Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Alexandrine Saint-Cast

Psychomotricienne, Paris (75)
Date de l'interview : 01/09/2005

Mon métier est particulièrement dynamique et la formation continue y est très développée ce qui me permet de toujours évoluer.

Le désir de rencontrer les autres et la diversité des pratiques thérapeutiques ont mené Alexandrine Saint-Cast à une carrière de psychomotricienne.

Quel a été votre parcours d'études ?

Avant de préparer le diplôme d'Etat indispensable à la pratique du métier, j'ai obtenu un bac A. Actuellement, un bac scientifique est cependant préférable.
Je souhaitais exercer un métier d'aide et de soins et faire des études relativement courtes, en regard de celle de médecine, par exemple. J'ai peu hésité une fois cette profession rencontrée, et encore moins après m'être engagée dans les études qui sont passionnantes.

Qu'est-ce qui vous attirait dans ce métier ?

J'étais attirée par le contact, la rencontre avec une grande diversité de patients, la large palette aussi des modes d'exercice, l'innovation. Les études sont particulièrement intéressantes et diversifiées car il s'agit d'y acquérir des savoirs, des savoir-faire mais aussi des savoir-être.
La théorie n'est pas décalée de la réalité du métier : la pratique, le développement personnel y jouent un rôle central car les techniques de thérapie sont apprises par la découverte et la pratique personnelle (médiations thérapeutiques, relaxation, par exemple).
De plus, la psychomotricité est la plus récente des professions paramédicales. Elle est donc particulièrement dynamique et la formation continue y est très développée, ce qui permet de toujours évoluer en fonction des progrès scientifiques en neurologie, psychiatrie, connaissance du développement de l'enfant. Les avancées y sont nombreuses.

Quelles sont les qualités attendues chez une psychomotricienne ?

Je dirais : le sens de la relation, le désir de rencontrer les autres, savoir s'auto évaluer, être patient, savoir s'adapter, avoir de l'imagination.

Comment et en quelle année avez-vous trouvé votre 1er emploi ? A temps plein ou à temps partiel ?

Nous sommes depuis longtemps en situation de plein emploi. La majorité des psychomotriciens travaillent à temps plein avec 2 lieux d'exercice, ce qui est un attrait de plus dans la diversité.
Pour ma part, j'ai commencé à temps plein 2 semaines après le diplôme d'Etat en 1985, dans une institution pour enfants déficients intellectuels.
Actuellement, j'exerce en consultation de ville (en libéral) auprès d'enfants, d'adolescents et d'adultes. Malgré l'absence de remboursement par la Sécurité sociale, mais avec la prise en charge de plus en plus fréquente par les mutuelles, nous avons tant de demandes que 2 personnes travaillent maintenant avec moi.

A quoi ressemble une journée type d'une psychomotricienne ?

Les séances, en individuel et/ou en groupe, par des techniques variées ou au moyen de médiations artistiques ou sportives (danse, équitation thérapeutique, art-thérapie, etc..) rythment nos journées.
Nous participons aussi aux réunions de synthèse, temps de partage très important avec nos collègues de l'équipe pluridisciplinaire, et recevons les familles.
Nous travaillons toujours en équipe, sur prescription médicale. La psychomotricité ne peut s'exercer seule.

Comment répartissez-vous votre temps entre vos différentes activités ?

La répartition peut-être celle-ci : 70 % du temps auprès des patients et de leur famille. Le reste se partage entre les préparations des séances, les contacts avec les collègues, les écrits, l'administratif.

Quels sont les troubles que vous traitez le plus souvent ?

Pour ma part, je travaille auprès d'enfants habituellement scolarisés qui souffrent de dysharmonies fines du développement psychomoteur, qui entraînent des troubles de l'adaptation scolaire et des apprentissages, en lien avec des difficultés psycho-affectives (surdoués, inhibitions, troubles de l'organisation spatio-temporelle, bégaiement, etc.).
Les séances vont de 30 à 60 minutes, en fonction des besoins et des possibilités des patients, des techniques utilisées.

Le travail diffère-t-il beaucoup selon le type d'établissement dans lequel vous travaillez ?

Oui, car les institutions sont adaptées aux difficultés, aux âges, aux caractéristiques des patients.
Par exemple, avec des enfants, des adolescents ou des adultes handicapés ou souffrant de troubles de la personnalité, les médiations thérapeutiques sont très développées : équitation thérapeutique, travail psychomoteur dans l'eau, musicothérapie, danse-thérapie, arts martiaux, théâtre, etc.
Dans les institutions, des groupes de co-thérapie sont souvent organisés avec un "couple thérapeutique" formé d'un psychomotricien et d'un autre membre de l'équipe : orthophoniste, éducateur, psychiatre ou psychologue.

Qu'est qui vous plait le moins dans votre métier ?

Peut-être un manque de valorisation sociale que nous partageons avec les autres métiers de soins et de l'enfance. Comme en témoignent les salaires qui restent bas, alors que nos pratiques sont utiles et efficaces.

Et le plus ?

J'apprécie les rencontres et aussi les moments où le patient abandonne son symptôme et donc un peu de l'angoisse qui le freinait.