Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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domaine

Les métiers du bâtiment

Domaines : BTP - Architecture, Environnement - Aménagement - Propreté
Décembre 2015
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Panorama du secteur

Le bâtiment est un secteur essentiel de l'économie française qui reste créateur d'emplois malgré la crise.

Le bâtiment représente un secteur de poids dans l’économie française. En 2014, le montant de la production du secteur s’est élevé à 124 milliards d’euros (soit près de 5 % du PIB), selon la FFB. Les chantiers réalisés à l’export sont également très importants, avec 7,8 milliards d’euros de travaux réalisés sur des marchés extérieurs en 2013.

Les activités du bâtiment concernent la construction de logements (individuels et collectifs), mais pas seulement. Une partie non négligeable du chiffre d’affaires du secteur (16 % en 2014), provient également de la construction d’édifices non destinés au logement, tels que bâtiments industriels ou agricoles, bureaux, commerces ou locaux de services publics. Par ailleurs, la construction n’est pas la seule activité du bâtiment. Une part très importante du chiffre d’affaires du secteur est en effet réalisée dans des travaux d’entretien et de rénovation du bâti existant.

En 2014, le bâtiment réalisait :

  • 56,5 % de son chiffre d'affaires total dans les travaux d'amélioration et d'entretien d'édifices existants ;
  • 43,5 % dans le domaine de la construction neuve (construction de logements en tête).

Même si le secteur du bâtiment français compte de grands groupes multinationaux, la vaste majorité des entreprises sont des TPE ou des entreprises individuelles. En 2013, selon la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), 98 % des entreprises du bâtiment comptaient moins de 20 salariés. Les entreprises individuelles en constituent plus de la moitié, en raison notamment de la forte croissance du nombre d’entreprises créées sous le statut d’auto-entrepreneur.

Repère
25 % des professionnels du bâtiment sont artisans.
31 % des salariés exercent dans le gros œuvre.
98 % des entreprises du bâtiment ont moins de 20 salariés.

Le bâtiment a été fortement touché par la crise qui affecte l’économie mondiale. Ses activités restent marquées par un fort ralentissement par rapport aux niveaux d’avant 2007. En 2014 encore, le secteur a connu un recul de - 4 % de son activité. Les perspectives sont néanmoins plus positives pour l’année 2016, pour laquelle la reprise de constructions neuves (notamment de logements individuels) est envisagée.

Malgré ces difficultés, le bâtiment demeure un important pourvoyeur d’emploi en France. Le secteur prévoit de recruter 70 000 personnes par an dans les années à venir, notamment pour remplacer les départs à la retraite. De nombreux chefs d'entreprises déclarent de plus connaître des difficultés pour trouver le personnel qualifié dont ils ont besoin. En effet, alors que les différentes activités du bâtiment demandent des compétences de plus en plus élevées, le secteur souffre d’une méconnaissance qui freine l’orientation des jeunes vers ses métiers.

Le bâtiment en Ile-de-France

L’Ile-de France concentre une grande partie des entreprises du bâtiment. En 2013, selon l’observatoire du BTP, la région rassemblait plus de 91 000 entreprises du secteur, soit 19 % des entreprises du territoire national. Leur chiffre d’affaires s’élevait en 2013 à près de 31 milliards d’euros, dont 61 % résultant de travaux d’entretien et de rénovation de bâtiments existants (très nombreux en Ile-de-France, ce qui explique le poids de cette activité dans la région) et 39 % de travaux de construction de bâtiments neufs.

L’effectif total du secteur du bâtiment en Ile-de-France était en 2014 de plus de 280 000 personnes, dont plus de 222 000 salariés, selon la FFB Grand Paris. Parmi les salariés des entreprises du bâtiment, 67 % exercent des métiers de « production », le reste étant des fonctions administratives ou d’encadrement (source : CEP bâtiment, données pour l’année 2010). Parmi les métiers de la production, ceux qui rassemblent le plus grand nombre d’employés en Ile-de-France sont les maçons (plus de 29 000 personnes), peintres (plus de 18 000) et électriciens (plus de 17 000).

Des emplois liés aux chantiers du Nouveau Grand Paris

Le projet du Nouveau Grand Paris prévoit dans les 20 ans à venir la construction et la mise en service en Ile-de-France d’un nouveau réseau de transports de 205 kilomètres et de 72 gares. Il doit contribuer à construire 75 000 nouveaux logements, qui pourront accueillir 1,5 million d’habitants à l’horizon 2030.

Selon le Contrat d’études prospectives (CEP) réalisé en 2014 par la Direccte et les organisations professionnelles du bâtiment, les travaux liés au Nouveau Grand Paris permettront de créer plus de 26 000 emplois supplémentaires dans le bâtiment en Ile-de-France à l’horizon 2020. Sur la même période, près de 60 000 emplois devraient également être proposés par les entreprises du secteur pour renouveler le personnel parti à la retraite.

 

Une trentaine de métiers

Le secteur du BTP réunit une trentaine de métiers principaux, répartis en 3 grandes familles de fonctions : les fonctions commerciales, les fonctions d'études, les fonctions de réalisation sur le chantier.

