Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Antoine de Tournemire

Journaliste pigiste, Paris (75)
Date de l'interview : 01/03/2006

Etre journaliste c’est avoir un esprit d’analyse, le goût du jeu pour chercher et trouver rapidement des infos fiables.

Après de nombreuses années en tant que pigiste, Antoine de Tournemire cherche maintenant à intégrer une rédaction pour s'investir dans des papiers plus exigeants comme les enquêtes. Il revient sur son parcours...

Quels métiers vous faisaient rêver quand vous étiez adolescent ?

Je rêvais d'être concertiste comme mon oncle ou aviateur comme mon grand-père. Mais enfant paresseux et porteur de lunettes de surcroît, ces deux vocations ont fait long feu.

Pourquoi avez-vous choisi la filière du journalisme ?

Je voulais être utile. J'ai échoué à l'examen d'entrée de Sciences Po après une petite prépa d'été. Je me suis donc retrouvé en Lettres modernes à la Sorbonne. J'avais l'impression de laisser retomber la pression après la prépa. De plus, la lecture exclusive de livres a fini par m'ennuyer. Il fallait analyser les registres lexicaux du Père Goriot ou revenir sur la toilette de Nana... Difficile de sortir du "temps" comme ça. Je voulais être en prise avec mon temps, faire avancer les choses et ne pas être seulement un entomologiste. J'ai donc ensuite préparé une école de journalisme.

Quelle formation avez-vous suivie ?

Après mon DEUG, j'ai été pris à l'ESJ Paris pour une formation de deux ans. Je suis parti avant de faire la troisième année de spécialisation pour aller au Venezuela afin d'y être auditeur libre à la fac de Mérida et donner des cours de français. J'avais envie de voir le monde.

Comment avez-vous décroché votre 1er emploi dans le secteur (petite annonce, bouche à oreille, suite d'un stage, etc.) ? Votre poste actuel ?

Mon premier emploi s'est fait grâce à l'ESJ qui proposait des annonces pour des remplacements en agence à Nice Matin. J'ai donc sauté sur l'occasion quand j'ai vu qu'il y avait un poste dans un village du Haut-Var où je passais jadis mes vacances...
Mon poste actuel : des piges. J'ai décroché mon téléphone et pris mon courage à deux mains. Je suis donc freelance pour plusieurs "canards". Ni eux ni moi ne sommes très fidèles mais j'arrive à "fidéliser" VSD. Je travaille également pour Valeurs actuelles, Point de Vue, Max ou Politique internationale. Tout le plaisir est dans le changement !

Quels sont vos horaires de travail ?

Je m'installe devant mon PC entre 9 h et 10 h. Deux heures de déjeuner et d'activités diverses... puis reprise des piges. Je décroche à 19 h au plus tôt. Je peux faire des nuits blanches en cas de bouclage. Les journées 9 h-19 h sont le minimum.

Pouvez-vous décrire une journée type ?

Le matin, je réponds aux mails et je lis la presse et les sites de référence pour trouver des sujets et voir ce qui sort. J'essaye de déjeuner dehors pour voir mes amis ou des partenaires de travail. Cela permet de relancer des projets. L'après-midi, j'écris ou je téléphone.

Qu'aimez-vous particulièrement dans votre métier ?

J'aime rencontrer des gens, un peintre à la mode comme un commandant de sous-marin. C'est unique. Ce métier offre de vivre en suivant une formation permanente. Je suis payé pour lire et écrire, c'est vrai !

Quels sont les aspects moins plaisants ?

La solitude du pigiste sans doute et l'impression parfois d'arriver comme la 5e roue du carrosse. Après 10 ans de presse magazine, j'ai l'impression d'avoir fait le tour du sujet.

Selon vous, quelles qualités sont indispensables pour ce métier ?

La curiosité, naturellement. L'esprit d'analyse aussi et le goût du jeu, pour chercher et trouver l'info rapidement et de manière fiable.

Quels sont vos objectifs professionnels pour l'avenir ?

Je cherche actuellement à valoriser mon expérience dans la presse magazine (sa variété et son "recul" dû au rythme confortable de l'hebdomadaire) au profit d'un quotidien ou d'un magazine généraliste dans les rubriques Politique, Actualité, Amériques, Société ou Culture. En intégrant une structure, je souhaite m'investir dans des papiers plus exigeants comme les enquêtes, et entretenir un réseau afin de produire des papiers plus documentés.