Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Christian Clapier

Responsable du master pro Informatique industrielle, Orsay (91)
Date de l'interview : 01/10/2004

Je constate avec plaisir que les industriels ayant encadré un stagiaire en master pro sont à 95 % très satisfaits du travail réalisé.

Tout comme les écoles d'ingénieurs, le master pro informatique industrielle prépare les étudiants à leur entrée sur le marché de l'emploi dans des postes d'ingénieurs. Retour sur le contenu et les débouchés de cette formation universitaire...

Combien de dossiers de candidats avez-vous reçus pour cette rentrée ?

Nous avons reçu près de 350 dossiers, dont 200 exprimés en premier voeu de poursuite d'études. Après examen des dossiers, j'ai reçu 75 étudiants en entretien : 26 ont été admis en liste définitive, et une vingtaine en liste complémentaire.
Seulement 4 à 10 des admis n'intègrent pas le master car ils optent finalement pour une école d'ingénieurs ou un autre master en général plus près de leur domicile (un tiers des étudiants viennent de la province).

Quels sont les profils retenus dans votre master pro (ex-DESS) ?

J'essaie d'effectuer un recrutement le plus large possible pour avoir une diversité de parcours parmi les étudiants. Ils viennent pour un tiers d'une maîtrise EAA et pour un tiers d'IUP. Le dernier tiers est constitué de diplômés d'écoles d'ingénieurs (Centrale Paris, Centrale Nantes, Supelec, INSERG, différentes ENSI...), de personnes en recherche d'emploi ou en formation permanente. L'année dernière, je regrette de ne pas avoir eu de femme dans la promotion, mais seules trois avaient posé une candidature et aucune n'avait pu être retenue. Cette année deux étudiantes ont intégré le master pro GSII.

Quels sont les contenus des cours du master pro ?

Une large part est faite à l'informatique industrielle et à l'informatique pure. Les cours se répartissent de début septembre à fin février, avec un rythme de 24 heures hebdomadaires et un projet de quatre semaines en mars. Evidemment l'apprentissage de l'informatique industrielle représente la plus grande partie (étude des processeurs Intel et leurs applications, des différents périphériques et des chaînes d'acquisition de données, le mode protégé, les mémoires cache, les systèmes d'exploitation, les processeurs du traitement de signal et leurs applications en multimédia, etc.).
Mais les étudiants font beaucoup de programmation (C++, Java, script Unix et Perl, SQL, etc.) avec notamment l'apprentissage incontournable du langage UML, exigé dans le secteur industriel. De nombreux TP portent aussi sur les systèmes (informatique industrielle et interfaçage, moniteur temps réel, réseaux locaux et embarqués, etc.). Nous accordons aussi une grande importance à l'aisance écrite et orale, d'où les cours de communication et d'anglais.

Quels contacts ont les étudiants avec le monde industriel pendant leur formation ?

20 % des enseignants sont des intervenants extérieurs, ce qui permet un premier contact avec l'entreprise. Par ailleurs, chaque étudiant doit réaliser un projet d'une durée d'un mois à l'université ou dans une entreprise. L'an passé, 14 étudiants sur 24 avaient opté pour ce premier stage en entreprise, leur permettant ainsi de faire une étude théorique dont ils allaient se servir lors du stage longue durée (4 à 6 mois).

Comment décrochent-ils une entreprise pour ce stage de longue durée ?

Après les mois d'apprentissage à l'université, les jeunes sont plongés dans le monde du travail par le biais de ce stage. Ils mènent leur recherche de stage comme ils feraient une recherche d'emploi. La démarche est la même, à ceci près que je suis toujours à leur disposition pour les aider : je leur donne quelques pistes, des dates de salons professionnels, des conseils sur leur CV, etc. Généralement, ils débutent leur prospection courant novembre.

En quoi consiste ce stage ?

Les étudiants occupent des fonctions d'ingénieur débutant dans les entreprises qui les accueillent. Sur place, un responsable de stage les aide à trouver leurs marques et à être rapidement opérationnels. Ils assurent essentiellement un travail de développement logiciel ou matériel, ou un mélange des deux. Ils touchent pour cela une indemnité de stage variant de 600 à 1200 euros.
C'est avec plaisir que je constate que les industriels ayant encadré un stagiaire sont à 95 % très satisfaits du travail réalisé par le stagiaire et de ses compétences obtenues après le master. Ils souhaitent, en majorité, reprendre des stagiaires l'année suivante.

Que deviennent les étudiants à la sortie du diplôme ?

Actuellement, 25 % d'entre eux sont embauchés à la sortie du stage. 60/70 % trouvent un emploi dans les quatre mois (SSII, entreprises). Chaque année, 4 à 5 étudiants ont de réelles difficultés à décrocher un poste. Ce sont souvent des personnes avec des problèmes d'aisance verbale, des lacunes énormes en anglais, des problèmes de personnalité (timidité excessive, manque de dynamisme), etc. Ils peuvent mettre jusqu'à un an et demi pour s'insérer dans la vie active. Certains ne donnent pas de nouvelle donc il est aussi difficile de faire un bilan exhaustif !

Quels sont les postes qu'ils occupent ?

Ce sont en majorité des postes d'ingénieur du développement dans le matériel ou en logiciel. Beaucoup de missions portent sur du développement purement informatique (C++, Java) ou dans des systèmes en temps réel. Actuellement, le salaire d'embauche varie entre 27 et 34 Keuros bruts. Et je conseille de ne jamais descendre en dessous de 25 Keuros.