
Professeur des écoles, j’ai choisi l’enseignement spécialisé au vu des difficultés de certains enfants dans l'apprentissage de la lecture.
Une dizaine d'années sur le terrain en tant que professeur des écoles et l'envie de consacrer plus de temps à chaque enfant l'ont menée au concours du CAPA-SH...
Quel a été votre parcours d'études ?
Après le bac, je souhaitais poursuivre mes études pour mon plaisir personnel, sans penser vraiment à un futur emploi. Après une licence en lettres et arts, je me suis dit qu'il était temps de songer à travailler ! Le bon contact que j'avais avec les enfants de mon entourage m'a poussée à répondre à une offre d'emploi de l'inspection académique de Bobigny qui recrutait des enseignants suppléants.
Quand avez-vous décidé de passer le concours de professeur des écoles ?
En 1991, je me suis donc laissée tenter par des remplacements en école maternelle et surtout en école primaire. En 1994, j'ai présenté pour la première fois le concours en candidat libre, et faute de préparation, j'ai pêché au niveau du mémoire. L'année suivante j'ai donc suivi une préparation à L'IUFM, tout en étant encore en poste, et j'ai décroché le concours.
Et quand avez-vous eu le déclic pour l'enseignement spécialisé ?
C'est en étant sur le terrain, confrontée aux difficultés de certains enfants dans l'apprentissage de la lecture que j'ai eu envie de me tourner vers l'enseignement spécialisé. L'option E "aides spécialisées à dominante pédagogique" permet de répondre à ce type de besoins. Par contre, envisager de travailler sur des handicaps plus lourds m'effrayait un peu d'où mon choix tourné vers une forte problématique pédagogique.
Et puis j'ai eu la chance en 2002 de faire office de maître E - réservée au cycle 3 (CE2 au CM2) suite à la fermeture des classes de perfectionnement. Ceci m'a confortée dans l'idée de me lancer vraiment dans l'enseignement spécialisé.
Une classe spécialisée est très différente d'une classe "classique" ?
Dans l'enseignement spécialisé, on travaille toujours en petits groupes. Cela donne l'occasion de questionner chaque enfant, de le tester, de suivre de près ses progressions, d'adapter les exercices proposés. Dans une classe avec 30 élèves, il est impossible de consacrer autant de temps et d'attention à chacun.
Pour le poste de cette année, je suis "en regroupement d'adaptation". En fait, je suis affectée sur une école et chaque jour je vais chercher les enfants dans les classes en les regroupant par niveau ou difficulté rencontrée en établissant un projet pour chacun. Pour les élèves ayant des problèmes d'acquisition de la lecture, je fonctionne par séance de 3/4 d'heure en petit comité (maximum 6) au moins 2 fois par semaine. Après quelques séances, on présente au reste de la classe le projet réalisé.
Quelles sont les grandes lignes de votre formation préparant au CAPA-SH ?
A la fin de l'année scolaire 2004, j'ai posé ma demande de formation en vue du CAPA-SH option E. Elle a été acceptée. Je suis donc, depuis la rentrée, une semaine sur le terrain et une semaine en formation. J'avoue qu'il est assez difficile de laisser de côté sa pratique pour retourner sur les bancs de l'école ! Mais c'est une étape incontournable. Fin juin, je dois rendre un mémoire sur un projet mis en place durant l'année. Et la soutenance aura lieu le même jour que la certification dans le courant du 1er trimestre de l'année 2005.