
Enseigner aux jeunes, travailler avec d'autres profs, être en relation avec les entreprises... le quotidien est riche et varié !
Stéphane Gaston est professeur en lycée pro. Dynamique et passionné, il est aussi formateur et coordinateur de formation à I'IUFM de Créteil. ll revient sur la diversité de ses activités...
Comment est née votre envie d'enseigner ?
Après un bac E (ancien nom du bac S sciences de l'ingénieur) et une classe prépa, j'ai obtenu un DUT en génie mécanique puis une licence. Cela me destinait plutôt à une carrière dans l'industrie. Ne connaissant personne dans le monde de l'éducation, je n'avais pas d'idée particulière sur le secteur. Mais la "rencontre" avec un de mes professeurs à l'IUT a été une révélation. L'aide qu'il m'a apportée et sa façon de transmettre son savoir m'ont donné envie de suivre le même chemin.
Le concours PLP2 a été difficile à obtenir ?
J'ai d'abord tenté le CAPET pour enseigner en lycée technique. Et comme j'avais mal préparé l'oral, j'ai été recalé. Avant de le repasser, j'ai eu une année de coupure avec le service militaire et en 1997 j'ai misé sur 2 concours : le CAPET et le PLP2... et c'est ce dernier que j'ai obtenu en faisant cette fois-ci une prestation bien meilleure à l'oral. Il faut dire que pendant ma préparation à l'IUFM, j'ai particulièrement peaufiné ce point avec les autres étudiants de ma promo !
Quelles sont les spécificités du professeur d'enseignement professionnel, selon vous ?
Dans les disciplines professionnelles, les ouvrages de référence sont rares contrairement aux matières généralistes. Pour monter ses cours et ses exercices, il faut tout construire. On passe un nombre incalculable d'heures à faire des maquettes et des documents techniques que les jeunes utiliseront en cours. On s'appuie ainsi sur nos propres expérimentations, sur les travaux des collègues et sur des documents dénichés au fil de recherches sur le web. Mais l'essentiel est toujours de prendre en compte les pratiques des entreprises pour que les jeunes soient formés aux dernières technologies. Un prof doit toujours être en éveil et proche du terrain.
Comment s'est passée votre 1ere année en tant que stagiaire ?
J'avais une énergie débordante, l'envie de bien faire. J'ai enseigné à des élèves de BEP électrotechnique et de bac pro EDPI (étude et définition de produits industriels). Et j'ai beaucoup apprécié les contacts avec les jeunes. Mais sans l'aide de mes collègues, je n'aurais pas pu m'en sortir. Dans une matière pro, le travail en équipe compte pour beaucoup dans la réussite. Enseigner aux jeunes, travailler avec d'autres profs, être en relation avec les entreprises... le quotidien est riche et varié !
Après quelques années en lycée pro, vos activités professionnelles sont déjà diversifiées. Expliquez-nous ce choix.
J'ai été "repéré" par l'IUFM qui m'a proposé de faire quelques interventions lors de la formation des futurs professeurs à l'IUFM pour parler de mon expérience. Et il faut croire que cela a plu puisque aujourd'hui je suis formateur pour les 2e année PLP2 et coordinateur de la formation pour ma discipline. Au lycée, j'ai aussi essayé de développer de nombreux projets. Cette année, j'ai mis en place des ateliers où des professeurs montrent aux enseignants d'autres disciplines les outils informatiques qu'ils utilisent. En fait, je cherche toujours à avancer, à multiplier les rencontres et les expériences autour de l'enseignement. C'est ce qui me motive !