Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Alain Pons

Photographe animalier, Paris (75)
Date de l'interview : 01/02/2005

Saisir la posture, l'expression de l'animal et la lumière que vous attendez est un travail exaltant mais de longue haleine !

Capturant depuis 30 ans des instants de vie animale dans son objectif, Alain Pons a plus d'une corde à son arc : photos pour des magazines, pour des livres, expositions, participation à des conférences...

Comment peut-on se lancer dans la photo animalière ?

Il n'existe pas, hélas, d'école pour apprendre le métier de photographe animalier. Les seules écoles de photographie sont des écoles techniques qui permettent d'apprendre la technique photo, le cadrage et la lumière, de se familiariser avec le matériel et d'utiliser des longues focales.
La meilleure formule consiste à faire partie d'un club photo ou d'une association de photographes amateurs même quand on est très jeune.
Il faut ensuite débuter par photographier les animaux autour de soi et avec l'expérience élargir son champ d'action (jardin, forêt, étangs etc.). Le reste du monde sera pour plus tard.

Quel a été votre parcours ?

J'ai fait des études d'arts graphiques qui m'ont fait évoluer dans le monde de la publicité. Concepteur réalisateur graphique, je me suis tourné progressivement vers la photo. Mieux connaître la réalisation de l'image, le jeu des lumières m'était indispensable pour travailler. En côtoyant des photographes pros en agence, j'ai exercé "mon oeil" et me suis mis à la photo de pub.
Vers l'âge de 23 ans, j'ai essayé de concilier ce goût pour la photo et ma passion de la nature. Je faisais alors de nombreuses balades en forêt et j'observais les animaux. Et puis à force de les scruter, en silence et en me fondant dans leur environnement, je me suis décidé à les prendre en photo !
Puis, je suis devenu membre de l'Association sportive de la chasse photographique française (ASCPF) qui m'a permis de m'aguerrir et de faire de nombreuses rencontres avec des pros comme des amateurs.

Comment peut-on financer son matériel photo quand on débute ?

Décrocher un job d'été ou avoir le soutien financier de ses parents est évidemment indispensable pour s'offrir son premier appareil. Maintenant, avec le numérique, il est possible d'investir dans un appareil de bonne qualité sans forcément débourser une somme trop importante.
Ensuite, avec la reconnaissance professionnelle et la notoriété, les grandes marques d'appareils peuvent vous aider... ce qui facilite le quotidien !

Quelles publications achètent des photos animalières ?

Après avoir fait beaucoup d'images (diapositives ou fichiers numériques), il faut se lancer dans le démarchage : les agences photos, les services iconographiques des magazines orientés nature, environnement ou voyage, les revues spécialisées dans la photo sont preneuses d'images animalières. Les photos peuvent aussi faire l'objet de publication dans des livres, dans le cadre d'expositions, etc.
Mais attention, ces éditeurs ne recherchent pas une simple photo type "safari" prise lors d'un séjour avec un tour opérateur.
Ils attendent de vous une originalité, une créativité ou le résultat d'une osmose avec le milieu photographié. Il faut donc s'imprégner de l'environnement, connaître les habitudes de l'animal. Cela s'apprend sur le terrain, par la patience, des journées d'observation et du temps.

Quels conseils pourriez-vous donner aux jeunes tentés par ce métier ?

Il est indispensable de montrer ses photos, le plus possible aux autres photographes.
Dans un club, c'est plus facile. C'est comme cela que l'on peut mesurer sa valeur et les progrès que l'on fait. Il faut aussi participer à des projections, des expositions ou des concours photo.
Lire les revues photos et de nature (Chasseur d'images, Objectif photos, Réponses photo, Photo, Géo, Terre sauvage, Grands reportages, National Geographic etc.), dévorer les livres, découvrir le travail des photographes professionnels... Tout cela contribue à se forger une culture photographique et à comparer son travail à celui des autres.
Enfin, c'est un métier où il faut aimer très fort la photo et les animaux, et surtout ne jamais se décourager. Il ne faut pas perdre de vue que l'animal est le seul sujet photographique sur lequel on n'a aucune emprise, il décide... C'est au photographe de suffisamment bien connaître son sujet pour savoir où il doit se placer et avoir ainsi un maximum de chance de réussir son cliché.
Saisir l'instant où la posture, l'expression de l'animal et la lumière du lieu seront celles que vous attendiez... Voilà ce que j'aime dans ce travail exaltant mais de longue haleine !