Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Henry-Pierre Saulnier

Président de l'UDO, Union des opticiens, Paris (75)
Date de l'interview : 14/10/2010

L'opticien devra de plus en plus compléter ses connaissances, se former tout au long de sa vie, afin de s'adapter aux évolutions techniques.

L'UDO, syndicat patronal, a pour but de défendre, de valoriser et de faire évoluer la profession d'opticien. Avec son président, Henry-Pierre Saulnier, nous revenons sur les compétences de l'opticien et sur la vitalité du secteur de l'optique.

Quelles sont exactement les compétences de l'opticien ?

L'opticien exerce une profession polyvalente conciliant santé, service... et mode. Professionnel qualifié et indépendant, spécialiste de la vision par application des lois de l'optique physique, de l'optique physiologique, de l'optométrie et de la technologie, il formule, conçoit, réalise, adapte et contrôle tout équipement optique destiné à compenser les anomalies de la vision.
Pour toute personne de plus de 16 ans, l'opticien peut délivrer directement un équipement, sans prise en charge de la Sécurité sociale, en l'absence de prescription médicale ou avec prise en charge de la Sécurité sociale, à partir d'une ordonnance datant de moins de 3 ans et ne comportant aucune restriction de renouvellement.

Dans ces conditions, en quoi l'opticien se distingue-t-il de l'ophtalmologiste ?

L'opticien n'intervient pas dans le domaine médical qui est du ressort exclusif de l'ophtalmologiste. D'ailleurs, lorsqu'un client souffre d'une pathologie, par exemple diabète ou hypertension oculaire, l'opticien lui recommande de consulter un ophtalmologiste avant la réalisation de son équipement optique. Opticien et ophtalmologiste sont 2 professions complémentaires.

Où travaillent les jeunes opticiens diplômés ?

On les trouve principalement dans les magasins d'optique. Leur activité peut varier selon la taille du magasin : pour un grand nombre, dans des postes polyvalents, s'occupant tout à la fois du conseil, de la vente et du montage ; mais il existe aussi des magasins plus importants, où l'on trouve d'une part des monteurs, d'autre part des opticiens pour le conseil, la réfraction, la vente, la livraison et le suivi après la vente.
Par ailleurs, l'industrie de l'optique offre des débouchés intéressants en employant de nombreux opticiens. Enfin, quelques postes existent dans la recherche.

Le BTS en poche, est-il possible de s'installer à son compte ?

Dès sa sortie de l'école, l'opticien est libre de s'installer où il veut. Il est cependant conseillé de bien connaître son métier sur le terrain. Pour cela, il est souhaitable d'apprendre, pendant quelques années, les gestes professionnels dans différents types de structures (magasin indépendant, chaîne, etc.) et de prendre le temps de parfaire son projet d'installation.
L'opticien a également la possibilité d'acquérir une formation complémentaire via un CQP, certificat de qualification professionnelle technique ou commercial, une licence d'optique professionnelle puis un master de sciences de la vision (Paris Sud Orsay).

Comment se porte le secteur de l'optique-lunetterie ?

Notre secteur est réparti en 2 grands pôles : les magasins indépendants qui représentent 48 % des points de vente, les coopératives et franchises (46 %), auxquels il convient de rajouter et les magasins mutualistes (6 %).
Aujourd'hui, le taux de chômage des opticiens est faible et il est permis de penser que les opticiens auront demain de nombreux équipements à réaliser : l'augmentation de la population, l'allongement de la durée de vie, le développement des différents dépistages à tous niveaux et l'information au grand public sur l'intérêt d'avoir une bonne vision encouragent à l'optimisme. En revanche, notre secteur restera soumis à une concurrence de plus en plus vive avec très certainement une évolution des points de vente dont les surfaces vont augmenter.

Comment voyez-vous évoluer la profession dans les prochaines années ?

On a constaté ces dernières années l'évolution de la lunetterie passant de la "prothèse" à un accessoire de mode. C'est un point très positif qui ne doit pas pour autant nous faire oublier l'aspect technique, qui demeure essentiel.
L'opticien devra de plus en plus compléter ses connaissances, se former tout au long de sa vie, afin de s'adapter aux évolutions techniques, être un fin technicien face aux verres de plus en plus sophistiqués et savoir donner de bons conseils.
On peut aussi attendre une harmonisation avec nos pays voisins, notamment en matière d'optométrie.