Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Mehdi Ait-Kacimi

Responsable de la communication de l'Ecole Louis Lumière, Noisy-Champs (93)
Date de l'interview : 01/05/2010

Pour faire Louis Lumière, il faut aimer être en groupe car le travail d'équipe occupe 80 % du temps de formation.

L'Ecole nationale supérieure Louis Lumière accueille chaque année une cinquantaine de nouveaux élèves. Mehdi Ait-Kacimi, responsable de communication et des partenariats, nous parle des sections cinéma et son.

Quel est le profil des étudiants qui réussissent le concours de la section son ?

Titulaires d'un bac S, ils ont continué à étudier les sciences dans l'enseignement supérieur. En général, ils ont travaillé la culture musicale et sonore seuls, et ne sont pas forcément musiciens. Selon les années, le nombre de candidats oscille entre 150 et 230. Nous en retenons 16 au maximum.

Quel est le profil des étudiants qui réussissent le concours de la section cinéma ?

Ce sont aussi des bacheliers scientifiques. Mais pour les études supérieures, on constate que c'est la règle des tiers qui s'applique : 1/3 des élèves possède un BTS audiovisuel, 1/3 vient d'une fac de cinéma et 1/3 est issu d'un autre cursus (fac de lettres ou de sciences, prépa, etc.). 200 à 300 candidats se présentent chaque année pour un maximum de 16 places.

Comment se déroule le concours ?

Il comporte 3 étapes. Il y a tout d'abord un QCM de connaissances générales du domaine choisi (son ou cinéma), de science et d'anglais. Les candidats retenus passent ensuite une épreuve d'analyse : en cinéma, ils analysent un extrait de film, en son, un extrait sonore (émission de radio, enregistrement musical, etc.). En cinéma, les candidats ont en plus une épreuve de scénarimage : ils doivent élaborer un story-board à partir de photographies et d'un extrait de scénario. Pour finir, il y a des oraux qui nous permettent d'évaluer la motivation des candidats.

Au-delà des connaissances scientifiques et culturelles, qu'attendez-vous des candidats ?

Pour faire Louis Lumière, il faut aimer être en groupe car le travail d'équipe occupe 80 % du temps de formation. Il faut aussi être très disponible : pendant 3 ans, les élèves travaillent tous les jours de la semaine et parfois même le week-end. Si on est engagé dans d'autres projets, professionnels ou familiaux, c'est très difficile de tenir.

Quel est le principe de la formation ?

C'est une formation pratique avec, de temps à autres, des journées de cours ordinaires. Au cours des 3 années, les élèves réalisent plusieurs fictions ou documentaires en super 16, 35 mn et HD. Ils ont également des TP autour de l'image. En 3e année, plusieurs options sont proposées, par exemple, pour la section cinéma, le cadre et l'acteur, le documentaire, les effets visuels.

Comment sont évalués les élèves ?

En cinéma, chaque étudiant de 3e année passe une épreuve pratique de synthèse pour laquelle il doit réaliser des images en fonction de contraintes qui lui sont imposées. Il doit également préparer un mémoire autour d'une problématique artistique ou technique. En fin de formation, 3 notes sont attribuées, pour le contrôle continu, l'épreuve de synthèse et le mémoire. En son, il n'y a que 2 notes, pour le contrôle continu et le mémoire. En général, tout le monde obtient le diplôme.

Comme se passe l'insertion professionnelle des diplômés ?

Pendant la formation, nous favorisons l'interaction et l'entraide entre les promotions : par exemple, les élèves de 1e année assistent ceux de 2e année lors des tournages. Par la suite, dans le monde professionnel, les aînés n'hésitent pas à faire appel aux personnes avec lesquelles ils ont aimé travailler à l'école. En ce qui concerne les domaines d'activité, les étudiants de cinéma vont surtout vers les métiers du cadre et de la lumière, la réalisation et la postproduction. En son, qui est une formation généraliste, certains diplômés vont vers le cinéma, d'autres vers la musique ou le spectacle vivant. En général, sur une promotion de 16 élèves, la moitié intègre une équipe dès la sortie de l'école, l'autre met un peu plus longtemps.

Quels conseils donnez-vous aux étudiants qui veulent se présenter au concours ?

De voir beaucoup de films, mais aussi de lire les livres qui parlent de ces films et des réalisateurs. Essayer de faire des films est aussi un bon moyen de se frotter aux problématiques cinématographiques. Enfin, il faut s'entraîner à l'aide des annales pour bien maîtriser les fondamentaux. En ce qui concerne la filière d'études après le bac, je conseille de choisir en fonction de ses goûts, non pas du concours, pour ne pas se retrouver dans une impasse en cas d'échec. La logique est la même pour la section son.