
Pendant ses études, la sage-femme fait une centaine d’accouchements. La pratique occupe une grande place dans la formation !
Actuellement en 4e année d'école de sage-femmes, Hélène Leyronnas évoque ses motivations et le contenu de la formation.
Quel a été votre parcours d'études jusqu'à l'entrée à l'école de sage-femme ?
Quand je suis sortie de terminale, il n'était pas encore nécessaire de passer par médecine pour entrer en école de sage-femme. Le concours qu'il fallait passer était de niveau terminale S et il y avait 10 % de reçus. La troisième tentative a été la bonne pour moi : en sortant de terminale puis en fin de 1ere année de médecine où je m'étais inscrite, ça n'a pas marché. Après y avoir consacré une année de préparation intense, je l'ai finalement obtenu.
Pourquoi et depuis quand avez-vous décidé de devenir sage-femme ?
Mon père est pédiatre, j'ai donc toujours eu "un pied à l'hôpital". Je fais aussi partie d'une grande famille avec toujours des petits dont il faut s'occuper. Depuis la maternelle, je veux travailler avec des enfants : j'ai voulu être infirmière, puis éducatrice de jeunes enfants, et finalement sage-femme.
J'ai vu un accouchement pour la première fois alors que j'étais en première et j'ai été stupéfaite par l'énergie développée dans la salle et très émue par la naissance ! Je pense que cela a influencé mon choix final.
Qu'apprenez-vous durant les 4 années de formation ?
En première année, on apprend surtout les bases (anatomie, physiologie, microbiologie...) et les soins infirmiers en stage. Par la suite, on apprend toute la pathologie : cardiologie, pneumologie, urologie, gastro-hépato-entérologie, dermatologie... On fait bien sûr beaucoup d'obstétrique (comment se passe un accouchement, déroulement de la grossesse, complications...), de pédiatrie mais aussi du droit, de la psychologie, de l'anglais...
Les femmes enceintes peuvent avoir des maladies, comme tout le monde. On apprend donc leurs conséquences sur la grossesse, les traitements nécessaires. Il faut aussi savoir repérer les symptômes en consultation afin d'éviter d'éventuelles complications.
Les 4 années sont découpées en deux cycles. Il y a un examen à la fin de la deuxième année et le diplôme en quatrième année, le passage en deuxième et quatrième années se faisant en fonction du contrôle continu.
La formation a-t-elle changé votre vision du métier ?
J'ai découvert le rôle de la sage-femme en centre de protection maternelle et infantile (PMI), en service de grossesses pathologiques, en centre de diagnostic anténatal, les différentes façons d'exercer en libéral...Il y a en fait de multiples manières de travailler, ce qui fait qu'on a toujours la possibilité de retomber sur ses pieds si on veut changer d'activité.J'ai aussi découvert que la vision des gens sur cette profession est souvent floue. Pour beaucoup, une sage-femme est une infirmière spécialisée. Peu d'entre eux savent que, si tout se passe bien, ils ne verront pas de médecin lors de l'accouchement ! Sage-femme est une profession médicale, c'est à dire, que nous avons le droit de prescrire avec, bien sûr, certaines limites car nous ne sommes pas médecins.
Faites-vous des stages pratiques chaque année ?
La moitié de notre formation passe par les stages. On en fait dès la première année, en moyenne 8-9 stages de 3 semaines par an.
En première année, on va dans des services de médecine (cardiologie, pneumologie, endocrinologie...) et de chirurgie, pour apprendre les soins infirmiers (prises de sang, pansements, perfusion, préparation de médicaments...). On va également en "suites de couches", pour apprendre les soins de puériculture auprès des auxiliaires de puériculture. On va en salle de naissance auprès des infirmières...
On commence à participer aux accouchements en fin de première année. Par la suite, on fait beaucoup de stages en salle de naissance, en consultation, en échographie, en services de grossesses pathologiques, mais aussi en pédiatrie et réanimation néonatale, en anesthésie...
On voit en fait presque tous les modes d'exercice différents, en apprenant les gestes essentiels. A la fin de nos études, on doit avoir fait au moins 100 accouchements ! La pratique occupe donc une grande place !