Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Antoine Perello

Elève en bac pro ébénisterie, Bagnolet (93)
Date de l'interview : 30/07/2010

Ce qui me plaît, c'est que je peux voir l’avancée de mon travail. Mais il faut faire preuve de patience pour restaurer des meubles anciens.

Antoine Perello a découvert son futur métier grâce à des stages. Ayant préparé un CAP puis un bac pro, tous deux dans le domaine de l'ébénisterie, il peut aujourd'hui comparer le contenu de ces formations et leurs atouts respectifs.

Quel est votre parcours ?

Après le collège, j'ai passé un CAP ébénisterie en deux ans, au lycée Eugène Hénaff de Bagnolet (93) et j'ai poursuivi par un bac pro.

Comment avez-vous fait ce choix après la troisième ?

Je ne souhaitais pas entrer en voie générale, mais je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire. On en a beaucoup parlé avec mes parents. J'ai effectué des recherches sur de nombreux sites Internet qui présentaient les formations professionnelles, pour en trouver une qui m'intéressait. J'ai finalement eu envie de travailler le bois. J'ai donc effectué un stage dans une entreprise de menuiserie, ce qui ne m'a pas réellement plu. Ensuite, j'ai effectué un mini-stage ébénisterie au lycée Hénaff et j'ai été séduit par cette section.

Qu'est ce qui vous a attiré dans le métier d'ébéniste ?

Lors du mini-stage, j'ai pu observer plusieurs travaux, dont une séance de plaquage : on applique une fine feuille de bois, souvent précieux ou rare et donc coûteux, sur un bois beaucoup plus commun. Ca m'a vraiment intéressé.

Pensez-vous que la formation au lycée professionnel vous prépare bien à votre futur métier et pourquoi ?

Oui, je le pense. Nous avons l'occasion de voir toutes les facettes du métier et donc de trouver celle qui nous convient le mieux. En CAP, on crée un meuble de A à Z, du débit des planches jusqu'à la finition. Mais ce seul diplôme est trop juste pour devenir ébéniste.
En bac pro, on apprend à faire des plans, on a des cours de dessin d'art, on approfondit l'histoire des styles. On apprend à trouver les mots pour décrire les meubles. Les stages, de deux mois chaque année, nous permettent d'appliquer ce que nous avons appris en cours. Mais nous continuons aussi à nous former, selon l'activité principale des entreprises qui nous accueillent.
Ensuite, après le bac, il faut souvent se spécialiser dans la branche qui nous intéresse le plus : la marqueterie, la restauration de meubles anciens, la fabrication, le design…

Avez-vous trouvé facilement des entreprises d'accueil pour les stages ?

Non, au début ce n'est pas facile et les entreprises ne sont pas très enthousiastes à l'idée de prendre des jeunes. Cependant, les professeurs nous aident à trouver. En ébénisterie, les entreprises ne comptent souvent qu'un petit nombre de salariés et le maître de stage, qui est parfois le patron, doit donc donner beaucoup de son temps pour nous former.

Qu'est ce qui vous plaît le plus dans votre futur métier ?

Ce qui me plaît, c'est qu'on voit l'évolution de notre travail. Mon dernier stage, dans la restauration de meubles anciens, m'a énormément plu. Le patron aimait vraiment enseigner et former les jeunes. Il m'a confié la restauration de meubles très coûteux, c'était génial. Il m'a donné sa confiance et ça m'a honoré.

Quelles sont les qualités requises pour exercer ce métier ?

Il faut avant tout aimer travailler le bois, mais aussi quelques autres matériaux. Sur des meubles anciens, on peut manipuler le laiton, le bronze, l'écaille de tortue !
Il faut également être minutieux et avoir pas mal de patience. Même si on voit bien l'avancée de notre travail, c'est long. Il faut parfois jusqu'à 75 heures de travail pour restaurer un meuble très abîmé !

Quels sont vos projets à court et à long terme ?

Après mon bac, je vais préparer une formation complémentaire d'initiative locale (FCIL). Ensuite, je pense travailler dans la restauration ou dans l'agencement. A plus long terme, j'aimerais également devenir professeur d'atelier dans un lycée.

Pensez vous que les débouchés en terme d'emploi sont importants dans le secteur de l'ébénisterie ?

Il y a de moins en moins d'ébéniste, donc il y a des places à prendre. Je pense que ce n'est pas facile de faire sa place et il faut avoir du bagage, c'est pour cela que je poursuis ma formation. Mais je suis confiant car je crois que lorsqu'on est motivé, on réussit toujours. Pour trouver un emploi, on peut essayer de passer par les maîtres de stages qui, s'ils ne peuvent pas nous embaucher, peuvent nous recommander à leurs connaissances.