Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Laurent Tirolien

Fondateur et directeur d'Audit Formation Consulting, Noisy-le-Grand (93)
Date de l'interview : 29/07/2010

L'esprit d'entreprise, la persévérance, la motivation et la disponibilité sont indispensables à la réussite d'un projet de création d'entreprise.

A tout juste 30 ans, Laurent Tirolien dirige depuis 3 ans son propre organisme de formation spécialisé dans la sécurité en entreprise.

Quel a été votre parcours avant la création de votre entreprise ?

De retour en France après une expérience de commercial en parfumerie en Inde, je me suis intéressé aux questions de la sécurité et de la prévention des risques en entreprise, ayant été agent de sécurité incendie pendant mes études. Je me suis formé au plus haut niveau technique dans ce domaine pour devenir commercial-formateur puis directeur d'un organisme de formation spécialisé.

Comment est née l'idée de créer votre entreprise ?

A ce poste de direction, je ne m'y retrouvais pas en termes de salaire et de reconnaissance, aussi au bout de 3 ans j'ai décidé de travailler toujours dans ce domaine mais pour mon propre compte. Créer mon entreprise est aussi un rêve d'enfant. Actionnaire unique de ma société, je travaille actuellement avec 4 à 5 formateurs salariés à la prestation et ai pour la rentrée de septembre des projets de développement importants.

Quelles démarches avez-vous effectuées pour la mise en place de votre projet ?

Mon projet remonte à près de 3 ans. J'ai effectué au préalable beaucoup de recherches sur Internet, notamment sur le site de l'APCE. J'ai ainsi démarré seul un busines plan. Rapidement je me suis inscrit au registre du commerce avec la création d'une EURL ( entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée). J'ai eu la chance d'être accompagné, notamment de manière intensive dans mes démarches par le service de développement économique de ma ville pendant les 5 premiers mois. En tant que demandeur d'emploi, j'ai pu bénéficier du dispositif ACRE (aide à la création ou à la reprise d’entreprise) qui permet notamment le maintien de l'allocation chômage (pendant 18 mois dans mon cas). Cette aide de la DRTEFP (Direction départementale du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle), octroyée après l'examen de mon projet par une commission, m'a vraiment été précieuse, grâce aussi aux chèques-conseil qui m'ont permis d'avoir recours gratuitement aux services d'un comptable (plan de financement) et d'un avocat (création et statut). Par ailleurs, un diagnostic approfondi de mes compétences a évalué mon besoin en formation (gestion, droit, comptabilité et finance). J'ai ainsi pu suivre 5 semaines de stage à Advancia (CCIP) grâce à un financement Région (dispositif Cap Entreprise).

Avez-vous rencontré des difficultés ?

Les démarches administratives, qui ont duré environ 6 mois, m'ont tout de même paru fastidieuses et contraignantes, mais pas complexes. Ma principale difficulté a été, par ailleurs, de trouver un assureur (responsabilité civile professionnelle), ce qui a pris 3 mois ! Obtenir l'indispensable numéro d'agrément de mon organisme de formation auprès de la DRTEFP a été tout aussi long. Mais mon plus grand désappointement, alors que je venais de créer mon activité en avril 2005, a été un changement inattendu de la loi en mai 2005 concernant la création d'un organisme de formation des professionnels de sécurité incendie avec l'obligation nouvelle d'investir 25 000 euros pour l'achat de matériels techniques (système de sécurité incendie). N'ayant pas cette somme, j'ai du changer mon fusil d'épaules. Aujourd'hui je souhaite revenir à mon projet initial.

Comment s'est passé le montage financier de votre projet ?

Au départ, je n'avais besoin que d'un financement limité (capital de 8 000 euros) puisque faisant de la formation intra-entreprises, je n'avais pas besoin de locaux, mais simplement de mes compétences de formateur, d'un véhicule et de matériel pédagogique. Actuellement je souhaite monter mon capital à 30 000 euros pour prendre des locaux et développer mes activités à l'inter-entreprise, aux professionnels et aux demandeurs d'emploi. Pour cela, je sollicite l'octroi d'un prêt d'honneur (à taux zéro) auprès d'Initiative 93 ainsi qu'un prêt auprès de ma banque. Là encore le dossier à présenter à la commission est extrêmement détaillé.

Quelles sont les qualités requises pour monter un projet ?

L'esprit d'entreprise, la persévérance, la motivation et la disponibilité, ainsi qu'un solide optimisme me semblent indispensables à la réussite d'un projet. Dans mon domaine, j'ai aussi besoin d'être rigoureux et organisé pour établir par exemple le planning des stages de formation.

Etes-vous satisfait de l'aventure ?

Même si côté salaire je ne gagne pas davantage, je suis satisfait du défi relevé, d'être maître de mon activité et de mon emploi du temps. D'un naturel plutôt confiant, il faut tout de même avouer qu'il y aussi des moments de stress et de doute.

Quels conseils auriez-vous envie de donner à des jeunes ?

Il est important de savoir dans quoi on s'embarque, de bien connaître son secteur d'activité. Et il n'est pas nécessaire d'avoir fait une grande école de commerce pour réussir, pour ma part, je n'ai que le bac en poche !