues car les besoins sont énormes. De ce fait, il est difficile de garder un équilibre entre sa vie personnelle et professionnelle.

Et comment s'est passé votre retour en France ?

A mon retour, je me suis dit que j'allais repartir avec cette ONG pour une autre mission humanitaire. Mais au bout de 3 mois de "repos", j'ai dû me rendre à l'évidence : j'étais épuisée et incapable de repartir tout de suite. Après avoir autant voyagé dans ma vie, je ressentais le besoin de me "poser" et de passer du temps avec ma famille. Par la suite, j'ai compris que j'aimerais repartir mais en tant que salariée et non plus en tant que bénévole. Pour mettre toutes les chances de mon côté, j'ai donc repris mes études et je termine actuellement un master 2 en ressources humaines. A la fin de ma formation, je compte bien postuler dans différentes ONG afin d'obtenir un poste salarié au siège.

Quelles sont, à votre avis les qualités indispensables pour évoluer dans l'humanitaire ?

Il faut être bilingue, polyvalent et expérimenté dans son domaine. D'un point de vu personnel, il faut être profondément altruiste, solidaire, très humble et à l'écoute.
Si l'on veut réussir dans ce domaine, il faut respecter les cultures et les hommes et surtout, se mettre à l'épreuve à l'étranger et privilégier les séjours linguistiques.