Les métiers du chantier (coffreur-boiseur, plombier, électricien, chef de chantier, etc.) sont souvent accessibles dès le CAP. Par la suite, l'ascenseur social fonctionne très bien : tout au long de sa carrière, le professionnel peut gravir les échelons de la hiérarchie et obtenir davantage de responsabilités. Un nombre significatif d'ouvriers du bâtiment finit même par créer sa propre entreprise artisanale.

Bon à savoir
Les spécialités des métiers de chantier sont désignées comme des « corps de métiers » ou « corps d’état ». Les entreprises du bâtiment peuvent ainsi être spécialisées dans un seul corps de métiers, ou dans plusieurs. On parle alors d’entreprises « tous corps d’état ».

Les fonctions d'études (technicien de bureau, métreur, ingénieur du génie civil, etc.) et les fonctions commerciales (ingénieur d'études de prix, chargé d'affaires, etc.) font appel à des professionnels plus qualifiés, titulaires au minimum d'un diplôme bac + 2, plus souvent d'un bac + 5.

Les fonctions commerciales (chargé d'affaires, responsable commercial, technico-commercial) sont indispensables à la bonne santé des entreprises car leur mission est de décrocher de nouveaux marchés ! Avec un niveau bac + 2 (BTS bâtiment ou DUT génie civil) et quelques années d'expérience, vous pouvez débuter comme commercial. Pour des postes à responsabilité ou des chantiers d'ampleur, ce sont des diplômés bac + 5 qui sont recherchés (école d'ingénieur, école de commerce, etc.).

Le bâtiment a besoin de filles !

On dénombre 11,2 % de femmes dans le bâtiment en 2013, selon la Capeb. Parmi elles, 10 % exercent dans des fonctions de la production (ouvriers d’exécution, ouvriers et compagnons professionnels, maîtres ouvriers) ; 11 % dans des fonctions d’ingénieurs et cadres ; 79 % dans des fonctions d’employés et de techniciens.

Entre 2007 et 2013, la proportion de femmes parmi les salariés du bâtiment a augmenté de 8 %. Cette progression est en particulier à attribuer à la politique volontariste de la profession, qui  mène de nombreuses actions pour inciter les jeunes filles et les femmes à faire carrière dans le bâtiment.

Des efforts restent néanmoins à faire pour lutter contre les préjugés sur les métiers de chantiers, réputés plus « masculins ». Les conditions de travail pour les ouvriers du bâtiment se sont pourtant grandement améliorées grâce à la mécanisation, aux engins de levage, aux matériaux et aux conditionnements plus légers... Aujourd’hui, les femmes ont toute leur place dans les métiers du bâtiment en tant que grutières, couvreuses, maçonnes, chargées d’affaires, conductrices de travaux ou chefs d’entreprise !

L’accès aux métiers du bâtiment : formations et recrutements

Le secteur du bâtiment offre la particularité de proposer un large éventail de diplômes et des métiers accessibles à tous les niveaux de formation. Du CAP au diplôme d’ingénieur, les choix proposés en formation initiale sont nombreux et peuvent aussi bien être suivis en alternance (en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation) que sous statut scolaire. Les diplômes sont en constante évolution et intègrent les nouveaux enjeux du secteur : mécanisation accrue et utilisation de nouvelles technologies, transition énergétique...

Bon à savoir :
Une fois entré dans la vie active, il est possible de continuer à se former, afin notamment de se spécialiser, d’évoluer vers d’autres métiers, de progresser dans la hiérarchie, ou de créer son entreprise. Dans le secteur du bâtiment, de nombreux titres professionnels ainsi que des certificats de qualification professionnelle (CQP) sont proposés par la voie de la formation continue.

En 2013, en Ile-de-France, 37 500 jeunes ont suivi une formation initiale relative aux métiers du BTP, selon une étude sur les « modes d’alimentation des métiers du bâtiment » réalisée par Défi métiers (le Carif-Oref francilien). Parmi eux, 23 000 ont suivi une formation de niveau IV (62 %), 8 600 une formation de niveau V (23 %) et 5 500 une formation de niveau III (15 %). Les trois quarts ont suivi leur formation sous statut scolaire. L’apprentissage concernait principalement les formations de niveau V et les spécialités de formation du bâtiment « construction et couverture » et « finition ». 

 

Recrutements : l'expérience et le diplôme facilitent l'insertion

Dans le cadre de son étude, Défi métiers (le Carif-Oref francilien) a interrogé des employeurs franciliens du bâtiment. Ceux-ci affichent un « discours ambivalent » sur la question du diplôme. En effet, au cours d’entretiens, nombreux sont les chefs d’entreprise ayant déclaré porter un faible intérêt au diplôme, notamment au moment du recrutement. Les employeurs affichent ainsi une préférence pour l’expérience professionnelle. La fiabilité et la motivation des candidats sont également recherchées, notamment pour les plus jeunes. Ces exigences expliquent que les entreprises du secteur recourent largement à la cooptation pour leurs recrutements (recherche de candidats par le bouche à oreille, en faisant appel à leur réseau, à d’autres chefs d’entreprise ou à leurs salariés).

