Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Thomas Rio

Scénariste et réalisateur de courts-métrages, Paris (75)
Date de l'interview : 01/05/2005

Mon métier me passionne et même si mes revenus sont aléatoires, mon quotidien est très agréable.

Diplômé de la FEMIS, Thomas Rio partage son temps entre petits contrats rémunérateurs et projets personnels... en attendant de se jeter dans le grand bain du long métrage...

Quel a été votre parcours de formation ?

Dès le lycée, je savais que je voulais évoluer dans le monde du cinéma. Après un bac littéraire (A1, lettres et maths), j'ai fait 2 années de classes préparatoires littéraires ce qui m'a permis d'obtenir une équivalence à la fac. J'ai décroché une licence de lettres, puis j'ai débuté une maîtrise de lettres et une licence de cinéma la même année. Mais j'ai abandonné en cours de cursus car je venais de réussir le concours de la FEMIS.

Comment se déroule la formation de la FEMIS ?

Les études durent 4 ans. Pour ma part, j'étais dans la section "scénario". A côté du tronc commun, chaque filière apprend les techniques propres à son secteur. J'ai donc pu développer plusieurs projets personnels et réaliser mon premier court-métrage au sein de l'école.
Dans la filière "scénario", il n'y a pas de stage de part la nature même du métier : écrire est un travail solitaire et d'imagination contrairement au montage, par exemple, où on peut être accueilli sur un tournage pour apprendre.
Dans la filière "montage", on fait un stage d'assistant monteur sur du montage, c'est de la post production. Des stages sur des tournages, on peut plutôt en trouver en étant assistant réalisateur, assistant caméra, ou seconde perche.

L'insertion professionnelle est-elle facile ?

Le métier de scénariste est peu reconnu en tant que tel au cinéma. Par contre, il a une plus grande reconnaissance dans le secteur de la télévision. Dans tous les cas, il faut "ramer" 2 ou 3 ans avant de pouvoir réellement évoluer dans ce métier.
Avant de vivre de ses scénarii, il faut enchaîner les commandes peu "valorisantes" mais qui permettent au moins de gagner sa vie et de se "faire la main".
Dans mon cas, le métier de scénariste est surtout un tremplin vers celui de réalisateur parce que j'ai préféré me tourner vers la réalisation. Mais c'est un métier à part entière : le tout est de trouver les réalisateurs qui vous intéressent (il y en a beaucoup) et de réussir à les séduire (c'est toujours difficile).

Quels contrats avez-vous décrochés ?

En plus du scénario, je me suis tourné vers la réalisation. Cela me permet d'écrire et de réaliser des films institutionnels, des films pour des conventions d'entreprises, des bonus sur DVD. Comme ce sont des projets à petits budgets, il faut avoir une multitude de casquettes pour décrocher le contrat : je filme, prend le son, réalise et monte ces petits films. Si ce n'est pas aussi passionnant qu'un projet personnel qu'on développe, on peut tout de même y prendre du plaisir : comme peu d'argent est en jeu, on peut tenter des choses nouvelles.
Je donne aussi des cours de cinéma dans des collèges et des lycées.

Quelles difficultés rencontrez-vous ?

Il faut trouver un équilibre entre ce qui me fait gagner ma vie (les petits boulots) et ce que j'aimerais réaliser. Avec les contrats institutionnels, si on refuse une commande pour se donner plus de temps sur un projet de court-métrage par exemple, on prend le risque d'être rayé de la liste des prestataires... donc on a tendance à dire oui. Et cela retarde la réalisation de projets plus personnels, plus porteurs pour une évolution vers la réalisation de longs métrages !

Comment pensez-vous justement réussir à évoluer dans le monde du 7e art ?

C'est un travail de longue haleine ! Pour rencontrer des pros, le mieux est de montrer un maximum son travail dans le cadre de festivals et de faire jouer son réseau amical et professionnel. C'est comme cela qu'on apprend les projets qui vont voir le jour, les besoins éventuels pour un futur tournage, etc. Dans le cinéma en France, ce sont les réalisateurs qui choisissent les scénaristes. Mais passer par le biais des producteurs est aussi une bonne carte car ils vous donnent plus facilement votre chance. Si votre idée de scénario les séduit, ils peuvent envisager de produire votre film. Le mieux est de se rapprocher de sociétés de petites tailles, nouvelles, qui sont à la recherche de jeunes talents pour des courts métrages uniquement.

Vous venez de décrocher le prix spécial du jury dans le cadre du Prix junior du meilleur scénario. Cela va t'il faciliter votre vie professionnelle ?

Rendez-vous dans un an pour voir si cela m'aura ouvert quelques portes ! En attendant, ce métier me passionne, et même si les revenus sont aléatoires, mon quotidien est très agréable.