Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Antoine Robert

Assistant caméra et directeur de la photographie, Paris (75)
Date de l'interview : 01/05/2005

Réseau, réseau, et réseau... Qu'il soit perso ou pro, c'est la clé pour travailler dans les métiers de l’image.

Décrocher un contrat pour un film, une émission télé ou un clip vidéo demande du temps, de la patience, de l'énergie, un bon carnet d'adresses et des qualités techniques indéniables.

Quel a été votre parcours d'études ?

Apres un bac S, j'ai passé un BTS audiovisuel option Image. J'ai ensuite obtenu une maîtrise de sciences et techniques audiovisuel et multimédia qui était, selon moi, très inadaptée au milieu pro et donc superflue.

Qu'est-ce qui vous attirait dans les métiers du cinéma ?

Ce qui m'attirait, c'est l'absence de routine, l'importance du travail en équipe, participer à la " création culturelle " ou faire des grosses prouesses techniques... et puis évidement un peu aussi le côté "paillettes".
Les métiers de l'image me plaisaient particulièrement car j'ai toujours eu une passion pour la photo, l'image, tout ce qui est graphique en général. Me lancer dans cette voie m'a permis d'assouvir ma créativité tout en ayant un savoir-faire technique.

Avez-vous fait des stages pendant votre formation ?

J'ai effectué deux stages lors du BTS, un à France 2 où j'assistais les cadreurs et les électros, un autre chez un loueur caméras, passage obligé pour un membre d'une équipe caméra film : en "échange" d'aider à ranger et préparer le matériel, on assiste aux essais des équipes caméras.
J'ai aussi fait un autre stage après mon BTS dans un labo, autre passage obligé pour côtoyer les pros.

Quel a été votre premier contrat ?

J'ai décroché mon premier contrat lorsque j'étais encore en BTS : j'ai fait la lumière d'un petit spectacle de poésie ! J'en garde un bon souvenir bien que ce ne soit pas exactement dans ma branche. Le premier contrat en cinéma a été en tant qu'assistant sur un court métrage.
Ensuite, mon parcours pro se compose de beaucoup d'expériences bénévoles (courts métrages) pour acquérir l'expérience du terrain et faire des rencontres, avec une progression lente de projets, piges et autres films rémunérés.

Quelles sont les qualités et compétences attendues chez un assistant caméra ? Chez un directeur photo ?

Un assistant caméra doit être organisé, rigoureux, limite "maniaque" avec le matériel, avoir de solides connaissances sur les matériels qu'il utilise, être discret sur un plateau et être très sociable avec le reste de l'équipe.
Un directeur photo, doit saisir les intentions du réalisateur. Il est l'interface technico-artistique entre ce que veut le réalisateur et la façon de l'obtenir. C'est d'ailleurs l'un des aspects qui me plait le plus dans ce métier : arriver à s'affranchir de la technique pour réellement créer une ambiance lumière. Il faut donc aussi avoir un peu de talent. Et, comme chaque membre de l'équipe, il doit être sociable et avoir beaucoup de chance !

A quoi ressemble une journée type quand vous décrochez un contrat ?

Le rythme dépend du type de produit : d'une journée de 22 h pour un clip, à des piges de 4 h pour la télé en passant par des journées "normales" de 10-12 h en film. Les 35 h, il n'est pas rare de les faire en 3 jours !
Le travail en équipe est primordial dans ces métiers d'où l'importance d'être vraiment sociable, vu le temps qu'une équipe passe ensemble.

Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?

Actuellement, j'alterne quelques piges de reportages télé pour M6 avec la préparation d'un court métrage en tant que chef opérateur. Je suis aussi en train de terminer un autre projet film en tant que cadreur, et je prépare un pilote de magazine télé pour la rentrée.

Comment décrochez-vous vos différentes missions ?

Il y a trois mots clés pour travailler dans ce métier : réseau, réseau, et réseau... qu'il soit perso ou pro ! C'est quasiment peine perdue de faire des candidatures spontanées. Même après 4 ans d'activité, je ne suis pas du tout "tiré d'affaire" et je dois continuellement me "vendre". Les places sont réellement très chères. Et il est parfois pénible de devoir se vendre, de jouer les marchands de tapis avec des productions de plus en plus gourmandes.

Quelles sont les difficultés rencontrées dans votre vie professionnelle ?

Les intermittents ont beaucoup fait parler d'eux et à juste titre. Le statut d'intermittent n'est pas aisé pour tout le monde. Pourtant une réforme était nécessaire, il y a encore de nombreux abus du système (des deux côtés) mais cela tend à se régulariser. Les nouvelles mesures sont clairement destinées à restreindre le nombre de personnes travaillant dans le secteur, mais pour qu'elles vivent mieux. Il faut donc être du bon côté de la barrière : les techniciens qui gagnaient bien leur vie, la gagnent encore mieux.
Le tri se fait par la capacité à "tenir dans la galère" avant de percer. La faute en revient probablement à toutes ces écoles qui ouvrent les unes après les autres et inondent un marché beaucoup trop petit (et également soumis aux délocalisations de tournages en Europe de l'Est).
Etre intermittent, c'est aussi beaucoup de difficultés vis-à-vis des banquiers, par exemple, pour un prêt mais aussi pour louer un appartement. On peut gagner largement de quoi satisfaire les envies des propriétaires mais la ''pilule'' du travail aléatoire passe difficilement.
Pour résumer, on dit souvent, entre nous, que tant qu'on n'a pas besoin d'argent, alors on peut faire ce métier !

A quels revenus justement peut-on prétendre en débutant ?

Un 1er assistant caméra touche environ 1.100 euros pour une semaine de 39 h. C'est une base modifiable en fonction de la durée du contrat et de l'expérience. Un cadreur télé devrait toucher 240 euros pour 8 h... certaines chaînes se font une fierté de diviser les piges par deux !
Bien qu'il soit difficile de refuser du travail lorsque l'on débute, il faut que les jeunes pros refusent d'être payés en deçà des tarifs en vigueur. Non seulement, ils "cassent" le métier mais il se décrédibilisent aux yeux des productions, qui de toute façon appelleront des pros expérimentés lorsque les budgets augmenteront.