Pour certaines professions réglementées, comme celle de géomètre, les employeurs recrutent néanmoins en priorité des candidats formés à ce métier. De plus, notent les auteurs de l’étude, le diplôme est une garantie d’insertion, notamment pour les métiers dont la technicité s’est renforcée (utilisation de nouveaux matériaux, robotisation, géothermie, bâtiments à énergie positive...).

Le niveau de diplôme joue également un rôle dans l’insertion. Ainsi selon l’enquête  « Génération 2010 » du Céreq, seuls 64 % des diplômés de formations du BTP de niveau V sont en emploi trois ans après leur sortie de formation, contre 70 % des bacheliers professionnels et 79 % des détenteurs d’un diplôme de niveau III. A noter enfin : lors d’un recrutement, la possession d’un diplôme fera la différence entre deux profils d’expérience identique.

Repère

Les métiers du bâtiment qui rencontrent les plus grandes difficultés de recrutement en Ile-de-France (Source : enquête Pôle emploi BMO 2015) :

charpentiers métal (85,3 % de recrutements jugés difficiles)

charpentiers bois (83,1 %)

couvreurs (75,6 %)

professionnels du travail de la pierre (55,9 %)

chefs de chantier, conducteurs de travaux (55,3 %)

Des métiers qui verdissent

Le secteur du bâtiment (résidentiel et non résidentiel) est responsable de 44 % de la consommation d’énergie en France en 2013 et de près de 20 % des émissions de gaz à effet de serre en 2012. Face aux enjeux majeurs du réchauffement climatique et des économies d’énergie, le secteur du bâtiment fait l’objet de nombreuses réglementations depuis quelques années. Celles-ci ont notamment été mises en place dans le cadre des lois « Grenelle 1 et 2 » (2009 et 2010) complétées, plus récemment, par la loi « Transition énergétique pour la croissance verte », promulguée le 17 août 2015.

A l’échelle des ménages, l’augmentation des prix des énergies fossiles et le désir accru de protection de l’environnement poussent également les particuliers à se tourner vers un habitat plus économe en énergie, mobilisant les énergies renouvelables (photovoltaïque, géothermie...) ou recourant à des techniques durables de construction  (« éco-construction »).

Une réglementation contraignante

Dans le domaine des constructions neuves, la réglementation thermique 2012 (RT 2012), impose que tout nouveau bâtiment consomme 50 KWh/m2 par an voire moins. A l’horizon 2020, la loi « Transition énergétique » prévoit par ailleurs que tous les bâtiments soient au standard bâtiment basse consommation (BBC). La volonté de développer les bâtiments à énergie positive (BEPOS) est également affichée.

Dans le domaine de la rénovation des bâtiments,  la loi « Transition énergétique » fixe l’objectif de rénovation énergétique de 500 000 logements en France par an à partir de 2017. Cet enjeu s’accompagne d’un effort de professionnalisation des entreprises du bâtiment. Ainsi, depuis juillet 2014, l’obtention d’aides publiques pour des travaux de rénovation énergétique du bâti est conditionnée à la détention par l’entreprise effectuant ces travaux de la mention « Reconnu garant de l’environnement » (RGE).

Des métiers qui évoluent pour répondre aux enjeux de la transition énergétique

La réglementation et les attentes nouvelles en matière d’efficacité énergétique et de protection de l’environnement entrainent de profondes mutations pour les métiers du bâtiment. Ceci se traduit par la création de nouveaux métiers, comme celui de conseiller en économie d’énergie. Mais plus souvent, c’est à l’évolution de métiers qui existaient déjà que l’on assiste. On parle alors de « verdissement » des métiers.

Le métier de couvreur exige ainsi désormais d’intégrer l’enjeu de l’isolation thermique ou encore d’acquérir des compétences complémentaires dans le domaine de l’installation de panneaux photovoltaïques. Autre exemple, le métier de technico-commercial dans le secteur du bâtiment doit intégrer de nouveaux savoir-faire : connaissance de la réglementation thermique, capacité à élaborer des devis incluant les économies d’énergie pouvant être réalisées, etc. Plus largement, la totalité des professionnels du bâtiment doivent désormais maîtriser l'utilisation de nouvelles technologies et de nouveaux matériaux. De plus en plus, ils doivent également savoir mettre en place des processus de vérification de l'efficacité énergétique au cours de leurs chantiers. 

Le secteur du bâtiment est en outre affecté par des mutations organisationnelles. Les professionnels doivent pouvoir aujourd’hui proposer une « offre globale » : travailler de manière coordonnée avec les autres corps de métier, afin de préserver l’efficacité énergétique du bâti. En effet, le travail d’isolation thermique d’un bâtiment peut par exemple être compromis par une installation électrique ou par la pose de fenêtres ne respectant pas les normes.

Bon à savoir
La mise en œuvre des lois « Grenelle » et l’enjeu de la transition énergétique devraient occasionner la création de plus de 27 000 emplois à l’horizon 2020 dans le secteur du bâtiment en Ile-de-France, selon le Contrat d’étude prospective (CEP) publié en septembre 2014.

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