
Pour aller en STAPS, il faut un niveau régional dans plusieurs activités sportives et comprendre la logique de chaque sport.
Jean Philippe Damie est professeur d'EPS dans un collège. C'est pour vivre sa passion au quotidien qu'il s'est inscrit en STAPS une fois un bac économique obtenu...
Faut-il être bon dans un seul sport ou dans plusieurs pour se lancer dans des études STAPS ?
Il faut avoir un niveau régional dans plusieurs activités sportives. Mais il faut surtout bien comprendre la logique de chaque sport pour l'aborder de la façon la plus simple possible avec les élèves, c'est-à-dire, sans dénaturer la logique interne de l'activité. Il faut aussi être endurant pour tenir le rythme tout au long des études.
En STAPS, les étudiants suivent des cours de biologie ou de physiologie. Quel est le rapport avec l'enseignement de l'éducation physique ?
Avant tout, il s'agit de comprendre et de connaître les réactions du corps humain. Sans connaissance des muscles, du squelette, du coeur, il est difficile d'apprendre aux autres les gestes techniques ou même de " décortiquer " les mouvements du corps !
Qu'est-ce qui vous a semblé difficile dans le concours ?
Sans hésiter : le grand nombre de connaissances théoriques (bio, physio, psycho) à connaître pour réussir les épreuves écrites qui ont de forts coefficients au concours. Les bacheliers scientifiques sont d'ailleurs plus à l'aise que ceux, qui comme moi, sont sortis d'un bac ES. Mais être littéraire peut être un atout à l'écrit. Il faut beaucoup " bachoter " en fait.
Les épreuves physiques étaient aussi rudes. Je me souviens que j'ai été convoqué le lundi à 8h à la piscine de Vichy pour le 100m brasse, à 10h30 au stade pour le 400m et l'après-midi je passais mon 1er oral. En gros, ça ressemble à un décathlon où l'on révise entre chaque épreuve !
Une fois admis, qu'avez-vous appris en 2e année d'IUFM ?
Une fois le concours en poche, on n'est pas tout à fait opérationnel. Cette année post-concours en IUFM permet notamment d'apprendre à construire un cours et un cycle pédagogique. Pour le face à face avec des élèves, j'en avais l'habitude grâce à d'autres expériences. J'étais déjà entraîneur d'athlétisme en club et j'avais fait de l'animation sportive pendant mes études pour différentes municipalités. Encadrer quelques heures de cours nous permet de prendre déjà quelques repères avant d'avoir un poste à temps plein.
Finalement, l'image que vous avez de votre métier après 10 ans de pratique est-elle différente de celle que vous imaginiez au début de vos études ?
La diversité des sports enseignés, le fait de transmettre des connaissances et la relation avec les jeunes... tout cela m'attirait. C'est pour cela, que je voulais devenir prof. J'avais aussi conscience, en étant moi-même élève que les relations prof-élève n'étaient pas toujours simples à gérer. Aujourd'hui, je suis plutôt satisfait de ce que j'ai découvert sur le terrain ! Pendant mes cours, les jeunes font aussi bien de la course à pied, de la gymnastique, du football que de la natation ou du base-ball. J'apprécie toujours autant cette diversité et l'échange avec les élèves. Par contre, le côté administratif m'échappait complètement avant la fin de mes études : participer aux conseils de classes, mettre en place le planning des infrastructures sportives, monter des projets en équipe pluridisciplinaire, etc.