Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

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Aline Bourrienne

Assistante maternelle, Evry (91)
Date de l'interview : 01/11/2004

S’occuper des enfants demande beaucoup de patience pour gérer les petits conflits entre eux, être sans cesse à leur écoute.

Après 10 ans d'expérience dans un laboratoire de recherche, Aline Bourrienne a changé de voie pour se lancer dans le métier d'assistante maternelle. Elle explique ses motivations et son quotidien...

Pourquoi avoir changé de domaine professionnel ?

J'ai obtenu un BTS en biochimie et travaillé pendant 10 ans en tant que technicienne dans un laboratoire de recherche. Pendant ces années, j'ai fondé une famille (3 enfants) et j'ai alors ressenti le besoin d'être plus disponible pour eux, plus près de chez moi. J'ai alors discuté avec les ''nounous'' de mes enfants de leur métier, je me suis informée en ligne sur le site du syndicat des assistantes maternelles. Et j'ai franchi le pas !

Quelles sont les démarches à faire ?

Pour exercer, l'agrément est obligatoire. Il faut d'abord envoyer un courrier de demande d'agrément à la PMI (protection maternelle et infantile) de sa ville. On est alors convoqué à plusieurs séances d'information. A la suite de cela, on réalise un dossier de candidature : on doit y mentionner la taille de son logement, la composition de sa famille, exposer ses motivations, décrire ses expériences auprès d'enfants et fournir un certificat médical, etc.. Ensuite, on reçoit chez soi 1 ou 2 visites d'une assistante sociale ou d'une puéricultrice. C'est l'occasion pour elle de vérifier la conformité du dossier avec la réalité du logement et de discuter de notre motivation. Elle regarde énormément l'aspect sécurité : barrière de protection dans les escaliers, non accessibilité de l'armoire à pharmacie... ou des couteaux dans la cuisine.
Suite à un rapport soumis à une commission, on reçoit - ou non - l'agrément. On est assuré d'avoir une réponse dans les 3 mois.

Comment avez-vous trouvé les enfants que vous gardez ?

J'avais passé quelques annonces chez les commerçants de mon quartier, discuté avec des parents à la sortie de l'école maternelle de mes enfants... et laissé des cartes de visite à ma pédiatre. J'ai rencontré plusieurs parents pour discuter avec eux de ce qu'ils attendaient d'une assistante maternelle et surtout de la façon dont ils souhaitent éduquer leur enfant. C'est important de choisir des familles avec lesquelles on se sent proches pour l'éducation. Et une fois d'accord, on discute des modalités (contrat, salaire, vacances, etc.).
Actuellement je garde un garçon de 15 mois (de 9 h 30 à 19 h, 4 jours par semaine), une fillette de 2 ans (de 8 h à 17 h 30, 4 jours par semaine) et sa grande soeur pour l'accompagner à l'école et la récupérer (2 jours par semaine).

A quoi ressemble votre quotidien ?

Dès 8 h, je suis opérationnelle ! Les parents me confient leurs enfants pour toute la journée. On commence par un petit moment de discussion avant d'accompagner mes propres enfants à l'école. De retour à la maison, place aux jeux : je propose des activités manuelles, des temps de musique, des jeux dans le jardin, etc. A 11h30, deuxième promenade dans le quartier pour chercher mon fils pour déjeuner. Le repas se prend tous ensemble. Je le prépare moi-même. Je préfère en fait que les parents ne préparent pas de repas ni de goûter... sinon les enfants se chamaillent pour avoir l'assiette du voisin !
Je change aussi les enfants, leur apprend à devenir propre. Puis vient le moment de la sieste.
Vers 15h, c'est goûter ou jeu en fonction de l'envie de chacun. Vers 16h30, dernière balade pour récupérer ma "tribu" à l'école et goûter à la maison. Ils jouent ensuite tous ensemble en attendant l'arrivée des parents.

Quel regard portez-vous sur votre métier ?

Au-delà du plaisir à participer à l'éducation des enfants, cela demande beaucoup de douceur et de souplesse. Par exemple, j'essaye de m'adapter aux emplois du temps de chaque parent : l'un commençant tôt et l'autre finissant tard, j'ai parfois de longues journées. Et c'est souvent vers 19 h que mes propres enfants me sollicitent davantage car ils en ont marre de me "partager" avec les autres. Il faut alors savoir être disponible pour chacun. Ce métier demande beaucoup de patience pour gérer les petits conflits entre enfants sans en favoriser un, être à leur écoute, etc.
Régler les querelles entre bambins est certes fatiguant, mais ce n'est rien en proportion du plaisir qu'ils me procurent chaque jour. Je ne me lasse pas de leurs sourires, de leurs cris de joie, de leurs câlins... Je m'épanouie avec eux. On n'y fait certes pas fortune mais on a d'innombrables moments de bonheur !