Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Olivier Sanviti

Avocat d'affaires, Paris (75)
Date de l'interview : 01/01/2005

En règle générale, un client satisfait de votre prestation vous recommandera auprès d'autres personnes.

Avocat au Barreau de Paris, Olivier Sanviti, intervient en matière de conseil, d'assistance et de représentation en droit des affaires, tant au plan national qu'international. Retour sur son parcours d'études et son quotidien...

Pourquoi avez-vous choisi de faire des études de droit ?

Après l'obtention d'un bac littéraire, je voulais trouver une voie me permettant à la fois de rencontrer, d'aider des personnes différentes, mais aussi de connaître les règles qui nous entourent à chaque instant de notre vie. J'ai donc choisi les études de droit.

Quel a été votre parcours ?

Après 4 ans de droit dans une université parisienne, j'ai intégré l'ESCP-EAP, à Paris et à Oxford, puis je suis resté une année supplémentaire en Grande-Bretagne afin d'acquérir les bases du droit anglo-saxon.
Pour être admis dans une université anglaise, il faut présenter un dossier de candidature très complet avec notamment des lettres de recommandation, la traduction de ses diplômes, les justificatifs de niveau de langue TOEFL, TOIC... Après cette première étape, il faut penser également au financement. Outre le coût de la formation (2400 livres à l'époque pour un master), il ne faut pas oublier le logement, le transport...
A mon retour en France, j'ai poursuivi mes études par un DESS de juriste d'affaires international puis une thèse de doctorat en droit privé. En parallèle, j'ai intégré l'école de formation des Barreaux de la Cour d'appel de Paris et ai obtenu mon CAPA (certificat d'aptitude à la profession d'avocat) passage obligé pour pouvoir exercer.

Pourquoi avez-vous choisi le droit des affaires ?

C'est un choix logique qui découle de ma formation initiale, droit français et international et école de commerce. C'est une matière très large qui offre la possibilité d'exercer la profession d'avocat tant en conseil qu'en contentieux. Dès la licence, j'ai essayé d'avoir une idée précise de la profession d'avocat (et par la même un moyen de financer mes études !) par de nombreux stages en cabinet d'avocats et aussi d'avoués.

A quoi ressemble votre quotidien d'avocat ?

Je suis avocat collaborateur dans un cabinet d'avocats parisien et typé droit des affaires. Je représente les intérêts de sociétés françaises et étrangères présentes dans des secteurs économiques très différents (luxe, informatique, hôtellerie...). En pratique, je rencontre les clients, fais de nombreuses recherches en bibliothèque ou au Palais, rédige des documents en français ou en anglais, et revêt la robe le cas échéant.
J'ai fait le choix d'une structure à taille humaine privilégiant le sur-mesure à forte valeur ajoutée. Je travaille en général de 9 h à 20 h, sachant qu'il arrive parfois que l'on soit obligé de revenir le week-end pour les besoins d'un dossier.

Comment décrochez-vous vos contrats ?

Travaillant dans un cabinet, je gère plusieurs dossiers qui me sont confiés par les associés du cabinet. Mais il m'arrive aussi de décrocher seul de nouveaux clients : je les facture alors pour mon propre compte. Je m'appuie sur mon réseau d'amis, de connaissances, d'anciens élèves de l'école de commerce où j'ai étudié. En règle générale, un client satisfait de votre prestation vous recommandera aussi auprès d'autres personnes...

Avez-vous l'occasion de plaider ?

En tant qu'avocat d'affaires, il est clair que je ne plaide pas tous les jours. Cela m'arrive occasionnellement (tribunaux de commerce, tribunal de grande instance, conseil des prud'hommes). Je suis également inscrit sur la liste des avocats commis d'office. Pour être inscrit sur cette liste, il faut obligatoirement avoir suivi auparavant une formation pénale dispensée par le Barreau de Paris. Elle se déroule le samedi matin, plusieurs fois par an.
J'assure donc, plusieurs fois dans l'année, des permanences pénales (mises en examen, comparutions immédiates...). C'est une expérience très enrichissante humainement. On ne peut rester insensible à la détresse et à la souffrance de certaines personnes.

Comment sont rémunérés les avocats ?

La profession compte seulement 10 % de salariés, les 90% restants perçoivent une rétrocession d'honoraires (fiscalement, il s'agit de bénéfices non commerciaux, " BNC "). En clair, un jeune avocat qui reçoit 1.500 euros à la fin du mois, doit soustraire de ce montant, toute une série de charges (URSSAF, CNB, Ordre des avocats...) et de dépenses (nourriture, livres, déplacements...).
En tant qu'avocat, j'exerce une profession libérale, je suis donc un travailleur indépendant avec un numéro de SIRET et de TVA... L'avantage est que je peux avoir des clients personnels mais les inconvénients ne sont pas à sous-estimer : absence d'assurance chômage, revenus parfois irréguliers...

Quel conseil donneriez-vous aux plus jeunes ?

Si vous vous en donnez les moyens, vous réussirez. Il faut cependant être clair, la route est longue et semée d'embûches. Mais la profession d'avocat est une si belle profession que, pour rien au monde, je n'exercerai une autre profession.