Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Pascal Macrez

Formateur auprès d'aides-soignants, Paris (75)
Date de l'interview : 15/02/2010

L’hôpital regroupe 60 à 70 % des aides-soignants dans des services aussi différents que l'orthopédie, les urgences, l'accueil ou la blanchisserie !

Après avoir été lui-même aide-soignant pendant 15 ans, Pascal Macrez continue de vanter les mérites d'une profession encore mal connue et reconnue malgré un quotidien varié et riche en contacts humains...

Quel cursus d'études avez-vous suivi ?

Après un bac techno en biologie, j'ai suivi une première année d'études en institut de formation en soins infirmiers car j'avais envie de me lancer dans la fonction infirmière. Des circonstances personnelles m'ont contraint à la fin de cette première année réussie à chercher rapidement du travail. Comme j'avais validé ma 1re année, je pouvais obtenir, par équivalence, le diplôme d'Etat d'aide-soignant. Cela m'a permis de trouver tout de suite un emploi.

Quel a ensuite été votre parcours professionnel ?

J'ai été aide-soignant pendant 15 ans. Puis j'ai commencé à faire des interventions dans des journées de formation d'aides-soignants. Et j'ai eu envie de reprendre mes études : en 2000, j'ai donc préparé un diplôme universitaire dans le domaine de la communication hospitalière. J'ai enchaîné par une licence en psychologie du travail que j'ai obtenue l'an passé. Je pense maintenant continuer par un master.
Parallèlement à mes études, je suis devenu formateur auprès d'aides-soignants et de cadres infirmiers. J'interviens en formation initiale pour les premiers, et lors de journées de formation continue pour les seconds. Je fais également parti du comité de rédaction de la revue Aide-soignante pour laquelle j'écris ou je coordonne des dossiers. Enfin je rédige ponctuellement des articles dans la revue de l'infirmière.

Vous avez aussi créé un portail d'informations destiné aux aides-soignants. Pourquoi ?

En 2000, mon mémoire d'études portait sur le besoin de reconnaissance de la profession aide-soignante. Une fois l'étude terminée, je me suis dit qu'il serait intéressant de diffuser ces résultats à un public le plus large possible. J'ai donc eu l'idée de créer le site web aide-soignant.com.

Quelles sont les qualités attendues d'un aide-soignant ?

De façon générale, il faut faire preuve de grandes qualités humaines (patience, écoute) et avoir le goût du contact. C'est un métier qui demande de s'investir pleinement. Il faut aussi une bonne condition physique car l'aide-soignant passe son temps debout, se déplace très souvent, et est amené à porter un patient de son lit à un fauteuil par exemple.
De plus en plus, l'aide-soignant doit utiliser l'outil informatique et tenir à jour les dossiers de soins. Etre à l'aise à l'écrit et avec l'outil informatique devient indispensable.

A quoi ressemble le quotidien d'un aide-soignant ?

La diversité des lieux d'exercice rend la profession attractive et variée. Le milieu hospitalier regroupe 60 à 70 % des aides-soignants dans des services aussi différents que l'orthopédie, les urgences, l'accueil du public ou la blanchisserie ! Les autres postes de répartissant entre les services et hôpitaux spécialisés (par exemple les centres de rééducation fonctionnelle), les établissements du secteur social (maisons de retraite) ou le domaine de l'extra-hospitalier (maintien et hospitalisation à domicile).
La pratique professionnelle varie ainsi en fonction du lieu où l'on exerce et de la pathologie soignée : aide aux soins infirmiers, aide à la toilette, soins techniques, distribution des repas, aide à la vie quotidienne, recueil administratif de données, etc.

Quels les aspects les plus difficiles du métier ?

Les contraintes horaires sont indéniablement un frein, l'idéal pour beaucoup étant de trouver un travail à horaires fixes (8 h à 15 h ou 15 h à 22 h). Cela est possible dans les établissements privés ou dans le cadre d'une mission en maintien à domicile. Dans la fonction publique hospitalière, un système de garde est organisé (nuits, week-ends, roulement des horaires, etc.).
La fatigabilité est aussi à prendre en compte : les déplacements, l'aide physique apportée aux patients, la marche ne manquent pas ! Il faut aussi être fort mentalement pour faire face à des situations de vie parfois critiques.

Quelles sont les évolutions de carrière possibles ?

La grande majorité des aides-soignants choisissent de le rester tout au long de leur carrière. C'est en changeant d'établissements ou de services qu'ils diversifient et enrichissent leurs pratiques.
L'envie de devenir infirmière est forte chez 10 à 15 % des pros. Elles peuvent l'envisager dans le cadre de la formation continue dans la fonction publique hospitalière.
Certaines font aussi le choix de se tourner vers le métier d'auxiliaire de puériculture. La formation d'aide-soignant et celle d'auxiliaire de puériculture ont des cours en commun, la formation à suivre pour passer de l'une à l'autre est donc courte.

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes tentés par la profession ?

J'encourage vivement tous ceux qui s'intéressent à la relation humaine et qui veulent être utiles à se lancer dans la formation d'aide-soignant. La gratification est immédiate dans la relation établie avec le patient... et la garantie de l'emploi, un facteur à ne pas négliger non plus. Et pour y parvenir, une seule année de formation suffit.