Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Cécile Vincent

Formatrice au CFA des métiers du cheval, Saint-Germain-en-Laye (78)
Date de l'interview : 01/02/2005

Travailler avec des chevaux demande une forte motivation, une importante résistance physique et une grande disponibilité.

Après 13 ans en tant que monitrice d'équitation, Cécile Vincent s'est tournée vers le métier de formatrice. Enseignant à des apprentis préparant un CAPA soigneur d'équidés, elle évoque cette formation et ses débouchés...

Quel est le profil des jeunes admis au CAPA soigneur d'équidés dans votre établissement ?

La formation étant préparée en apprentissage, nous accueillons des jeunes âgés de 16 à 25 ans. Dans les faits, la majorité a 16 ans et sort de classe de troisième.
Chaque année, nous avons 3 à 4 élèves par classe sortant de notre section de pré-apprentissage, et quelques-uns issus d'une seconde générale. On constate aussi que les filles sont de plus en plus nombreuses.

Comment se passe la sélection des élèves à l'entrée en formation ?

Nous comptons environ 120 dossiers pour 56 places (soit 2 classes de 28) en première année. En seconde année, il reste 23/24 élèves par classe.
A côté d'un dossier administratif à remplir avec les bulletins des 2 dernières années notamment, c'est la motivation pour le métier et la signature d'un contrat de travail avec un employeur qui permettront au jeune de suivre les 2 années de formation au CFA. Bien connaître le métier, avoir une première approche des chevaux, avoir suivi un stage dans un centre équestre sont des "plus" lors de cet échange avec le jeune.

Un bon niveau en équitation est-il indispensable pour être admis ?

Nous n'exigeons pas de niveau particulier mais recherchons des jeunes ayant au moins une petite expérience du cheval. Dans les faits, la plupart ont au moins un galop 1 ou 2 mais on a aussi des débutants chaque année dans la section. L'important est de connaître le monde équestre, d'avoir déjà approché un cheval et d'être motivé !

Comment se déroule la formation ?

Les jeunes passent une semaine au CFA et trois semaines chez leur employeur. Ils ont le statut de salarié et doivent se comporter en tant que tel lors des temps en entreprise ! Tant qu'ils sont mineurs, ils ne travaillent pas le dimanche et les jours fériés.
Au CFA, 2/3 des cours portent sur la technique (hippologie, entretien du matériel, etc.) et 1/3 est consacré à l'enseignement général (maths, français, etc.). Et il est indispensable de ne pas négliger de matière car pour décrocher le diplôme au bout des 2 ans, il faut obtenir tous les acquis dans chacune des disciplines. Comme il n'y a plus de contrôle terminal, il n'est plus possible de miser sur une très bonne technique pour compenser une faiblesse en français, par exemple.

Quelles sont les qualités attendues d'un jeune ?

Travailler avec des chevaux demande une forte motivation et une grande résistance physique. Les professionnels de ce secteur évoluent en extérieur, tous les jours... et par tous les temps ! Il faut aussi porter des charges lourdes dans les écuries si le club est peu mécanisé. Il ne faut donc pas avoir de fragilité physique (dos, genoux, asthme...).
Il faut aussi être disponible car les soins aux chevaux exigent d'être là souvent le soir et le week-end.

Que deviennent les jeunes à la sortie du CAPA soigneurs d'équidés ?

Certains choisissent d'entrer dans la vie active. Et les débouchés sont nombreux pour tout jeune polyvalent, motivé et prêt à s'investir : soigneurs, "groom" dans une écurie de compétition. Avec une formation complémentaire (environ 50 % poursuivent en BEPA chaque année), certains se tournent vers le tourisme équestre. Mais dans ce secteur très saisonnier, mieux vaut être multicarte et décrocher un brevet d'animateur poneys pour avoir une activité toute l'année.
D'autres enfin s'engagent dans la police et visent un poste dans la garde républicaine ou une brigade équestre.

Quels conseils pourriez-vous donner à un jeune tenté par ce CAPA ?

Avant de vous lancer dans le secteur équestre, renseignez-vous bien sur les conditions de travail, le rythme, les exigences du métier qui vous intéresse. Aimer les chevaux est un bon point de départ mais ce n'est pas suffisant pour faire carrière. Par contre, si vous êtes très motivé et que vous n'avez pas peur du travail, vous apprendrez beaucoup au contact des professionnels pendant la formation mais aussi tout au long de votre vie chez vos différents employeurs.