Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Claire Bailly

Paysagiste, Paris (75)
Date de l'interview : 01/03/2005

Du dossier de parc aux espaces urbains en passant par les plantations routières, les plans d’eau… j’apprécie la diversité de mon métier.

Plan d'urbanisme, projet d'aménagement, suivi de chantier... les missions ne manquent pas pour cette jeune professionnelle travaillant en indépendante. Il faut dire que son investissement est à l'image de sa passion pour son métier.

Comment avez-vous choisi de faire des études de paysagiste ?

J'étais attirée par les grands parcs, les beaux paysages, les belles villes, les espaces naturels. Je me suis informée et j'ai découvert le métier de paysagiste. J'ai alors décidé de rentrer à l'ENSP, Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles, qui recrute sur concours, à bac + 2. Je me suis préparée à cette épreuve en suivant à l'Ecole du Breuil à Paris un BTS Aménagements paysagers. J'ai ensuite décroché une place à l'ENSP.

Pendant vos études, avez-vous fait des stages ?

J 'ai fait de nombreux stages - en agences de paysage orientées aménagements urbains ou jardins publics - qui m'ont montré un aspect opérationnel de la profession, avec des préoccupations très concrètes. J'ai aussi été stagiaire dans des agences dans le domaine de l'urbanisme, du grand paysage, et de l'architecture, et qui participaient à des concours, une forme de travail très particulière.

Qu'avez-vous appris en formation ?

La formation en BTS était très pratique, axée sur le chantier et les végétaux (reconnaissance, maladies, biologie, etc.). En revanche, la formation à Versailles laissait une grande place au développement des qualités personnelles et au projet, c'est-à-dire à tout le travail qui mène jusqu'à la définition d'un aménagement : étude du site, proposition d'une idée de projet, dessin du projet sous tous ses aspects, éléments techniques pour sa réalisation. L'aménagement à imaginer pouvait être un jardin public de 5 000 mètres carrés ou une ancienne carrière de plusieurs hectares, ou encore une route sur plusieurs kilomètres.

Comment avez-vous décroché votre 1er emploi ?

Une paysagiste chez qui j'avais fait un stage m'a recommandée à un maire qui cherchait un jeune paysagiste pour un petit aménagement. J'ai été "boostée" par la confiance qui m'était faite ! Ensuite le maire m'a conseillée à d'autres maires...

Votre vision du métier a-t-elle évolué avec votre expérience ?

J'ai découvert que ce métier pouvait s'exercer de mille manières différentes, et de façon encore plus riche que ce que j'avais imaginé. Au-delà de la découverte du '' grand paysage'', ma vision du métier s'est enrichie en particulier de deux aspects qui aujourd'hui sont au coeur de mes préoccupations :
D'abord, en lisant des paysagistes comme Magerand-Mortamais, qui sont de grands professionnels et aussi de grands enseignants, j'ai découvert un horizon encore plus vaste. J'ai réalisé que ce domaine était non seulement technique, esthétique et poétique, mais encore qu'il nécessitait, pour être exercé au plus haut niveau, une dimension intellectuelle poussée. Impossible de proposer un paysage en phase avec notre temps sans se positionner par rapport à des questions fondamentales sur la société.
En exerçant en libéral, j'ai découvert l'importance de la pédagogie dans ce métier : auprès du public, des élus ou les clients plus largement, des organismes comme les Directions départementales de l'équipement. J'ai ensuite eu la chance de pouvoir enseigner le paysage à des étudiants en architecture. Cette dimension pédagogique est primordiale pour moi. Elle m'a permis un recul sur ma pratique. Elle est partie intégrante de la mission du paysagiste, car le paysage est une préoccupation dont on méconnaît la nécessité. La pensée paysagère est pourtant indispensable pour un développement vraiment satisfaisant.

Quelles sont les qualités / compétences attendues d'un paysagiste ?

Je dirais pêle-mêle : capacité de synthèse, aptitude au travail en équipe et à diriger une équipe, rigueur, inventivité, sens esthétique, goût du risque, puissance de travail, ténacité, combativité, mais aussi diplomatie et pouvoir de conviction !
La connaissance des végétaux, des connaissances techniques, des capacités de communication, en particulier graphique, des connaissances juridiques sont aussi indispensables pour évoluer dans ce métier.

Quel poste occupez-vous actuellement ? Quelles sont vos missions principales ?

Je travaille en libéral, je dirige ma propre agence de paysage. Je réalise des plans locaux d'urbanisme (PLU, anciennement POS), des cartes communales, des volets Paysage pour des dossiers de zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP), des projets d'urbanisme, des aménagements. J'interviens aussi sur des chartes d'environnement, des études d'impact.

A quoi ressemble votre quotidien ?

Je travaille sept jours sur sept et je fais de longues journées... et je n'ai encore pas le temps de faire tout ce que je voudrais ! Je suis passionnée par ce que je fais et le travail n'est pas une contrainte pour moi. J'ai fait le choix d'une structure souple, qui permet de travailler vraiment sur mesure, et de m'appuyer sur d'autres personnes selon le besoin.
Mon temps se partage entre déplacements sur le terrain (ce qui m'emmène à travers la France dans des régions aussi différentes que la Normandie, l'Auvergne, l'Ile-de-France, ou la Picardie, par exemple), travail de synthèse sous forme graphique et écrite, travail de projet, suivi de chantier, réunions avec les maîtres d'ouvrages, présentations publiques, travail avec d'autres professionnels avec lesquels je collabore. Et puis il y a bien sûr les tâches de gestion courante de l'agence.

Qu'appréciez-vous particulièrement dans votre métier ?

J'apprécie la diversité du travail, qui va du dossier de parc ou jardin au règlement d'urbanisme en passant par les plantations routières, les aménagement en pleine campagne, les espaces urbains, les plans d'eau, les carrières... tout ce qui constitue la diversité de nos paysages quotidiens.
J'aime également les échanges. Je participe au réseau Cap-environnement.org, qui regroupe des professionnels de différentes spécialités, mais qui tous s'occupent de gestion du territoire dans un souci de respect de l'environnement. Cet échange donne une dimension différente à mon travail, qui n'existerait pas si je travaillais seule.