Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Julie Legendre

Responsable du service formation de la FFB Ile-de-France, Paris (75)
Date de l'interview : 01/01/2006

Compte tenu de la pyramide des âges, tous les métiers du bâtiment recruteront massivement dans les dix prochaines années.

Cette professionnelle fait le point sur les actions de sensibilisation des jeunes au secteur du bâtiment et dresse un panorama des métiers et les perspectives de carrière...

Quel est le rôle de votre service ?

Ce service a pour mission principale d'informer et conseiller les entreprises adhérentes sur la réglementation de la formation, les voies de formation (formations temps plein, formations en alternance), les différents dispositifs (contrat d'apprentissage, contrat de professionnalisation, contrats jeunes...), les organismes de formation...
Ce service mène, par ailleurs, des actions auprès des pouvoirs publics et notamment de l'Education nationale pour promouvoir les métiers et les formations du bâtiment. Dans ce cadre, la fédération a développé des liens avec les rectorats de Paris et Créteil pour valoriser les métiers du bâtiment et mieux informer les acteurs de l'orientation et donc les jeunes.

Quelle est l'offre de formation dans le secteur du bâtiment proposé en Ile-de-France ?

On recense 24 CFA spécialisés BTP dont 7 multi-corps d'Etat, et 147 lycées, Ecoles et IUT formant à un métier du bâtiment en Ile-de-France. Ceci représente environ 22.000 jeunes en formation actuellement. On compte aussi près d'une centaine de formations bâtiment allant du niveau V (CAP/BEP) au niveau I (masters, diplômes d'ingénieur).

Quels sont les services proposés par le "Point rencontre jeunes bâtiment" ?

Le point rencontre jeune reçoit des jeunes sur rendez-vous afin de les aider à choisir leur orientation, en fonction de leur niveau de formation et de leur intérêt pour les différentes spécialités du bâtiment. Dans ce cadre, il les informe sur les différents métiers qu'offre le secteur et les formations pour y accéder.
Il facilite aussi la mise en relation des jeunes et des entreprises par la diffusion d'un bulletin de liaison deux fois par mois aux grandes entreprises et aux organisations professionnelles et par une mise en ligne sur Internet des candidatures des jeunes. Il reçoit les offres des entreprises qui souhaitent accueillir ou former des jeunes et leur transmets les candidatures des profils souhaités.
Enfin, il participe à un certain nombre de manifestations extérieures organisées par les municipalités, les collèges, les missions locales au cours desquelles il est amené à présenter le secteur, les métiers et les formations.

Quelles sont les professions qui vont recruter dans les années à venir ?

Compte tenu de la pyramide des âges dans le bâtiment (l'âge moyen est de plus de 41 ans), on peut dire que tous les métiers du bâtiment vont être amenés à recruter massivement dans les dix prochaines années.
Les profils les plus recherchés sont les ouvriers qualifiés du gros oeuvre, de la finition, de la métallerie, de la couverture, des installations sanitaires, du génie climatique et de l'électricité avec des niveaux de diplôme V (CAP/BEP) et IV (bac pro /BP) notamment dans les équipements techniques.
Au niveau de l'encadrement de chantier, les profils les plus recherchés sont les chefs de chantier, les conducteurs de travaux et les métreurs/chargés d'affaires avec des niveaux de diplôme allant de III (BTS) à I (diplôme d'ingénieur, master).

Les femmes sont-elles nombreuses dans le secteur ?

Elles représentent aujourd'hui près de 10 % des effectifs. Encore trop peu de femmes viennent vers nos métiers considérés traditionnellement comme des métiers masculins car très physiques. Or, beaucoup d'entre eux ont évolué techniquement et sont aujourd'hui accessibles aux femmes notamment les métiers du second oeuvre (finitions surtout), de l'équipement technique (électricité, génie climatique...), de la conduite d'engins.
Nous tentons de les sensibiliser aux opportunités que leur propose notre secteur via des réunions d'information dans des établissements scolaires, des missions locales, des associations, lors de forums emploi-formation, etc.

Quels arguments pourriez-vous évoquer pour inciter les jeunes à tenter leur chance dans cette filière ?

Le bâtiment est le premier employeur de France et va être amené à recruter massivement dans les années à venir. Et dans ce secteur, les salaires sont en moyenne plus élevés que dans d'autres secteurs eux aussi en tension. A titre d'exemple, un salarié titulaire d'un CAP embauché comme ouvrier professionnel gagne en moyenne 19.400 euros par an. Un salarié titulaire d'un BP ou d'un bac pro, embauché comme compagnon professionnel perçoit en moyenne 21.400 euros par an. Au niveau de l'encadrement, le salaire moyen d'un chef de chantier (BTS) est de 29.300 euros /an et celui d'un conducteur de travaux de 46.000. A ces rémunérations s'ajoutent diverses indemnités versées notamment pour le travail sur les chantiers (transport, trajet, repas...) qui s'élèvent en moyenne à 2.700 euros/an.
Par ailleurs, le bâtiment offre de nombreuses opportunités passionnantes : concevoir, bâtir, restaurer, créer, encadrer, diriger. C'est aussi l'un des rares secteurs où un jeune qui a du talent, un esprit d'entreprendre, peut commencer comme ouvrier professionnel, évoluer comme chef d'équipe et ensuite devenir chef d'entreprise. Je rappellerai à cet égard qu'une entreprise sur deux sera à reprendre dans les dix années à venir, ce qui offre de formidables perspectives d'avenir pour les jeunes prêts à s'investir dans notre profession. C'est un secteur où la personnalité de chacun se reflète dans son travail.
Je pourrais aussi vous dire que se sentir bien, dans une équipe solidaire est un trait caractéristique du bâtiment. Enfin, le bâtiment se transforme, évolue. Il offre des réalisations variées et des expériences humaines multiples.