Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Jean-Louis Bagot

Secrétaire général des Compagnons du Tour de France, Paris (75)
Date de l'interview : 01/01/2006

Aujourd'hui comme hier, "Compagnon" signifie compétence professionnelle et droiture humaine.

Il évoque les fédérations du compagnonnage, les formations et les débouchés possibles dans le secteur du bâtiment...

Quelles sont les différentes fédérations de compagnons existantes ?

Il existe trois mouvements compagnonniques modernes, héritiers de la tradition compagnonnique, chacun ayant développé ses propres spécificités. La Fédération Compagnonnique des métiers du bâtiment (FCMB) concerne les métiers du bâtiment et de l'ameublement. L'Association ouvrière des compagnons du devoir (AOCD) forme en plus dans les métiers de la mécanique, du cuir et de bouche.
L'Union Compagnonnique des devoirs unis (UCDDU) offre, quant à elle, une plus grande variété de métiers préparés en plus des métiers traditionnels, bâtiment et métiers de bouche, des métiers du domaine de l'artisanat d'art.

Pouvez-vous présenter rapidement les Compagnons du Tour de France ?

La fédération Compagnonnique créée en 1952 regroupe cinq sociétés issues des sociétés compagnonniques oeuvrant depuis le Moyen Age. Elle perpétue la tradition et les valeurs du compagnonnage pour former, à la fois en termes de savoir-faire et de savoir-être, des hommes aptes à accéder aux postes d'encadrement des entreprises.

Combien de candidatures recevez-vous chaque année ? Pour combien de places ?

Au niveau du compagnonnage, les trois mouvements accueillent plus de 2.000 jeunes chaque année et ce nombre peut être augmenté sans problème tant les besoins des entreprises sont importants.
Pour pouvoir être candidat, il convient de respecter une condition préalable : être titulaire d'un niveau professionnel au moins égal au CAP ou BEP du métier envisagé. Nous souhaitons donner leur chance à chaque jeune à partir du moment où celui-ci fait preuve d'une motivation à vouloir progresser dans son métier.

Comptez-vous des femmes parmi les compagnons ?

Les femmes sont présentes dans le compagnonnage depuis toujours. Il s'agit des mères, femmes de Compagnons ayant reçu une initiation, ou des dames hôtesses qui assurent dans les sièges compagnonniques, l'accueil des jeunes ou itinérants. En ce qui concerne les femmes compagnons, cela est devenu une réalité en 2004, année où l'AOCD a accueilli les premières jeunes femmes sur le Tour de France.

En quoi consiste le compagnonnage ?

Le compagnonnage permet à chaque individu l'accomplissement de ses possibilités culturelles et spirituelles, grâce à l'exercice de son métier. C'est la combinaison d'une formation technique de pointe et d'un enseignement théorique et philosophique qui fait du compagnon un homme épanoui, capable de comprendre et de s'adapter aux changements et aux innovations du métier qu'il a choisi de maîtriser.
Aujourd'hui comme hier, "Compagnon" signifie compétence professionnelle et droiture humaine. Pour devenir Compagnon, le jeune devra posséder un diplôme professionnel et faire son Tour de France. Après avoir travaillé dans plusieurs entreprises et partagé la vie des autres itinérants dans les sièges compagnonniques, il sera "adopté" (au sein d'une société compagnonnique) puis le moment venu, il demandera à être reçu compagnon en présentant une maquette ou chef d'œuvre, fruit de sa maîtrise de son métier. Il poursuit son Tour de France pour se perfectionner et transmettre aux autres itinérants ce que lui-même a reçu tout au long de son parcours en termes de connaissances et de valeurs, avant de se sédentariser.

Quels sont les cours dispensés ?

Les jeunes suivent des cours de formation professionnelle ainsi que des cours de formation culturelle tant au niveau du métier que de la culture générale. Dans le cadre de leur Tour de France, les jeunes itinérants, durant chaque étape (de six mois à un an), accomplissent un parcours de travail et de formation : ils travaillent dans une entreprise, ils se forment dans celle-ci et en dehors, pour partie pendant le temps de travail, pour partie hors temps de travail, le soir et le samedi. Ils découvrent ainsi la diversité des pratiques professionnelles, régionales, culturelles et humaines.

Le Tour de France est-il obligatoire pour devenir Compagnon ? Combien de temps dure-t-il ?

Oui, le Tour de France, qui devient de plus en plus un Tour d'Europe, reste le passage obligé pour devenir Compagnon du Tour de France. Ce Tour de France qui est un parcours de travail et de formation, dure, en moyenne, de 4 à 6 ans.

Quels sont les temps forts de la formation des Compagnons ?

Les temps forts de la formation des Compagnons sont intimement liés aux oeuvres réalisées à l'occasion des changements d'état au sein du compagnonnage : la "1ère maquette" est réalisée pour l'adoption, c'est-à-dire pour le passage de l'état de stagiaire à l'état d' "aspirant" puis la maquette de réception ou chef d'œuvre pour l'accès au grade de "Compagnon".

A quels diplômes préparez vous ?

Les diverses périodes de formation peuvent être validées par un titre ou un diplôme d'un ministère, une certification ou attestation reconnue par une profession : titre professionnel du ministère en charge de l'emploi, brevet professionnel (BP), bac pro, brevet de technicien supérieur (BTS) du ministère chargé de l'éducation, certificat de qualification professionnel (CQP) d'une branche professionnelle, brevet de maîtrise reconnu par une chambre des métiers et depuis la rentrée de septembre 2005, en partenariat avec l'université de Limoges, à la licence professionnelle DMRB (diagnostic, maintenance, réhabilitation du bâtiment).

A quels métiers formez vous ?

Pour ce qui concerne la FCMB, nous formons aux métiers suivants : charpentier, menuisier, ébéniste, maçon, carreleur, tailleur de pierre, plâtrier, staffeur, couvreur, serrurier-métallier, plombier, chauffagiste, peintre-vitrier.

Quels sont les postes occupés par les Compagnons à la fin de leur Tour de France ?

Une étude menée auprès des Compagnons en activité nous renseigne sur les postes occupés par ceux-ci : 43 % sont artisans, 36 % occupent un poste d'encadrement, 10 % sont enseignants ou formateurs, 6 % travaillent en bureau d'étude ou de contrôle, 5 % occupent des postes divers.