Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Christine Ducasse

Notaire stagiaire, Nanterre (92)
Date de l'interview : 01/01/2005

Dans l’étude notariale, je vois en chacun des dossiers une identité propre et j'en fais donc un traitement personnalisé.

Menant de front vie de famille et études de droit, Christine Ducasse entame ses 2 années de notaire-stagiaire. Elle revient sur son parcours atypique et sur ses premiers pas dans la profession...

Pourquoi vous êtes-vous lancée dans des études de droit ?

Après l'obtention d'un bac B (économie), j'avais envie de devenir avocate. C'est pour cela que j'ai entamé un cursus de droit à l'université. J'ai passé une maîtrise de droit privé général à Paris II puis j'ai enchaîné par un DEA de droit privé fondamental à l'université de Montpellier I.
Pendant ma formation, j'ai réalisé différents stages chez des avocats, dont l'un spécialisé en droit criminel. Cela m'a permis de comprendre que ce n'était finalement pas la carrière que je souhaitais embrasser. Je ne me voyais pas défendre et plaider des dossiers auxquels je ne crois pas.

Dix ans se sont écoulés ensuite entre votre DEA et votre DESS. Quel a été votre parcours ?

Après le DEA, je me suis lancée dans la vie active. J'ai travaillé 2 ans dans un service juridique d'une banque. J'ai ensuite cessé toute activité professionnelle pendant quatre ans pour fonder une famille (3 enfants). Puis j'ai été juriste dans une boutique de droit, à mi-temps. Dans le cadre de cet emploi, j'étais amenée à informer et orienter toute personne ayant une question de droit, quel que soit le domaine. C'est ainsi que j'ai découvert mon intérêt pour le droit de la famille et la fonction notariale. J'ai eu alors l'opportunité de faire un remplacement dans une étude de notaire en tant que clerc de notaire. Cela m'a décidé à reprendre mes études.

Pourquoi avez-vous choisi la filière universitaire plutôt que la voie professionnelle pour devenir notaire ?

Je voulais reprendre mes études mais je devais intégrer un certain nombre de contraintes : financière, familiale et d'organisation. L'accès sur dossier pour le DESS (et non sur concours) a facilité mon choix. De même, le fait de ne payer qu'un droit d'inscription universitaire (alors que la voie professionnelle coûtait alors 20.000 francs) était un facteur important. En termes de rythme de cours, le DESS convenait mieux à ma vie de famille.
Tout cela mis dans la balance, j'ai envoyé une demande d'inscription à tous les DESS de droit notarial d'Ile-de-France, de Rennes et de Lyon. Seule l'université de Nanterre m'a donné ma chance en examinant mon dossier et en me faisant passer un long entretien de motivation.

Quel est le contenu du DESS de Nanterre ?

Cette formation reste relativement théorique, ce qui permet aux futurs professionnels d'avoir un très bon bagage juridique. Un stage d'un mois au minimum est obligatoire au cours de l'année, ce qui donne l'occasion d'appliquer les notions apprises à la fac. La rédaction d'un mémoire de stage compte pour 20 % dans la note finale du diplôme.
On suit une quinzaine d'heures de cours lors du 1er semestre et une vingtaine lors du second semestre. La promotion doit aussi réaliser un projet commun dans le cadre de l'association d'étudiants du DESS. Nous avons ainsi élaboré un guide de droit comparé mais aussi une plaquette proposant l'ensemble de nos CV. Ce 2e document a été publié par les sponsors de notre association et diffusé à l'ensemble des notaires franciliens.

Le DESS de droit notarial suffit-il à devenir notaire ?

Non, en fait une fois le DESS en poche, il faut passer le diplôme supérieur de notariat tout en travaillant dans une étude pendant 2 ans en tant que notaire-stagiaire. Cela implique que l'on s'inscrive dans un centre de formation professionnelle notariale et que l'on trouve une étude nous acceptant en stage. Durant cette période, on a des séances de regroupement où l'on réalise des exposés et des études de cas pratiques avec des professionnels.
Pour ma part, j'ai envoyé 20 candidatures spontanées. J'ai reçu une réponse positive et trois refus. J'ai donc commencé ma période de stage en septembre dernier.

A quoi ressemble votre quotidien ?

Je me vois confier différents dossiers de la clientèle de l'étude. Je rédige des actes de vente, de succession, de divorce, de donation, etc. J'assure le suivi complet du dossier, seule la signature étant assurée par un notaire de l'étude.
Ce métier demande de la rigueur, de l'organisation. L'important est aussi de considérer que chaque dossier est unique : même si dans la journée je peux traiter 2 dossiers de succession par exemple, je vois en chacun une identité propre et j'en fais donc un traitement personnalisé. Cela ne se résume jamais pour moi à la rédaction d'un simple formulaire !

Comment voyez-vous votre avenir ?

Dans un premier temps, je souhaite avoir le statut de notaire salariée. Cela veut dire que je suis employée dans une étude sans avoir de part propre dans la société.
Dans un second temps, quand j'aurai suffisamment d'expérience, je me vois bien m'associer en prenant des parts dans une étude.