Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Benoît Rousseau

Orthoptiste, Fontainebleau (77)
Date de l'interview : 01/09/2005

Après 10 ans en cabinet libéral, j'ai choisi de travailler en salarié en assistant un ophtalmologiste car la gestion d’un cabinet est lourde.

Après dix années d'exercice libéral, Benoît Rousseau a choisi de devenir orthoptiste salarié. Passionné par son métier, il y consacre même un site web www.orthoptie.net. Zoom sur son parcours et sa vision du métier...

Quel a été votre parcours d'études ?

J'ai décroché mon bac scientifique (à l'époque D) du premier coup. J'ai alors suivi une année de fac des sciences à Orsay où je me suis laissé un peu vivre. Puis je me suis orienté vers l'orthoptie où j'ai fait les 3 années d'études d'orthoptie à la faculté de Médecine de Paris.

Qu'est-ce qui vous attirait dans ce métier ? Et pourquoi pas l'ophtalmologie ?

J'ai toujours voulu travailler dans le domaine de l'optique. Ma passion d'adolescent était l'astronomie.
Je me suis inscrit en fac des sciences après le bac avec le secret espoir de devenir astronome professionnel. Mais ce fut un échec !
Le métier d'opticien ne m'intéressait pas (je n'ai vraiment pas la fibre commerçante) et je ne me voyais pas non plus faire dix ans d'études pour devenir médecin car j'étais trop paresseux !
Je me suis souvenu de mes séances de rééducation orthoptique et j'ai foncé vers l'orthoptie.

Quelles sont les différences / les limites de pratique entre l'orthoptie et l'ophtalmologie ?

L'ophtalmologiste est un médecin, l'orthoptiste un professionnel paramédical, un auxiliaire médical. L'orthoptiste ne travaille que sur prescription médicale et son champ d'activité est défini et limité par un décret de compétence. Ce sont deux professionnels complémentaires et de plus en plus indissociables.

Comment et en quelle année avez-vous trouvé votre 1er emploi ?

J'ai débuté en 1990, soit un an après la fin de mes études (service national oblige), grâce à mes relations.

Travaillez-vous actuellement en libéral ou en tant que salarié ? Pourquoi avez-vous fait ce choix ?

Après 10 ans en cabinet libéral, j'ai fait le choix de travailler en salarié. Après ces 10 premières années d'exercice, j'avais un peu l'impression d'avoir fait le tour de la question, parce que je n'ai jamais été un bon gestionnaire et que la gestion d'un cabinet est lourde. Je pense que la manière dont je travaille avec mon employeur actuel est l'avenir de la profession : j'assiste un ophtalmologiste.

Quels sont les troubles de la vision que vous traitez le plus souvent ?

A l'origine, les orthoptistes traitent l'ensemble des troubles de la vision binoculaire : strabismes, amblyopies*, asthénopies**, etc.
Par la suite, ils ont été autorisés à effectuer un certain nombre d'actes d'exploration de la fonction visuelle (champs visuel, vision des couleurs) ainsi qu'à prendre en charge les patients malvoyants.
Plus récemment, les orthoptistes ont été autorisés à s'occuper de la réfraction, c'est-à-dire à déterminer la correction optique nécessaire aux patients.
Tous les orthoptistes n'exercent pas de la même façon. Au court de ma période libérale, mon activité était plutôt centrée sur le strabisme et la vision binoculaire. Depuis que j'exerce en tant qu'assistant d'un ophtalmologiste, mon activité est nettement plus concentrée sur la réfraction et les actes d'exploration.

Quel est votre rythme de travail ?

Je travaille de 8 h 30 du matin à 19 h 30 du lundi au vendredi et un samedi sur deux. Mais j'ai 8 semaines de congés payés ! Je reçois entre trois et quatre patients par heure.

A quels revenus peut-on prétendre en débutant ? Et après quelques années ?

Un revenu de 1500 euros nets par mois en début de carrière pour un orthoptiste salarié me paraît un minimum. La progression se fait ensuite à l'ancienneté et/ou selon la satisfaction de l'employeur (cela est différent dans la fonction publique). En libéral, cela est très différent et dépend de l'activité. Un acte orthoptique moyen coûte 14 euros.

Qu'est-ce qui vous plaît le moins dans votre métier ?

L'incivilité des patients qui, de plus en plus, ne viennent pas à leur rendez-vous. Mais cela doit malheureusement être une conséquence de la société dans laquelle on vit et n'est pas spécifique à l'orthoptique !

Et qu'appréciez-vous le plus ?

Participer à la prise en charge thérapeutique d'un patient... soigner, quoi ! Il est indéniable que prendre en charge l'amblyopie d'un jeune enfant est une tâche des plus gratifiantes.

 

* Amblyopie : affaiblissement de la vue.
** Asthénopie : fatigue de l'œil.