Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Karine Jeandenant

Chef de projet Trade marketing, Paris (75)
Date de l'interview : 17/09/2010

En tant que chef de projet au sein d’une enseigne de luxe, je voyage beaucoup et j’organise des événements de A à Z… C’est super motivant !

Karine Jeandenant travaille depuis 8 ans chez Boucheron, une maison de luxe spécialisée dans la haute joaillerie, l'horlogerie et le parfum. Elle a débuté comme assistante de direction, puis sa carrière a évolué. Retour sur un parcours atypique.

Quelle est votre formation ?

Très classiquement, j'ai préparé un BTS assistante de direction trilingue. A l'époque, j'étais vraiment dans le stéréotype de l'assistante de direction et c'était le métier qui m'attirait. Depuis toute petite, j'adorais le papier, les dossiers, le téléphone, etc.

Le luxe, c'est aussi une vocation ?

Oui et non. Le luxe m'attirait, mais surtout la couture. Ma mère avait un parfum Boucheron, cela m'a donné l'idée d'envoyer une candidature spontanée à cette marque. J'ai rédigé une lettre de motivation très classique et j'ai tout misé sur la présentation du CV. J'y ai mis des couleurs, j'ai choisi un joli papier... Trois jours après, j'étais reçue en entretien. On m'a alors proposé un poste d'assistante de direction.

Quel était votre rôle en tant qu'assistante de direction ?

En réalité, j'étais l'assistante de l'assistante de direction et j'accomplissais des tâches de secrétariat classique. Au bout d'un an, j'ai ressenti le besoin d'évoluer. Par chance, cela correspondait à une période d'expansion pour l'entreprise. De nouveaux services ont été créés, dont un service marketing opérationnel, dont je suis devenue l'assistante. Petit à petit, on m'a confié des missions de création d'événements. Par exemple, dans le cadre du lancement d'une nouvelle collection de haute-joaillerie, je prenais en charge l'organisation de la "réception" : je négociais la prestation du traiteur, m'occupais de la décoration du lieu, supervisais la préparation des salles, etc.

Aujourd'hui, vous êtes chef de projet Trade marketing. En quoi cela consiste-t-il ?

Le Trade marketing est une sorte de hot line interne qui permet de faire le lien entre les boutiques que nous avons partout dans le monde et les services centraux du siège, notamment les services marketing, communication et commercial. Les boutiques me font part de leurs besoins, par exemple développer un produit en édition limitée. Je leur apporte des réponses concrètes. Je continue aussi à faire de la création d'événements, mais à l'échelle mondiale cette fois. Par exemple, j'ai récemment participé au lancement d'une nouvelle collection de haute-joaillerie au Japon.

Comment se déroulent vos journées ?

Je passe beaucoup de temps au téléphone et sur ma messagerie, soit pour répondre aux besoins des boutiques, soit pour bien me faire connaître d'elles. Il faut que les responsables des boutiques m'identifient vraiment comme la personne à joindre en cas de nécessité. J'ai également de nombreuses réunions avec les chefs de produits, les commerciaux et la communication. Lorsque Boucheron lance un nouveau produit, nous réfléchissons ensemble aux stratégies marketing que nous allons mettre en place au niveau des boutiques.

Ce poste vous amène-t-il à voyager ?

Oui, je suis régulièrement en déplacement. Je suis allée à Dubaï l'année dernière, je pars prochainement en Asie, notamment au Japon et à Taïwan. Mais il m'arrive aussi d'aller à Luxembourg...

Par rapport à un emploi classique d'assistante, ce poste fait-il appel à des compétences spécifiques ?

Il y a beaucoup de similitudes avec le travail d'une assistante. Tout d'abord, mon travail repose sur le relationnel, non pas avec le boss comme l'assistante, mais avec les responsables de boutiques et les services internes du groupe. Je dois également faire preuve de discrétion : je travaille sur de l'événementiel, il n'est pas question de dévoiler les événements en préparation. Comme l'assistante, mais plus encore qu'elle dans la mesure où j'organise les projets de A à Z, je dois avoir le sens des responsabilités. Par contre, je suis beaucoup plus autonome qu'une assistante. Je peux prendre des initiatives, proposer des idées... C'est ce qui rend ce métier très intéressant.

Selon vous, toute assistante de direction peut-elle bénéficier d'une évolution de carrière comme la vôtre ?

Oui, je pense que c'est surtout une question d'envie. Bien sûr, il y a des événements et des rencontres qui facilitent la progression d'une carrière. Mais la motivation compte énormément. Par contre, je pense qu'il est indispensable de parler anglais si on veut évoluer à partir d'un poste d'assistante car aujourd'hui, toutes les boîtes travaillent plus ou moins à l'international.