Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Philippe Brandeis

Responsable de département au Conservatoire national supérieur de musique, Paris (75)
Date de l'interview : 01/06/2005

Le niveau requis à l’entrée du Conservatoire est très élevé, tant techniquement qu'artistiquement.

Philippe Brandeis évoque les conditions d'admission, les formations et les débouchés offerts par la Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, voie royale pour devenir instrumentiste...

Vous êtes responsable du Département des disciplines instrumentales classiques et contemporaines au CNSMDP. Quels sont les objectifs de ces formations ?

Les études instrumentales au conservatoire de Paris sont organisées actuellement en 2 cycles distincts dans leur niveau et leurs objectifs :
- d'une part, le cycle de formation supérieure dont la finalité vise à dispenser aux étudiants un enseignement professionnel complet et de haut niveau dans tous les domaines dans lesquels ils sont susceptibles d'être employés et employables.
- d'autre part, le cycle de perfectionnement, accessible aux étudiants titulaires du diplôme de formation supérieure ou d'un équivalent étranger qui souhaitent se spécialiser dans un domaine précis : concertiste, chambriste, musicien d'orchestre ou violon solo d'orchestre.
En résumé, un premier cycle général qui permet de gagner une compétence large, un deuxième cycle qui offre une spécialisation vers une carrière choisie.

Combien accueillez-vous d'étudiants par section chaque année ? Pour combien de candidats ?

L'ensemble du département accueille environ 700 étudiants dont plus de 600 sont scolarisés en cycle de formation supérieure et environ une soixantaine en cycle de perfectionnement. Les concours d'entrée, distincts selon les cycles, admettent chaque année environ 100 à 120 étudiants sur près de 1.000 candidats en cycle de formation supérieure et entre 30 et 40 en cycle de perfectionnement pour quelque 4 à 500 candidats.

Quel est le niveau instrumental demandé au concours d'entrée ? Et le niveau d'études ?

Il est difficile de décrire un niveau instrumental donné mais il est possible, en revanche, de dire que le niveau requis est très élevé tant techniquement qu'artistiquement. De plus, le concours d'entrée en formation supérieure ne vérifie pas seulement les aptitudes du candidat à l'instrument mais aussi ses connaissances en formation musicale et en déchiffrage tandis que l'entrée en cycle de perfectionnement s'assure de la motivation du candidat et de la bonne adéquation entre ses capacités et le choix de la spécialité qu'il a retenue.

Comment se déroulent les épreuves du concours ? Quels sont vos critères de sélection ?

Les concours pour l'un et l'autre cycle sont organisés en plusieurs épreuves successives, chacune éliminatoire, devant un jury composé pour l'essentiel, voire en totalité, de personnalités extérieures à l'établissement placées sous la présidence du directeur du conservatoire ou de son représentant.
La sélection prend d'abord et avant tout en considération les qualités artistiques du candidat : à cette fin, le jury n'a aucune information sur la provenance du candidat, son parcours, sa nationalité...

Comment se déroule le cycle de formation supérieure ?

Autour de la discipline instrumentale dite principale, s'articulent les enseignements complémentaires : imposés théoriques (analyse, solfège) ou pratiques (musique de chambre, orchestre, lecture à vue), optionnels qui peuvent être, au choix de l'étudiant, des disciplines générales (chant choral, écriture, langue, histoire de la musique...) ou plus en lien direct avec la discipline principale (flûte piccolo pour les flûtistes, piano forte pour les pianistes, violon baroque pour les violonistes...).
La quasi totalité des étudiants reçoit 2 heures de cours individuels hebdomadaires dans la discipline principale (1 heure avec le professeur, 1 heure avec l'assistant) et de 1 à 5 heures hebdomadaires, collectives ou individuelles, pour chacune des disciplines complémentaires, emploi du temps auquel il faut bien sûr ajouter un travail personnel se situant entre 3 et 8 heures par jour.

Quels sont les débouchés possibles ? Une fois diplômés, vos étudiants trouvent-ils facilement un emploi ?

Pour résumer sommairement, les métiers qui s'offrent aux étudiants instrumentistes sont de deux natures : la carrière d'interprète (concertiste, musicien d'orchestre, chambriste, accompagnateurs...) et l'enseignement, lequel demande en général une formation et des diplômes complémentaires à ceux obtenus dans le département.
La plupart du temps, les carrières des uns et des autres ne se construisent pas dans une seule direction mais s'articulent autour de ces deux axes réunis avec parfois même plusieurs composantes dans chacune de ses orientations : on verra ainsi un percussionniste à la fois membre d'un orchestre national, professeur dans une école de musique et partie prenante d'un ensemble de percussions avec lequel il se produit en concert 10 à 15 fois par an.
Toutefois, les débouchés varient de façon sensible selon l'instrument pratiqué par l'étudiant : les postes de pianistes d'orchestre sont rares tandis que les cordes ont l'opportunité de se présenter à plusieurs concours d'orchestre chaque année. En revanche, il est évidemment plus facile à un clarinettiste de former un ensemble de chambre fixe qu'à un tubiste !
Mais d'une façon générale, les étudiants sont assez ingénieux pour saisir les chances qui s'offrent à eux et s'assurer une insertion professionnelle réussie, même si elle n'est pas toujours celle qu'ils espéraient en s'orientant vers cette carrière. Les succès rencontrés par les étudiants ou ex-étudiants du conservatoire de Paris dans les concours de recrutement des orchestres ou dans les concours internationaux d'interprétation ou d'improvisation en disent assez long sur le sujet...