Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Tous les métiers et les formations initiales en île-de-France

Michel Picouleau

Chef des travaux en lycée professionnel, Le Blanc-Mesnil (93)
Date de l'interview : 29/07/2010

Il y a énormément de demandes dans la chaudronnerie et la métallerie de la part des artisans, des PME et des grandes entreprises.

En poste au Lycée Aristide Briand du Blanc-Mesnil, Michel Picouleau répond à nos questions sur la filière ROC SM, réalisation d'ouvrages chaudronnés et structures métalliques, qui est proposée par son établissement.

Quels diplômes en chaudronnerie propose votre lycée ?

Le lycée prépare le CAP construction d'ensembles chaudronnés, le BEP et le bac pro réalisation d'ouvrages chaudronnés et structures métalliques.

Les élèves de ces sections ont-ils choisi d'intégrer ces sections ?

Ce sont en général des élèves en difficulté scolaire, avec de faibles résultats, qui intègrent les CAP et BEP ROCSM. Environ 1 élève sur 4 seulement fait le choix d'intégrer cette filière en vœu 1. Ce sont plutôt les équipes éducatives du collège d'origine de l'élève qui lui ont conseillé de formuler des voeux pour les sections de chaudronnerie-métallerie en 2e, 3e ou 4e voeu afin d'être sûrs que l'élève obtiendra une affectation en lycée pro. La filière est mal connue des élèves et de leur famille. Elle souffre d'une mauvaise image ainsi que de son appellation : les élèves pensent qu'ils vont fabriquer des chaudrons, qu'il s'agit d'un métier difficile et pénible, salissant, etc.

Vous ne constatez toutefois pas plus de décrochages ou de réorientation que dans les autres sections. Qu'est-ce qui fait que les élèves restent ?

La formation professionnelle, en atelier, séduit beaucoup les élèves. Ils sont plus dynamiques et actifs que dans d'autres sections. Les élèves apprécient tout de suite le travail qu'ils réalisent ; ils sont fiers des pièces qu'ils fabriquent. Il s'agit d'un travail valorisant pour eux, qui étaient des élèves souvent en échec scolaire au collège. C'est également souvent à travers les stages que les élèves prennent conscience de l'intérêt des métiers de la chaudronnerie et de la métallerie. Ils trouvent très facilement des lieux de stages dans les entreprises de ce secteur, nombreuses en Ile-de-France.

Quels sont les débouchés de ces diplômes ?

Il y a énormément de débouchés dans ces secteurs, de la chaudronnerie essentiellement, et de la métallerie également. Ce sont principalement les artisans et les PME qui embauchent. Néanmoins, les grandes entreprises ne sont pas en reste : Air France recrute en permanence des chaudronniers pour l'entretien de ses avions. En effet, le secteur de l'aéronautique offre de nombreux débouchés aux chaudronniers. Mais les diplômés trouvent également des emplois dans la construction ferroviaire, l'industrie nucléaire et énergétique, l'industrie du pétrole, l'industrie pharmaceutique, le bâtiment, l'industrie agroalimentaire, etc. Les chaudronniers sont également recrutés dans les services techniques et d'entretien des mairies, des hôpitaux, etc. Ils peuvent devenir chaudronnier-tôlier et travailler les métaux en feuilles minces, chaudronnier-tuyauteur, chaudronnier-soudeur, agent de fabrication en construction métallique pour le bâtiment…

Les élèves sont ils nombreux à poursuivre leurs études ?

Les titulaires de CAP s'insèrent mieux dans la vie professionnelle que les titulaires de BEP, plus particulièrement en serrurerie-métallerie. Concernant la chaudronnerie, les bons élèves de CAP passent directement en terminale de BEP et la majorité des élèves titulaires du BEP poursuivent leurs études en bac pro. D'ailleurs, la section de BEP ROCSM disparaît dès la rentrée 2008 pour laisser place au bac pro 3 ans. Cette section offre de réelles chances de réussite scolaire. Il est aussi très courant que les entreprises utilisent les périodes de stages des élèves de bac pro, comme période d'essai à une embauche, les formations étant bien adaptées à la réalité du marché.

Le métier a-t-il évolué ces dernières années ?

Oui, il a beaucoup évolué. Le métier n'est plus un travail physique et pénible aujourd'hui. Il y a beaucoup de tâches, comme le découpage, que les machines à commandes numériques effectuent à la place de l'homme. Il n'y a qu'à les programmer. Cependant, les chaudronniers réalisent encore beaucoup de soudure, perçage, pliage, manuellement. Auparavant, les chaudronniers devaient être assez doués en mathématiques pour par exemple, effectuer le développé d'un tracé directement sur une tôle. Maintenant, ce sont les logiciels de traçage qui effectuent cette étape.

Les salaires sont-ils attractifs ?

Les salaires dans ce secteur sont très intéressants. Il faut savoir qu'un chaudronnier débutant est mieux payé qu'un professeur de chaudronnerie, environ 1 800 euros à la sortie du bac pro ! Nous sommes d'ailleurs en pénurie de professeurs, qui se dirigent actuellement plutôt vers des postes en entreprises.